Ces procédés sont révolus car
les régimes arabes ont épuisé les sentiments
de loyauté de leurs peuples. De plus, les conjonctures
internationales ont changé. La rue arabe n’est
plus disposée à courir derrière les slogans
« Nous sommes prêts à sacrifier notre vie et
notre sang pour toi, notre partie », sauf dans
des marches montées de toutes pièces et payées
par les services de l’Etat.
S’il est vrai que des pays
arabes se sont opposés à la tenue d’un sommet
arabe de peur de briser leurs relations avec
les 3 grands pays, (les Etats-Unis, l’Angleterre
et la France), qui ont dirigé le mouvement international
contre la Syrie, ceci signifierait que les Arabes
ne sont même plus disposés à faire semblant
de soutenir un pays frère par des déclarations
qu’ils se hâtent par la suite de nier dans les
coulisses pour jeter de la poudre aux yeux.
Le plus grave est que ce qui
reste de la solidarité arabe, représentée par
l’axe de l’Arabie saoudite, l’Egypte et la Syrie,
qui a prouvé son efficacité dans certaines crises,
s’est brisé. Dorénavant, chaque pays arabe doit
se trouver une issue. C’est aujourd’hui la logique
répandue dans la majorité des cercles de prise
de décision des gouvernements arabes, la logique
de nos intérêts d’abord. Se sont alors répandus
des emblèmes similaires à : « La Jordanie d’abord
», « L’Egypte d’abord », « L’Arabie saoudite
d’abord », partant du fait que la majorité obéissante
et pacifique ne doit pas assumer les erreurs
d’une minorité désobéissante. Un fait qui a
évidemment mené à la disparité des positions
arabes dans les situations les plus graves à
partir de l’Iraq et la Palestine pour arriver
au Soudan, à la Syrie et au Liban !
Partant, le régime syrien doit
complètement oublier les Arabes et la solidarité
arabe. Il doit essayer de sauver sa peau des
sanctions internationales qui lui seront imposées
tôt ou tard. Ce, en présentant des boucs émissaires
parmi les membres des services de sécurité impliqués
dans l’assassinat de Hariri, en dévoilant toutes
les cartes même si le président Bachar Al-Assad
doit sacrifier certains membres de sa famille
ou encore en faisant un pas audacieux en entreprenant
une contre-attaque, comme l’a fait le président
Sadate en se débarrassant des centres du pouvoir
le 15 mai 1970. Il insufflera ainsi du sang
neuf au régime syrien pour ouvrir à son peuple
les portes de la liberté et de la démocratie
afin qu’il prenne en main les rênes de la situation.
Le monde ne permettra pas aux allégations prétendant
la politisation de la question de prendre de
l’ampleur alors que la justice est devenue partie
indivisible de la politique internationale et
de la mondialisation.
Nizar Qabbani s’était déjà
demandé dans son célèbre poème : Quand déclareront-ils
la mort des Arabes ? Quant à nous, nous nous
demandons : Ont-ils déjà déclaré la mort des
Arabes ?.