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Autour de la résolution
1 636 |
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Par
Mohamed Sid-Ahmed |
La
semaine dernière, la résolution 1 636 du Conseil
de sécurité a été promulguée à l’unanimité des
membres du conseil. Ce qui nous rappelle l’unanimité
obtenue pour un certain nombre de résolutions
adoptées contre Saddam Hussein, à la suite de
l’invasion du Koweït en 1990. Or, la résolution
1 636 s’est heurtée à la position d’un Etat souverain.
Pour toutes ces résolutions, il s’est avéré que
la loi appliquée n’est pas celle qui donne la
priorité à l’Etat souverain, comme si la mondialisation
prenait le dessus sur les lois internationales.
Il n’est pas ici question de
discuter de la justesse de cette situation,
mais d’en détecter les conséquences.
Il est inéluctable que nous
sommes face à une contradiction. La souveraineté
suppose qu’à l’intérieur d’un pays, il n’y a
pas de pouvoir au-dessus du pouvoir de l’Etat,
et même de celui du chef de l’Etat. Qu’en est-il
alors lorsque c’est un Etat, ou un chef d’Etat
qui sont visés ? Voilà qu’un rapport élaboré
par un magistrat étranger, Mehlis, acquiert
des prérogatives qui dépassent celles du chef
de l’Etat. Et pour que les prérogatives de ce
magistrat soient crédibles, plus d’efforts ont
été déployés afin que le rapport soit adopté
à l’unanimité et non à la majorité. Car il existe
une différence entre la promulgation d’un rapport
à l’unanimité et à la majorité !
Il y a même une supposition
implicite, selon laquelle la sauvegarde de la
souveraineté nationale n’est plus applicable.
Comment est-ce possible, alors
qu’il est devenu facile de photographier une
boîte d’allumettes à partir de l’espace et de
garder les secrets de cette opération grâce
à la technologie moderne ? Puis, dans le domaine
des transactions économiques, comment est-il
possible de séparer le capital national du capital
international, avec le phénomène de la mondialisation
et la disparition graduelle de l’identité du
capital ?
Auparavant, les capitaux déposés
dans les banques mondiales étaient considérés
comme une exception tandis que maintenant, il
est rare de maintenir les capitaux dans l’économie
nationale, défiant la philosophie de l’ouverture
économique.
Une nouvelle carte du mouvement
des capitaux est en train de se dessiner avec
deux pôles, un pôle fort qui est le capital
international et un pôle faible qui est le capital
local. C’est de là que vient la difficulté d’attirer
les capitaux nécessaires à l’investissement
et à son activation, loin des multinationales,
en tant que force économique sur la scène internationale.
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Après la guerre
civile |
| Ce
qui se passe actuellement au Proche-Orient, en
particulier en Syrie, est une traduction politique
de ces réalités économiques. Il y a une différence
entre la méthode de Hariri pour reconstruire le
Liban après la guerre civile et la méthode du
parti Baass, que ce soit en Syrie ou ailleurs,
pour traiter la situation actuelle. Il est clair
qu’un différend grave est intervenu entre les
deux parties à ce propos. Hariri, et peut-être
même le régime syrien, ont été les victimes de
ce différend. Cette impasse a-t-elle une issue
?
La
résolution 1 636 est basée sur une ambiguïté.
Elle ne déclare pas qu’il y a des preuves sûres
de la responsabilité de la Syrie dans l’assassinat
de Hariri. C’est ainsi que le Conseil de sécurité
se trouvera obligé d’assumer lui-même une mission
épineuse, celle d’accuser publiquement et officiellement
de hautes instances en Syrie. C’est de là que
vient la réclamation adressée à la Syrie de coopérer
autant que possible avec le chef de la commission
d’enquête, Mehlis, pour que ce soient les représentants
mêmes de l’enquête qui jouent le rôle direct dans
l’accusation. C’est de là aussi que vient l’insistance
d’adopter une résolution à l’unanimité. |
Face aux catastrophes
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| Dans
tous les cas, il semble que Washington vit des
développements importants. En effet, un événement
inattendu est venu couronner la série d’événements
inhabituels survenus, dont le pire pour le citoyen
américain a été les inondations dans la Nouvelle-Orléans,
qui ont dévoilé l’autre visage de l’Etat de Louisiane,
qui s’est révélé incapable de faire face aux catastrophes
naturelles.
Or,
la situation a atteint son apogée avec une donnée
nouvelle : la démission de Harriet Miers, l’avocate
nommée par Bush pour être juge à la Haute Cour
constitutionnelle, et ce 3 semaines seulement
après sa nomination. Certains ont dit que dans
à peine un mois, personne ne se rappellera d’elle
et d’autres ont pensé que ce retrait symbolisait
le commencement réel du second mandat de Bush,
avec ses problèmes et ses troubles, alors que
Ronald Reagan tente de former un Front avec les
Démocrates après le scandale de Iran-Contra.
Lors
des sondages, l’image de Bush n’était pas aussi
mauvaise qu’aujourd’hui. En effet, sa popularité
a chuté à 39 %. Le procureur général avait voulu
savoir qui, en 2003, avait transmis le nom de
Valérie Plame, ex-agent secret de la CIA, dans
l’objectif de nuire à la réputation de son époux,
l’ambassadeur américain Joseph Welson. Ce dernier
avait douté de la théorie, officielle, selon laquelle
Saddam Hussein avait l’intention d’acheter de
l’uranium au Niger pour produire une bombe atomique.
Face
à des difficultés causées par la hausse des cours
du pétrole, la reconstruction de la Nouvelle-Orléans
et par la corruption à l’intérieur du parti de
la majorité, au point que l’ex-président de cette
majorité a été obligé de démissionner en septembre
dernier, Bush avait estimé qu’il était plus sage
de ne pas s’approcher des Démocrates. Il ne pouvait
s’imaginer faisant la guerre à ses amis.
Depuis
la nomination de Miers, une révolte s’était déclenchée
à l’intérieur de la Maison Blanche. De nombreux
nouveaux conservateurs pensaient qu’ils avaient
besoin d’une philosophie juridique claire. Quant
aux chrétiens fanatiques, ils ont pensé que Miers
était trop tolérante en ce qui concerne la question
de l’avortement.
Les
dernières évolutions ont fortement nui à l’image
de Bush. Il avait semblé que le Parti démocrate
s’était éloigné du pouvoir et n’y reviendrait
pas dans un avenir proche. Or, les derniers événements
semblent annoncer le contraire. Et les aléas de
la nature sont venus conforter les tempêtes politiques. |
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