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Médias.
Au départ électronique, la revue Transnational Broadcasting
Studies (TBS), éditée par l’AUC, est maintenant
disponible en version papier. Le premier numéro
s’intitule Guerre des Cultures, Polémique autour
des vidéoclips arabes.
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| Un
parti pris à peine masqué |
Le
nombre d’études consacrées aux nouvelles chaînes
satellites arabes et à tous les phénomènes qui
s’y rattachent ne cesse d’augmenter. Transnational
Broadcasting Studies (TBS) est une revue spécialisée
dans le domaine qui s’attache à « discuter de
la diffusion transnationale au Moyen-Orient »,
sous ses divers aspects : production, consommation
et contenu. Pluridisciplinaire, la revue s’attache
à « comprendre les effets de la diffusion transnationale
d’un nouveau point de vue — basé pas simplement
sur les mythologies de la mondialisation, mais
également sur une échelle sociale plus concrètement
vécue par les gens ».
Mais
l’ensemble n’est pas réellement convaincant. Malgré
les 25 articles proposés par ce n°1 de TBS, articulés
autour de trois pôles majeurs, le phénomène des
vidéoclips, celui des nouvelles chaînes d’information,
et les nouveaux satellites arabes, la revue ne
réussit pas à construire une analyse sociologique
pertinente de l’espace médiatique arabe, alourdi
à l’inverse par des partis pris idéologiques et
une condescendance très gênante.
La
couverture de la revue et son titre annoncent
la couleur, avec le choix d’un titre et d’une
photo choc : une photo de Rouby, la star des vidéoclips
enveloppée d’un manteau noir, avec un petit cliché
en déshabillé rouge. Dans « Qu’en dirait Sayed
Qotb ? Réflexions sur les vidéoclips », Walter
Ambrust s’intéresse ainsi surtout au fait que
« le vidéoclip est une forme d’art qui tourne
autour du sexe » et à sa réception et incidence
sur les sociétés arabes. Il fustige en passant
des articles de Tamim Al-Barghouti et de Abdel-Wahab
Al-Messeiri, qu’il considère « comme des prises
de position normatives dans la presse et dans
la plupart des débats publics sur les
vidéos
arabes », affirmant, lapidaire et condescendant,
que « pour trouver d’autres positions, il faut
aller hors du monde arabe » (p. 23). Paradoxalement,
et alors qu’Ambrust appelle à « un jugement plus
posé sur les vidéoclips », la revue (il est membre
de son comité éditorial) fait appel à Amr Khaled
sur « la culture et les caractéristiques distinctives
d’un peuple ». Khaled semble placé là pour prouver
une objectivité — par ailleurs factice — mais
il y est en fait pour montrer que le monde arabe
ne peut produire que des visions normatives. Car,
évidemment, son discours est tout sauf neutre
et « posé » par rapport aux vidéoclips.
Le
deuxième gros bloc d’articles s’intéresse à l’autre
monstre de l’audimat arabe, à savoir les chaînes
d’information. TBS consacre quatre articles à
Al-Hurra, la chaîne sponsorisée par les Américains
(102 millions de dollars par le Congrès). Dans
l’entretien avec Mouafac Harb, vice-président
exécutif d’Al-Hourra et directeur de Network News,
celui-ci détaille, sur la défensive, les motivations
des équipes journalistiques, les choix éditoriaux
de la chaîne et la réception dans le monde arabe.
Plusieurs articles mettent en lumière les déficiences
d’Al-Hurra, comme celui de William A. Rugh qui
insiste sur le fait que « les témoignages de spectateurs
arabes de la chaîne montrent que sa programmation
est loin d’être libérale mais est plutôt proche
de celle des chaînes arabes ancien style ». Mais,
s’ils critiquent la programmation d’Al-Hurra,
ou même la vision que les médias américains véhiculent
d’Al-Jazeera, c’est en tant que conseillers médiatiques
de la superpuissance américaine. Plusieurs auteurs
insistent ainsi sur le fait que cette politique
médiatique dessert les intérêts des Etats-Unis.
D’ailleurs, trois noms, ceux de Saadeddine Ibrahim,
Hussein Amin et Abdallah Schleiffer, attirent
l’attention dans la liste du comité de rédaction.
Ils sont tous trois cités en tant que professeurs
à l’AUC, mais le premier est aussi président du
Centre Ibn Khaldoun et connu pour ses positions
pro-américaines, le second est membre du PND (Parti
National Démocratique) et proche de son aile pro-américaine,
et le troisième se caractérise par une neutralité
agaçante en ce qui concerne la politique étrangère
de Washington. Car il n’est pas de journalisme,
ni d’études sociologiques, sans parti pris. TBS
a choisi celui de la liberté d’expression à la
sauce américaine .
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Dina
Heshmat |
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Transnational
Broadcasting Studies, TBS Volume 1,
Satellite
Broadcasting in the Arab and Islamic World
Culture
Wars, The Arabic Music Video Controversy,
Guerre
des cultures, polémique autour
des
vidéoclips arabes, 2005.
www.tbsjournal.com
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