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Réaménagement. Connu comme étant la capitale du 14e nome de la Basse-Egypte au temps de la XXIe dynastie, le village de Tanis a été un terrain d’excavation riche pour les archéologues.
Un site privilégié des archéologues
Il est en fait le site le plus important dans tout le Delta, ce qui explique que depuis près d’un siècle, archéologues et amateurs étrangers se sont rendus sur ce site pour le découvrir.

L’histoire de la découverte de San Al-Hagar (Tanis) remonte à l’an 1707, quand l’archéologue allemand Kloud Sicard s’était intéressé à rechercher le village de Tanis dont le nom (Tsoan) était mentionné dans l’Evangile. Mais les recherches de Sicard n’ont eu aucun résultat. Ceci à cause de la confusion qu’il y a eu entre le village de Tanis et ceux d’Avaris et de Qantir des Piramesse. « Autrefois, on considérait que Tanis, qui regroupait les monuments et les statues de Ramsès II, était elle-même Piramesse et que les deux se trouvaient sur le même site. En plus, on pensait que les prêtres d’Amon qui avaient construit le village de Tanis ont apporté les matériaux de construction nécessaires de la région de Piramesse, d’où vient la confusion entre les deux », explique Hassan Soliman, directeur de la région archéologique de San Al-Hagar.

Après les tentatives de l’archéologue Sicard, c’était au tour des archéologues français qui ont accompagné les militaires de l’Expédition d’Egypte d’effectuer des études sur le site, mais celles-ci se sont basées plus sur le côté typographique que sur l’importance archéologique.

Devenu un centre de fouilles important, le village de Tanis est remonté à la surface, notamment après la succession des missions archéologiques françaises. En fait, il a subi de nombreuses campagnes de fouilles dont les plus importantes ont eu lieu de 1860 à 1880 par Auguste Mariette. Ce dernier s’est rendu compte de l’importance du village de Tanis non seulement historiquement, mais également du côté archéologique. De 1884 à 1886, c’est une autre mission, celle dirigée par le Britannique Flinder Pétrie. Dans les années 1928-51, l’Institut Français d’Archéologie Orientale (IFAO) a envoyé l’un de ses membres, Pierre Montet, sur le site de Tanis afin d’exécuter les travaux de fouilles et d’accomplir des recherches sur le site. En 1939, Pierre Montet a révélé une nécropole royale comprenant plusieurs tombes intactes, dont celles de quatre rois des XXIe et XXIIe dynasties, Psousennes, Aménémpait, Osorkon II et Sheshonq III : beaux sarcophages en pierre, des sarcophages en argent, ainsi que des masques d’or, des bijoux, mobilier funéraire ont été délivrés sur le site. Mais les fouilles ont été interrompues à cause de la deuxième guerre mondiale. Et en 1964, une mission française dirigée par Jean Yoyotte a essayé de poursuivre les travaux.

Actuellement, une mission française présidée par Philippe Bresso opère sur le site depuis les années 1985, celle-ci va entamer, en collaboration avec le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) un grand projet de développement de cette région importante. « Dans cette saison, nous allons travailler sur le site de Mout. Une restauration des objets déjà extraits du site et qui est préservée dans les dépôts est également prévue cette saison. En marge des travaux de restauration, la mission effectue des analyses et des études sur les céramiques pour savoir les couches ultérieures. En plus, on prépare des publications périodiques de pièces révélées du site », affirme Christine Zivie, membre de la mission archéologique française.

Parmi les découvertes de la mission figurent de nombreux blocs, des fragments et sculptures qui remontent au temps de Ramsès II (1279-1213 av. J.-C.) et qui étaient réemployés toutefois probablement tous dans des constructions ultérieures. Selon Zivie, l’importance de San Al-Hagar provient des difficultés politiques et des événements qui ont frappé le village de Tanis à la fin du Nouvel Empire. Et ensuite, vient l’importance des trésors qui appartenaient à la XXIe dynastie. Cette dernière s’est installée au village et a créé la civilisation de San Al-Hagar.

Dalia Farouk
Basma Farahat

 

Histoire d’une ville

La construction de la ville millénaire de Tanis remonte à la fin du Nouvel Empire et plus précisément à la fin de la XXIe dynastie, quand les prêtres du dieu Amon résidant à Thèbes ont remporté la victoire contre ceux du dieu Seth qui habitaient le Delta, et ont voulu par la suite créer une cité qui soit copie conforme de la ville de Thèbes. Ils ont alors choisi Tanis, qui était le 14e nome de la Basse-Egypte à cette époque. Après les gigantesques constructions ramessides, c’est le roi Smendès Ier, fondateur de la XXIe dynastie, qui a donné à Tanis son éclat. Il s’est installé à cet endroit et en a fait la capitale politique et religieuse du pays. « Tanis était la capitale de la XXIe dynastie et a été le point de mire des rois des époques tardives », raconte Mohamad Abdel-Maqsoud, directeur des antiquités de la Basse-Egypte. Il a ajouté que Tanis était le point de rencontre entre l’Egypte et le monde extérieur puisqu’elle était située sur la branche du Nil appelée Tanisi.

Riche en archéologie, le site de San Al-Hagar groupe cinq grands temples, dont le plus important est celui d’Amon qui se distingue par ses décorations exceptionnelles et ses obélisques érigés sur les deux côtés du premier pylône. Le temple d’Amon est connu également par la présence des statues gigantesques en granit dédiées à Ramsès II (1304-1237 av. J.-C.) ainsi que d’un portail colossal édifié par Sheshonq III (823-772 av. J.-C.), dont ses statues sont exposées à l’entrée de la ville. Psousennès Ier, qui a régné près de 19 ans, a fait quelques modifications à ce temple en y ajoutant un haut mur qui l’entoure et dont une grande partie a été découverte.

Le deuxième temple, qui est aussi exceptionnel à San Al-Hagar, est celui dédié à la déesse Anta ou Mout. C’est en fait Ramsès II qui l’a ramenée en Egypte lors de ses conquêtes en Asie. Fasciné par cette déesse, on voit dans le temple une grande statue de Ramsès II en compagnie d’Anta. Le temple d’Al-Charq (de l’Est) est aussi l’un des plus importants de la ville de Tanis. Il est le seul qui subsiste jusqu’à nos jours tout entier avec ses belles colonnes ornées de présentations colorées. Les débris des deux autres temples existent aussi sur le site : celui du dieu Khonsu et celui de Horus Mésène.

A part les temples de Tanis, on trouve des tombes royales couvertes avec de magnifiques bas-reliefs. La plus importante des tombes est celle du roi Psousennès Ier. Elle garde jusqu’à maintenant une grande partie de sa beauté et de l’éclat de ses couleurs. En outre, Tanis comprend un lac sacré, le plus grand après celui du temple de Karnak de Louqsor.

 
 

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