| Les crises politiques
se multiplient au Proche-Orient. L’assassinat en février dernier
de l’ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri a accru les
tensions dans la région. Outre la guerre en Iraq et le conflit
israélo-palestinien, les pressions internationales sur la Syrie
inquiètent les pays du Proche-Orient et en particulier l’Egypte.
C’est dans
ce contexte que le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan,
a entamé lundi dernier une visite de trois jours en Egypte dans
le cadre d’une tournée comprenant plusieurs pays de la région.
L’objectif de Kofi Annan est de mettre à profit ces relations
pour apaiser la tension dans la région. « Le président Moubarak
a visité la Syrie la semaine dernière et a réussi à assouplir
la position de Damas concernant l’enquête internationale sur
l’assassinat de Hariri menée par le juge allemand Detlev Mehlis.
Cette visite est intervenue après la décision syrienne de coopérer
avec l’enquête suite à la résolution 1 636 du Conseil de sécurité
de l’Onu », déclare une source diplomatique ayant requis l’anonymat.
Au Caire, les responsables égyptiens ont informé Annan des résultats
de la visite de Moubarak à Damas. Cette dernière a accepté que
les militaires syriens dont les noms ont été mentionnés dans
le rapport Mehlis soient interrogés par les enquêteurs en dehors
du territoire syrien. « L’Egypte a joué un rôle important pour
assouplir la position syrienne. C’est pour cette raison que
Kofi Annan a donné la priorité au Caire dans le cadre de sa
tournée arabe », déclare la source diplomatique. L’Egypte est
consciente de l’ampleur de la crise syrienne qui peut déséquilibrer
la région. C’est dans ce contexte que Le Caire a proposé de
tenir dans les prochains jours un sommet tripartite qui regrouperait
la Syrie, l’Arabie saoudite et l’Egypte pour convaincre les
Syriens d’accroître leur coopération avec les Nations-Unies.
En même temps, « Le Caire tente de rapprocher les points de
vue entre Damas et l’Onu pour éviter que cette dernière n’adopte
une position intransigeante à l’égard de Damas. Notre objectif
est d’expliquer à Kofi Annan que la Syrie fait preuve de bonne
volonté ». Dehtlev Mehlis avait présenté le 20 octobre dernier
à New York un rapport mettant en cause des responsables des
services de sécurité syriens et libanais dans l’assassinat de
Rafiq Hariri.
Outre le dossier syrien, il est également question
de l’Iraq. Là aussi Le Caire joue un rôle central. « L’Onu souhaite
que l’Egypte maintienne ses efforts pour rétablir la paix en
Iraq et instaurer un dialogue entre les différentes communautés
iraqiennes », explique la source diplomatique. Et d’expliquer
que « c’est à l’initiative de l’Egypte que Amr Moussa, secrétaire
général de la Ligue arabe, s’est rendu récemment en Iraq pour
tenter de relancer la paix dans ce pays. Une délégation de la
Ligue arabe se trouve actuellement dans ce pays ». Moussa a
réussi à convoquer au Caire les différentes communautés iraqiennes
pour parvenir à une réconciliation.
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