Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le dossier

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Industrie égyptienne. Le Programme de Modernisation de l’Industrie (PMI) a enregistré une meilleure performance ces derniers mois. Etat des lieux.

 Velléités de modernisation

Arrivé à la tête du Programme de Modernisation de l’Industrie (PMI) depuis quatre mois, Helmi Aboul-Eich a eu de la chance. Le ministre de l’Industrie et du Commerce extérieur, Rachid Mohamad Rachid, lui avait bien préparé le terrain, en ayant convaincu les responsables de l’Union Européenne (UE) de mettre à la disposition du PMI la somme totale de sa contribution au programme, soit 250 millions d’euros. Auparavant, il fallait débattre cas par cas pour attribuer les fonds. Ce qui prenait beaucoup de temps et obligeait le programme à se soumettre complètement aux exigences de l’UE.

La voie a été ainsi préparée à Aboul-Eich pour élaborer une nouvelle stratégie et augmenter le nombre des investisseurs qui profitent du programme. Celui-ci est passé de 430 à plus de 1 500 au cours de ces derniers mois. Durant cette même période, le centre a déboursé 28 millions d’euros, contre 33 millions depuis le début du programme en 2003. Le plan d’Aboul-Eich est encore plus optimiste. Il veut moderniser 3 400 usines jusqu’à juin 2006 avec un coût total de 150 millions d’euros. Pour réaliser ces performances, Aboul-Eich a modifié l’ordre de priorité établi auparavant et favorable aux trois secteurs les plus prometteurs de l’industrie égyptienne (textile, agroalimentaire et mobilier). Désormais, ce sont les 10 secteurs de l’industrie égyptienne qui bénéficieront de manière égale de ces services. De plus, il a introduit de nouveaux mécanismes pour faciliter le contact avec les investisseurs. Il a créé un centre d’information chargé de répondre aux questions des entreprises. Il a également doublé le nombre des employés du programme. Helmi Aboul-Eich, issu lui-même des milieux d’affaires, a adopté une politique mieux adaptée aux besoins des investisseurs. Il a permis aux différents secteurs de participer à la gestion de leur programme et de choisir, parmi 4 conseillers, celui avec lequel ils veulent travailler.

Les industriels, pour leur part, ont répondu favorablement au changement. Mohamad Youssef, sous-secrétaire de l’Association égyptienne des hommes d’affaires, note qu’il a perçu une différence dans l’esprit des responsables du programme. « Actuellement, il y a une réponse rapide aux demandes des usines. Si un investisseur appelle le programme pour une raison ou une autre, il recevra une réponse dans un ou deux jours, une semaine au maximum », assure-t-il. Mais d’ajouter qu’il est encore prématuré de juger la nouvelle direction du PMI. « Il n’y a pas encore des résultats clairs mais les indicateurs sont positifs », affirme-t-il.

Pour Youssef, ce changement dans l’attitude de l’actuelle direction du programme n’est pas seulement le résultat de l’œuvre d’Aboul-Eich. « Les responsables du programme ont pu mieux comprendre les demandes des investisseurs. Le PMI existe déjà depuis plusieurs années au cours desquelles on a pu mieux comprendre la nature du secteur industriel égyptien et les difficultés qu’il endure », fait savoir Mohamad Youssef qui ne nie pas le rôle positif de Sélim Al-Talatli, l’ancien directeur du programme. Pour lui, le PMI avançait même si avec lenteur sous la direction de son ancien directeur tunisien.


Augmentation du nombre des bénéficiaires

L’air du changement est arrivé aux gouvernorats qui traitent avec le PMI. « A Damiette, un plus grand nombre d’investisseurs sont devenus membres du PMI. Les services que présente le programme ont augmenté et nous sommes davantage informés de tous les domaines », assure Mohamad Al-Labban, propriétaire d’une compagnie de fabrication de meubles à Damiette, qui cependant ne nie pas que le programme va dans le bon sens il y a quelque temps avant l’arrivée d’Aboul-Eich. Mais il note que le rythme s’est accéléré.

Pour Ahmad Ghoneim, professeur d’économie à l’Université, Helmi Aboul-Eich a choisi d’élargir la base des bénéficiaires du programme pour pouvoir dépenser les sommes dont le PMI dispose et en tirer profit de peur de les rendre à l’UE. Ce qui est un bon choix en soi. « Il existe deux écoles économiques différentes. L’une s’occupe de certains secteurs alors que l’autre a choisi de tout moderniser en même temps. Aucune de ces deux n’a été prouvée incorrecte. Mais je crois pas que le choix fait par la nouvelle direction émane d’une politique réfléchie », explique Ghoneim.

En fait, le programme, financé en grande partie par l’Union européenne, a été surtout critiqué à cause de sa lenteur. Initialement, il était censé commencer en 2000 et se terminer en 2003. Mais il n’a, en fait, été lancé qu’après l’arrivée de Sélim Al-Talatli, en 2003. Et après de dures négociations avec l’UE, le programme a été prolongé jusqu’en 2006. Le PMI devrait dépenser au cours de cette période une somme totale de 426 millions d’euros (l’UE y contribue à hauteur de 250 millions, le gouvernement égyptien avec 103 millions et le secteur privé avec 73 millions). Finalement, avec l’arrivée d’Aboul-Eich, le ministre de l’Industrie et du Commerce extérieur Rachid Mohamad Rachid a annoncé que le programme se poursuivra jusqu’à une période indéterminée et qu’il deviendra projet égyptien financé par des contributions étrangères. Un pas décisif pour le programme qui deviendra permanent.

Mais il ne faut pas s’attendre à ce que le PMI, à lui seul, résolve tous les problèmes de l’industrie. « Le programme est un simple élément dans un système. Il ne portera pas de fruit sans que le reste du système n’avance. C’est-à-dire qu’il faut améliorer l’environnement des affaires, lutter contre la bureaucratie et la corruption, etc. », explique Ahmad Ghoneim. C’est seulement alors que l’industrie égyptienne pourra survivre.

Névine Kamel
Marwa Hussein

Retour au sommaire
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631