Le
Conseil de sécurité a promulgué une nouvelle résolution concernant
la Syrie. C’est la résolution 1 636 visant à sommer la Syrie
à coopérer avec la commission d’enquête de l’Onu sur l’assassinat
de l’ancien premier ministre libanais, Rafiq Hariri. Quelques
heures après la promulgation de la résolution, le chef de
la commission d’enquête sur cet assassinat, Detlev Mehlis,
est arrivé à Beyrouth pour poursuivre ses investigations.
La nouvelle résolution a été promulguée conformément au chapitre
7 de la Charte de l’Onu. Ce qui signifie qu’il est permis
au Conseil de sécurité d’imposer des sanctions contre la Syrie
si elle ne coopère pas et même de la menacer d’une offensive
militaire. Cette nouvelle résolution a été promulguée à l’unanimité
des membres. C’est ainsi que les quinze membres, dix membres
non permanents et cinq membres permanents, ont voté pour cette
résolution, y compris la Russie et la Chine.
D’autre part, l’invitation de la Syrie à
tenir un sommet arabe extraordinaire pour discuter des répercussions
de cette résolution n’a pas trouvé d’écho. Par conséquent,
a été proposée l’idée de tenir un mini-sommet arabe où participeront
les pays arabes influents comme l’Egypte, l’Arabie saoudite
et l’Algérie (actuellement membre du Conseil de sécurité)
ainsi que les deux parties en crise, la Syrie et le Liban.
C’est une bonne idée qui peut porter ses fruits si ces pays
décident de s’épauler pour protéger la Syrie et la soutenir
face à un scénario dangereux.
A mon avis, les déductions faites dans le
rapport Mehlis ne sont pas des accusations tranchantes. Elles
manquent de preuves matérielles irréfutables. C’est pourquoi
Mehlis a décidé qu’il avait besoin d’effectuer davantage d’investigations,
mais avec la coopération de la Syrie. Il incombe donc à Damas
d’agir avec calme et sagesse. Cependant, ceci ne remet pas
en cause le fait qu’il y a d’autres dossiers n’ayant aucune
relation avec l’assassinat de Hariri que Washington cherche
à régler politiquement avec Damas.
Afin que Damas évite l’adoption de davantage
de résolutions du Conseil de sécurité, je pense qu’il lui
incombe de séparer le dossier des investigations internationales
des autres dossiers. Par conséquent, il lui appartient de
répondre à toutes les demandes du président de la commission
d’enquête, et de lui présenter toutes les facilités lui permettant
d’exécuter sa mission au mieux possible. Il ne sert à rien
de lancer des accusations ou de manifester contre lui. Dans
ce contexte, la coopération syrienne est la seule issue pratique
pour élargir le cercle du soutien arabe et réduire la capacité
des autres parties internationales qui cherchent à sanctionner
la Syrie en ce qui concerne les autres dossiers. La priorité
doit donc être accordée à une coopération totale afin de dissocier
les dossiers.