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Kiosque. La presse nationale et régionale a cette semaine largement commenté la résolution 1 636 de l’Onu qui oblige la Syrie à coopérer pleinement dans l’enquête sur l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais, Rafiq Hariri.
Destin incertain

« Le rapport Mehlis : la guerre américaine contre la Syrie a-t-elle commencé ? », « La Syrie paye le prix des erreurs de la politique américaine », « Comment soigner le cas Syrie ? », « Le plan américain pour isoler et éliminer la Syrie », « La Syrie échappe au piège de Bush, pour tomber dans celui de Mehlis ! », « La Syrie change malgré elle », « La Syrie, scénario à suivre », a titré la presse arabe et égyptienne cette semaine.

De nombreux analystes et commentateurs, en évoquant la Syrie, font le rapprochement avec l’Iraq. Parmi eux, Abbass Al-Tarabili, qui écrit dans l’éditorial d’Al-Wafd : « La Syrie et l’Iraq ... Même scénario : on commence par chercher un prétexte pour frapper et on finit par détruire et occuper (...) Nous avons besoin d’un mouvement arabe pressant, non pour soutenir la Syrie, mais pour éviter toute tentative d’embargo international ou encore une frappe militaire. Tout ceci ne peut que profiter à Israël ».

Prenant position, Mahmoud Khalil écrit dans le quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom : « Il ne fait aucun doute que tous ceux qui ont collaboré ou ont eu un rôle dans l’assassinat de Hariri — quels qu’ils soient — doivent être punis. Cependant, il est illogique qu’un Etat soit condamné à la peine de mort tout simplement parce que quelques-uns de ses ressortissants ont joué un rôle dans l’assassinat d’une personne ».

Mais l’idée de la guerre est omniprésente dans la politique américaine.

« Le harcèlement américain de la Syrie n’est pas nouveau. La guerre militaire contre la Syrie est une partie intégrante d’un plan de la droite extrémiste américaine dans le cadre de la création de ce qui est appelé l’empire américain. Et c’est l’occupation américaine en Iraq qui a retardé ce plan qui visait également l’Iran », affirme Mohamad Moro, dans le quotidien Al-Ahrar.

Le journal hebdomadaire Al-Osboue titre quant à lui en Une : « Complot du Conseil de sécurité et horreur du silence arabe ». « Les Arabes arriveront-ils à briser ce silence ? », s’interroge Ahmad Bédeiwi.

Pour sa part, la presse officielle syrienne affichait clairement dès le début la volonté de la Syrie de coopérer. « La Syrie veut connaître la vérité sur le crime et contrecarrer, unie derrière vous, les pressions injustes ». Mais les quotidiens de Damas ont évité de mettre en exergue les clauses gênantes, notamment la référence au chapitre VII et les points enjoignant la Syrie de mettre les suspects à la disposition entière de la commission d’enquête.

Abdel-Rahmane Al-Rached, rédacteur en chef du quotidien arabe Al-Charq Al-Awsat, secoue un peu la Syrie, en affirmant que « les aspirines ne suffisent pas à régler le problème, il faut un traitement sérieux et profond pouvant faire face à ce qui lui (la Syrie) arrive. Accuser le fils de Hariri du meurtre de son père, ou encore se moquer des Américains et des Anglais ne peuvent que compliquer davantage les choses ». Malgré ce ton critique vis-à-vis de la Syrie, Abdel-Rahmane Al-Rached est d’accord sur le fait qu’il « existe une unanimité arabe pour sauver la Syrie bien plus grande que celle de l’Iraq de Saddam dans le passé. La raison en est que les Etats de la région pensent que l’insécurité en Syrie peut amener à la chute du régime et l’anarchie dans la région » .

Hoda Ghali
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Sabotage

Moins de deux mois après le retrait israélien de la bande de Gaza qui a mis fin en septembre dernier à 38 ans d’occupation de ce territoire, les espoirs d’une percée dans le processus de paix semblent plus que jamais éloignés.

Les raids ciblés de l’armée israélienne contre des activistes palestiniens, tout en affaiblissant les mouvements armés palestiniens, risquent fort de saboter la trêve informelle respectée tant bien que mal et de provoquer des représailles plus meurtrières. Déjà, le Hamas a affirmé son intention de ne pas reconduire l’accord interpalestinien de trêve qui expire à la fin 2005. « Que la trêve aille au diable », ont pour leur part affirmé les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, groupe armé lié au Fatah du dirigeant palestinien Mahmoud Abbass.

Chez les Palestiniens, beaucoup déplorent les raids, les assassinats et les incursions israéliens qui engendrent plus de haine, liguent toute une nouvelle génération contre Israël et poussent de plus en plus les jeunes à se réfugier dans la religion et le fondamentalisme extrémiste.

Côté israélien, nombreux sont ceux, particulièrement à gauche, qui s’opposent à ces « meurtres arbitraires » que sont, selon eux, les opérations de liquidation d’activistes palestiniens. Pour l’ancien officier de l’armée de l’air israélienne devenu universitaire, Isaac ben Israël, l’Intifada palestinienne a pris réellement fin à la fin 2003 à la faveur des campagnes d’arrestation et des opérations ciblées. Le nombre d’attaques anti-israéliennes a effectivement commencé à baisser d’une manière très significative à la fin 2003 et la situation était redevenue semblable à celle qui prévalait avant l’Intifada lancée en septembre 2000. Cependant, Israël poursuit ses attaques comme si de rien n’était.

Le plus grave est que cette politique militaire israélienne n’est pas accompagnée d’une stratégie pour la paix, la trêve en cours n’étant qu’une mesure provisoire censée aider à la création d’un climat propice à la reprise des négociations de paix. Or, personne ne s’y trompe. Le premier ministre, Ariel Sharon, n’est pas intéressé par un accord de paix avec les Palestiniens, ni même par un accord intérimaire. Son plan de désengagement unilatéral de la bande de Gaza revient ni plus ni moins à fixer les frontières d’Israël en maintenant les blocs d’implantation en Cisjordanie .

 

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