« Le rapport
Mehlis : la guerre américaine contre la Syrie a-t-elle
commencé ? », « La Syrie paye le prix des erreurs de
la politique américaine », « Comment soigner le cas
Syrie ? », « Le plan américain pour isoler et éliminer
la Syrie », « La Syrie échappe au piège de Bush, pour
tomber dans celui de Mehlis ! », « La Syrie change malgré
elle », « La Syrie, scénario à suivre », a titré la
presse arabe et égyptienne cette semaine.
De nombreux
analystes et commentateurs, en évoquant la Syrie, font
le rapprochement avec l’Iraq. Parmi eux, Abbass Al-Tarabili,
qui écrit dans l’éditorial d’Al-Wafd : « La Syrie et
l’Iraq ... Même scénario : on commence par chercher
un prétexte pour frapper et on finit par détruire et
occuper (...) Nous avons besoin d’un mouvement arabe
pressant, non pour soutenir la Syrie, mais pour éviter
toute tentative d’embargo international ou encore une
frappe militaire. Tout ceci ne peut que profiter à Israël
».
Prenant
position, Mahmoud Khalil écrit dans le quotidien indépendant
Al-Masri Al-Yom : « Il ne fait aucun doute que tous
ceux qui ont collaboré ou ont eu un rôle dans l’assassinat
de Hariri — quels qu’ils soient — doivent être punis.
Cependant, il est illogique qu’un Etat soit condamné
à la peine de mort tout simplement parce que quelques-uns
de ses ressortissants ont joué un rôle dans l’assassinat
d’une personne ».
Mais l’idée
de la guerre est omniprésente dans la politique américaine.
« Le harcèlement
américain de la Syrie n’est pas nouveau. La guerre militaire
contre la Syrie est une partie intégrante d’un plan
de la droite extrémiste américaine dans le cadre de
la création de ce qui est appelé l’empire américain.
Et c’est l’occupation américaine en Iraq qui a retardé
ce plan qui visait également l’Iran », affirme Mohamad
Moro, dans le quotidien Al-Ahrar.
Le journal
hebdomadaire Al-Osboue titre quant à lui en Une : «
Complot du Conseil de sécurité et horreur du silence
arabe ». « Les Arabes arriveront-ils à briser ce silence
? », s’interroge Ahmad Bédeiwi.
Pour sa
part, la presse officielle syrienne affichait clairement
dès le début la volonté de la Syrie de coopérer. « La
Syrie veut connaître la vérité sur le crime et contrecarrer,
unie derrière vous, les pressions injustes ». Mais les
quotidiens de Damas ont évité de mettre en exergue les
clauses gênantes, notamment la référence au chapitre
VII et les points enjoignant la Syrie de mettre les
suspects à la disposition entière de la commission d’enquête.
Abdel-Rahmane
Al-Rached, rédacteur en chef du quotidien arabe Al-Charq
Al-Awsat, secoue un peu la Syrie, en affirmant que «
les aspirines ne suffisent pas à régler le problème,
il faut un traitement sérieux et profond pouvant faire
face à ce qui lui (la Syrie) arrive. Accuser le fils
de Hariri du meurtre de son père, ou encore se moquer
des Américains et des Anglais ne peuvent que compliquer
davantage les choses ». Malgré ce ton critique vis-à-vis
de la Syrie, Abdel-Rahmane Al-Rached est d’accord sur
le fait qu’il « existe une unanimité arabe pour sauver
la Syrie bien plus grande que celle de l’Iraq de Saddam
dans le passé. La raison en est que les Etats de la
région pensent que l’insécurité en Syrie peut amener
à la chute du régime et l’anarchie dans la région »
.