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Sahara Occidental. Le Roi du Maroc Mohammed VI a décidé de consulter les partis politiques sur le statut d’autonomie du Sahara. Mais le conflit est loin d’être réglé.
Dangereux statu quo

Trente ans après l’annexion du Sahara Occidental par le Maroc, l’impasse reste totale quant au conflit opposant Rabat au Front Polisario, soutenu par Alger et qui revendique l’indépendance du territoire. Et la récente annonce du roi du Maroc Mohammed VI, qui a déclaré dimanche dernier vouloir consulter les partis politiques sur la question de l’autonomie du Sahara Occidental, ne constitue certainement pas une ébauche de solution. Car le souverain marocain, qui s’exprimait à l’occasion du 30e anniversaire de la Marche verte, organisée à l’appel de son père Hassan II le 6 novembre 1975 vers le Sahara Occidental pour marquer l’appartenance du territoire au royaume, a clairement évoqué une « autonomie dans le cadre de la souveraineté du royaume ».

De plus, en se déclarant pour une consultation des partis, le roi du Maroc est sûr de gagner la bataille. La souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental est en effet revendiquée par la quasi-totalité des forces politiques marocaines, même si celles-ci critiquent de temps en temps des aspects de la gestion du dossier, notamment la manière forte utilisée régulièrement pour mater les manifestants.

Une offre en trompe-l’œil donc qui va surtout à l’encontre du plan proposé en 2003 par l’ancien représentant spécial de l’Onu, James Baker. Ce plan de règlement du conflit proposait une période d’autonomie de cinq ans qui doit être suivie d’un référendum d’autodétermination sur le statut définitif du territoire. A l’époque, le plan avait été rejeté par Rabat, qui refuse toujours le principe du référendum, le jugeant « obsolète » et « inapplicable », et qui depuis propose en échange une large autonomie sous la souveraineté marocaine.

Cela dit, Rabat tente de faire preuve de bonne volonté. Cette consultation des partis politiques marocains vise, a affirmé le roi Mohammed VI, à « affiner la proposition (d’autonomie) que le Maroc compte présenter à ce sujet » à l’Onu. Le souverain marocain a également réitéré que le Maroc est pour une « solution politique négociée ». Auparavant, le Maroc avait fait savoir à l’Onu qu’il était prêt à engager des négociations avec l’Algérie et le Front Polisario sur ce statut d’autonomie du Sahara Occidental, dans le cadre de la souveraineté du royaume sur le territoire. Et c’est justement sur ce point qu’il semble aujourd’hui difficile de trouver un consensus. D’autant plus que l’Algérie, principal acteur dans le conflit du Sahara Occidental, tient au plan Baker. Le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Onu, Abdallah Baali, a estimé la semaine dernière que le Conseil de sécurité devait « réitérer son appui au plan Baker et appeler directement le Maroc à l’accepter et à le mettre en œuvre ».


Alger campe sur sa position

Depuis le cessez-le-feu au Sahara Occidental en septembre 1991, Alger affirme militer pour « la légalité internationale », soutenant que la question du Sahara Occidental est une « simple affaire de décolonisation » relevant de l’Onu. « Nous avons un territoire qui fait partie des territoires non autonomes répertoriés par le comité de décolonisation des Nations-Unies, illégalement occupé par un Etat voisin (...) qui refuse obstinément de le quitter », a une fois de plus souligné M. Baali. L’Algérie a ainsi affirmé qu’elle « n’est pas partie prenante » dans ce conflit, proposant même de faciliter le dialogue entre le Maroc et le Polisario, au grand dam de Rabat, qui soutient qu’Alger tire les ficelles en coulisses et que, sans son soutien et ses conseils au Polisario, le conflit aurait été réglé.

Aujourd’hui, la question du Sahara Occidental semble dans l’impasse, chaque camp se rejetant la responsabilité du blocage tandis que le Conseil de sécurité de l’Onu continue d’adopter tous les six mois des résolutions de quasi-statu quo. La dernière en date a été votée la semaine dernière à l’unanimité et a prolongé de six mois le mandat de la Minurso au Sahara, dont la mission fondamentale est l’organisation du référendum sur l’autodétermination du Sahara Occidental, mais aussi le respect des résolutions de l’Onu pour le cessez-le-feu entre les deux parties. Le Conseil de sécurité a également rappelé que la communauté internationale soutenait le plan Baker, considéré comme « la solution optimale pour le règlement du conflit ».

Sur le terrain, des manifestations ont été organisées ces derniers jours de part et d’autre, les unes réclamant l’indépendance et les autres soutenant la souveraineté du Maroc sur cette ancienne colonie espagnole. Les heurts avec la police ont fait un mort. Mettant en cause les forces de l’ordre marocaines, un responsable sahraoui d’une association des droits de l’homme a ainsi déclaré que la tension au Sahara Occidental n’a jamais été aussi vive depuis trente ans .

Abir Taleb
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