La Syrie a reçu
une demande de Detlev Mehlis qui préside la commission d’enquête
internationale pour « interroger des Syriens », a annoncé
lundi un responsable du ministère des Affaires étrangères.
Le responsable
syrien n’a pas révélé l’identité et le nombre de Syriens qui
seraient interrogés, ni le lieu de leur éventuel interrogatoire.
Mais, selon des journaux libanais, la commission d’enquête
de l’Onu veut interroger six officiers syriens, dont un proche
du président syrien Bachar Al-Assad.
D’après le quotidien
libanais An-Nahar, les six officiers sont : Assef Chawkat,
beau-frère de M. Assad et chef des services de renseignement
militaire, Bahjat Soulieman, ancien chef des services de renseignement
intérieur, l’ancien chef des services de renseignement militaire
au Liban, Roustom Ghazalé, et son adjoint à Beyrouth, Jameh
Jameh.
Les noms de ces
quatre officiers syriens ont été cités dans une version confidentielle
du rapport de Mehlis, publié le 20 octobre et qui accusait
la Syrie de ne pas coopérer.
Les deux autres
officiers, mentionnés par An-Nahar, sont le chef de la section
Palestine, Abed Al-Karim Abbass et le spécialiste des télécommunications
et de l’Internet Zafer Al-Youssef.
Le journal arabe
publié à Londres Al-Hayat, qui cite les mêmes noms, rapporte
que Mehlis veut interroger les six officiers en son lieu de
résidence, à Monteverde, à l’est de Beyrouth. Le vice-ministre
syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, avait affirmé
jeudi que Mehlis pourrait interroger « tous les responsables
syriens ».
Damas qui n’a
pas d’autre solution que d’apporter sa coopération à la commission
Mehlis, dont le mandat a été prolongé jusqu’au 15 décembre,
tente de manifester sa bonne volonté. Ce faisant, la commission
d’enquête syrienne a demandé à toute personne ayant des informations
sur l’assassinat de prendre contact avec elle. Elle a pour
cela fait paraître des numéros de téléphone et de fax et une
adresse située à Mazzeh, un quartier ouest de Damas, où elle
peut être jointe.
La commission
syrienne est appelée à « coopérer avec la commission de l’Onu
et avec les autorités judiciaires libanaises » sur l’assassinat
de Rafiq Hariri, tué le 14 février dans un attentat à Beyrouth,
a indiqué sa présidente, Ghada Mourad. Elle a précisé qu’elle
allait entamer « l’interrogatoire de citoyens syriens, civils
ou militaires, sur tout ce qui est en relation avec la mission
de la commission d’enquête » des Nations-Unies.
Cette commission
a été créée la semaine dernière par un décret du président
Bachar Al-Assad après que M. Mehlis eut évoqué dans son rapport
le 20 octobre dernier l’implication de hauts responsables
de la sécurité syrienne dont certains sont des proches du
président Assad.
Par ailleurs,
un quotidien officiel syrien a appelé dimanche à la création
d’une « instance juridico-pénale », internationale ou régionale,
afin d’évaluer la neutralité de Detlev Mehlis.
« Cette instance
serait utile pour l’enquête, dont l’objectif est de parvenir
à la vérité » concernant l’assassinat de Rafiq Hariri, a écrit
le directeur du journal As-Saoura, Faïez Sayegh.
« Que faire si
la Syrie apporte sa totale coopération, et si Mehlis estime
ensuite qu’elle n’a pas coopéré, qu’il répète (ce qu’il a
dit) devant le Conseil de sécurité sur la non coopération
de Damas ? », s’est interrogé M. Sayegh.