Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Points de vue

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Ont-ils déclaré la mort des Arabes ?
Par Salama A. Salama
La mauvaise intention et l’injustice de la résolution promulguée à l’unanimité par le Conseil de sécurité pour sommer la Syrie à coopérer avec la commission d’enquête de l’Onu sur l’assassinat de Hariri sont évidentes. Cependant, la Syrie ne réussira probablement pas à mobiliser une position arabe unie pour la soutenir, ni à organiser un sommet arabe similaire à ces sommets derrière lesquels les Arabes cachent en général leurs véritables positions, ni même à pousser les populations arabes à organiser des marches et des sit-in devant les ambassades occidentales et les bureaux de l’Onu pour montrer leur solidarité avec le peuple syrien, ou plutôt le régime syrien.

Ces procédés sont révolus car les régimes arabes ont épuisé les sentiments de loyauté de leurs peuples. De plus, les conjonctures internationales ont changé. La rue arabe n’est plus disposée à courir derrière les slogans « Nous sommes prêts à sacrifier notre vie et notre sang pour toi, notre partie », sauf dans des marches montées de toutes pièces et payées par les services de l’Etat.

S’il est vrai que des pays arabes se sont opposés à la tenue d’un sommet arabe de peur de briser leurs relations avec les 3 grands pays, (les Etats-Unis, l’Angleterre et la France), qui ont dirigé le mouvement international contre la Syrie, ceci signifierait que les Arabes ne sont même plus disposés à faire semblant de soutenir un pays frère par des déclarations qu’ils se hâtent par la suite de nier dans les coulisses pour jeter de la poudre aux yeux.

Le plus grave est que ce qui reste de la solidarité arabe, représentée par l’axe de l’Arabie saoudite, l’Egypte et la Syrie, qui a prouvé son efficacité dans certaines crises, s’est brisé. Dorénavant, chaque pays arabe doit se trouver une issue. C’est aujourd’hui la logique répandue dans la majorité des cercles de prise de décision des gouvernements arabes, la logique de nos intérêts d’abord. Se sont alors répandus des emblèmes similaires à : « La Jordanie d’abord », « L’Egypte d’abord », « L’Arabie saoudite d’abord », partant du fait que la majorité obéissante et pacifique ne doit pas assumer les erreurs d’une minorité désobéissante. Un fait qui a évidemment mené à la disparité des positions arabes dans les situations les plus graves à partir de l’Iraq et la Palestine pour arriver au Soudan, à la Syrie et au Liban !

Partant, le régime syrien doit complètement oublier les Arabes et la solidarité arabe. Il doit essayer de sauver sa peau des sanctions internationales qui lui seront imposées tôt ou tard. Ce, en présentant des boucs émissaires parmi les membres des services de sécurité impliqués dans l’assassinat de Hariri, en dévoilant toutes les cartes même si le président Bachar Al-Assad doit sacrifier certains membres de sa famille ou encore en faisant un pas audacieux en entreprenant une contre-attaque, comme l’a fait le président Sadate en se débarrassant des centres du pouvoir le 15 mai 1970. Il insufflera ainsi du sang neuf au régime syrien pour ouvrir à son peuple les portes de la liberté et de la démocratie afin qu’il prenne en main les rênes de la situation. Le monde ne permettra pas aux allégations prétendant la politisation de la question de prendre de l’ampleur alors que la justice est devenue partie indivisible de la politique internationale et de la mondialisation.

Nizar Qabbani s’était déjà demandé dans son célèbre poème : Quand déclareront-ils la mort des Arabes ? Quant à nous, nous nous demandons : Ont-ils déjà déclaré la mort des Arabes ?.

 

Haut de page
Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631