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Boxe
. Le vice-champion olympique
de la catégorie super-lourds (+90 kg), Mohamad Ali Réda, a
décidé de se retirer du jeu pour se consacrer à l’entraînement.Une
décision aux explications multiples.
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La
nouvelle vie de Réda |
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«
Je compte désormais me consacrer entièrement au centre d’entraînement
que j’ai créé », annonce le médaillé d’argent de la catégorie
super-lourds (+90 kg) aux Jeux Olympiques (JO) d’Athènes 2004.
Mohamad Ali Réda a en effet décidé de se retirer du jeu. Son
projet d’Académie de boxe a été lancé il y a dix mois dans la
ville d’Al-Réhab. Il a comme associé Hicham Talaat Moustapha,
homme d’affaires, et président du club Al-Réhab, dans lequel
est installée l’académie. « Le mois dernier, j’ai fait un voyage
aux Etats-Unis pour acheter les équipements dernier cri nécessaires
à cette académie qui sera de niveau international », souligne
le vice-champion olympique. « Car la boxe a fait d’énormes progrès
à l’étranger, grâce aux équipements de pointe utilisés lors
des entraînements. Pour rattraper les grandes nations de la
discipline, il faut que les jeunes se mettent aux nouvelles
méthodes », affirme Réda.
Tout récemment encore, le vice-champion olympique
évoquait ses objectifs : « Je veux à travers cette académie
créer des champions olympiques. Mais tous ceux qui s’inscriront
à l’entraînement ne deviendront pas forcément des champions.
Donc deux enseignements seront disponibles. Le premier pour
ceux qui veulent avoir un minimum de connaissance en autodéfense.
Et le second, plus professionnel, sera destiné aux plus talentueux
et motivés ». Tout en ajoutant que les frais d’abonnement à
l’académie seront en grande partie consacrés à perfectionner
le niveau des champions.
Plusieurs éléments ont incité Réda à entamer
ce projet. Avec d’abord le manque de préparation dont il a souffert
dans le passé. A son retour des JO d’Athènes, il n’a en effet
effectué aucun stage de préparation à l’étranger, ce qui a gravement
affecté son niveau. « Alors que j’avais atteint un bon niveau,
l’entraînement en Egypte n’était pas suffisant pour disputer
une grande compétition. De plus, ma catégorie (super-lourds)
pose problème. Car en Egypte, il n’existe aucun boxeur de talent
dans cette catégorie. Donc durant l’entraînement, j’étais obligé
de jouer avec des boxeurs de catégories inférieures à la mienne
», dit-il. Et puis, il y a 3 ans, le champion d’Egypte s’est
découvert un problème à l’œil gauche. A l’époque, le médecin
lui a recommandé de mettre fin au jeu. Un conseil auquel il
a finalement décidé de se plier.
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Las de l’indifférence générale
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Réda entame donc un nouveau parcours, mais
se montre tout de même étonné du peu d’intérêt suscité par sa
démarche chez les responsables sportifs nationaux. « Depuis
mon annonce d’arrêter le jeu, aucun responsable des sports ne
m’a contacté. Seuls les ministres de l’Information, Anas Al-Fiqi,
et de la Défense, Mohamad Tantawi, m’ont appelé », remarque
avec amertume le Pharaon, tout en ajoutant : « Les pays qui
n’ont pas de champions en créent pour que les jeunes aient des
idoles à imiter. L’Egypte, qui possède 5 médaillés olympiques,
n’essaye même pas de les utiliser pour orienter les jeunes.
De plus, ces derniers, en voyant leurs idoles être victimes
de cette négligence, perdent toute motivation ».
Ainsi, las de cette indifférence générale,
l’ambition du boxeur est de pouvoir un peu changer les choses.
« Je compte livrer aux jeunes toute mon expérience et les leçons
que j’ai apprises durant ma carrière sportive ».
Depuis ses débuts en 1990, dans le club d’Ittihad
Al-Chorta, Réda reconnaît avoir beaucoup appris grâce à la boxe.
Parmi les leçons assimilées, celle que de se lancer à fond dans
les choses que l’on entreprend. « Je n’oublierai jamais avoir
raté un match face à un adversaire d’un niveau très inférieur
au mien. Mon entraîneur avait remarqué que je ne fournissais
pas tous les efforts nécessaires pour cette rencontre et du
coup il a décidé de me faire abandonner le match. Après ça,
mon adversaire a crié haut et fort qu’il m’avait vaincu ! »,
se rappelle Mohamad, le sourire en coin. Il a aussi des souvenirs
impérissables, comme ceux des JO d’Athènes. « Mon match de demi-finales
restera gravé à jamais dans ma mémoire. J’ai remporté cette
rencontre, mais une blessure m’a empêché de disputer la finale.
La médaille d’or m’est passée sous le nez, ce qui me rend encore
très triste », avoue-t-il. Et de conclure : « Si je n’ai pas
atteint en tant que boxeur mon objectif principal, à savoir
le titre olympique, j’espère pouvoir le réaliser en tant qu’entraîneur
».
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Doaa
Badr |
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