Les deux premières phases des
élections législatives ont pris fin. Elles ont
enregistré quelques aspects positifs. Les plus
importants sont sans nul doute l’impartialité
des services de sécurité, le contrôle judiciaire,
l’autorisation aux organisations de la société
civile de superviser le processus de vote. De
plus, les forces de sécurité se sont comportées
d’une manière relativement civilisée contre les
manifestants. Cependant, ces deux phases ont aussi
connu plusieurs aspects négatifs comme le recours
à la violence, l’achat des voix des plus démunis,
l’emprise de l’argent et l’interdiction aux observateurs
d’accéder à certains bureaux de vote. Ces deux
phases ont dévoilé d’autres indices importants.
Premièrement, le phénomène de
l’éparpillement des voix qui a mené à l’organisation
d’un second tour dans de nombreuses circonscriptions.
Il est dû au grand nombre de candidats dans les
circonscriptions. Si cette augmentation de la
participation est un aspect positif en soi, elle
comporte également un point négatif. En effet,
un grand nombre de candidats qui sont entrés en
lice dans ces élections n’ont jamais accompli
d’action publique et n’ont aucune popularité.
Ils ont inutilement déployé des efforts et dépensé
des sommes énormes.
Deuxièmement, certains candidats
n’avaient aucun respect de la dimension éthique
dans la teneur de leurs messages politiques. C’est
ainsi que certains députés sortants se vantaient
des services qu’ils avaient présentés aux habitants
de leurs circonscriptions, négligeant totalement
l’idée que c’est là un devoir social et politique,
oubliant aussi les divers gains dont ils bénéficient
de leur accession au Parlement. Par ailleurs,
le langage du discours politique s’est dégradé.
Certains candidats n’ont pas hésité à injurier
leurs adversaires pour déformer leurs images aux
yeux des électeurs. De plus, certains ont fait
des promesses impossibles à réaliser comme éradiquer
le chômage, assurer un logement pour chaque personne,
présenter les soins médicaux à chaque personne
malade ... Ces promesses sont dangereuses du fait
que les électeurs de faible culture peuvent être
éblouis par de telles promesses et choisir un
candidat qui est peut-être le plus mauvais.
Troisièmement, les listes électorales
des partis étaient quasiment exemptes de femmes.
Cette ignorance intentionnée de la femme soulève
de nombreuses questions. Les partis sont-ils incapables
de former des cadres féminins capables de concurrencer
les hommes et de gagner des voix ? Ou bien ils
voulaient leur éviter les manigances électorales
comme certaines formes malséantes de propagande,
les rumeurs, l’achat des voix et le recours à
la violence ?
Quatrièmement, les programmes
des candidats se sont rarement intéressés à la
politique étrangère. Ceci s’explique par le fait
qu’ils ont préféré mettre l’accent sur les questions
locales qui touchent l’électeur comme le chômage,
le logement, l’infrastructure, la santé et autres.
La troisième phase des législatives connaîtra-t-elle
les mêmes irrégularités que les deux précédentes
?