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Le climat dégradé des législatives
Mahmoud Youssef
Professeur à l’Université du Caire

Les deux premières phases des élections législatives ont pris fin. Elles ont enregistré quelques aspects positifs. Les plus importants sont sans nul doute l’impartialité des services de sécurité, le contrôle judiciaire, l’autorisation aux organisations de la société civile de superviser le processus de vote. De plus, les forces de sécurité se sont comportées d’une manière relativement civilisée contre les manifestants. Cependant, ces deux phases ont aussi connu plusieurs aspects négatifs comme le recours à la violence, l’achat des voix des plus démunis, l’emprise de l’argent et l’interdiction aux observateurs d’accéder à certains bureaux de vote. Ces deux phases ont dévoilé d’autres indices importants.

Premièrement, le phénomène de l’éparpillement des voix qui a mené à l’organisation d’un second tour dans de nombreuses circonscriptions. Il est dû au grand nombre de candidats dans les circonscriptions. Si cette augmentation de la participation est un aspect positif en soi, elle comporte également un point négatif. En effet, un grand nombre de candidats qui sont entrés en lice dans ces élections n’ont jamais accompli d’action publique et n’ont aucune popularité. Ils ont inutilement déployé des efforts et dépensé des sommes énormes.

Deuxièmement, certains candidats n’avaient aucun respect de la dimension éthique dans la teneur de leurs messages politiques. C’est ainsi que certains députés sortants se vantaient des services qu’ils avaient présentés aux habitants de leurs circonscriptions, négligeant totalement l’idée que c’est là un devoir social et politique, oubliant aussi les divers gains dont ils bénéficient de leur accession au Parlement. Par ailleurs, le langage du discours politique s’est dégradé. Certains candidats n’ont pas hésité à injurier leurs adversaires pour déformer leurs images aux yeux des électeurs. De plus, certains ont fait des promesses impossibles à réaliser comme éradiquer le chômage, assurer un logement pour chaque personne, présenter les soins médicaux à chaque personne malade ... Ces promesses sont dangereuses du fait que les électeurs de faible culture peuvent être éblouis par de telles promesses et choisir un candidat qui est peut-être le plus mauvais.

Troisièmement, les listes électorales des partis étaient quasiment exemptes de femmes. Cette ignorance intentionnée de la femme soulève de nombreuses questions. Les partis sont-ils incapables de former des cadres féminins capables de concurrencer les hommes et de gagner des voix ? Ou bien ils voulaient leur éviter les manigances électorales comme certaines formes malséantes de propagande, les rumeurs, l’achat des voix et le recours à la violence ?

Quatrièmement, les programmes des candidats se sont rarement intéressés à la politique étrangère. Ceci s’explique par le fait qu’ils ont préféré mettre l’accent sur les questions locales qui touchent l’électeur comme le chômage, le logement, l’infrastructure, la santé et autres. La troisième phase des législatives connaîtra-t-elle les mêmes irrégularités que les deux précédentes ?

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