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Foire Du Livre Pour Enfants. La 22e édition ouvre ses portes ce mercredi. Avec 81 éditeurs, on y observe une amélioration de la création, notamment au niveau du rapport entre le texte et les illustrations. Un progrès qui se traduit toutefois par une augmentation des prix. Tournée.

A la fois éducative et ludique

Le livre pour enfants fait actuellement preuve d’avancées remarquables à travers les illustrations-dessins devenus le héros principal des contes. L’écrivain Yaacoub Al-Charouni y prend part avec Hékayet Radobis (L’Histoire de Radobis), Ahlam Hassan (Les Rêves de Hassan), Taëh fil qanal (Perdu dans le canal), édités par Dar Al-Maaref. Ce dernier livre fêtera en 2006 les 50 ans de la nationalisation du Canal de Suez. « Une bonne occasion pour expliquer cet événement à nos petits, à travers un héros de 12 ans qui a participé au percement du Canal », déclare Charouni, pour qui les mots et les expressions utilisés doivent exprimer le concret plus que l’abstrait. « L’enfant pense à travers l’image. L’Internet ou la télévision ne donnera pas le même effet concret du livre, que l’enfant peut toucher », explique Charouni.

Charouni développe ainsi en l’enfant sa capacité à s’exprimer, par l’intermédiaire de son héros qui, dans la majorité de ses contes, est une fille. Une manière d’affirmer que cette dernière est capable d’exécuter le même travail d’un garçon. Comme dans Al-Amir al-gabane (Le Prince peureux), primé Meilleur conte pour enfants à la Foire internationale de Bologne (Italie). Ce conte traite d’une femme qui remplace son mari craintif à la guerre.

Pour d’autres éditeurs, encourager la créativité de l’enfant passerait par son identification. Ainsi, le jeune écrivain et artiste Walid Taher, dans son conte Al-Aghbia (Les Idiots), publié aux éditions Al-Chourouq, s’immerge dans le monde de l’enfant, invite son petit lecteur-créateur à imaginer l’histoire par le biais de dessins à la fois simples et spontanés. Son conte transmet en trois lignes son message : « Quand on veut posséder tout à la fois, on perd tout et on devient des idiots ».

A côté des livres pour enfants âgés de 4 ou 5 ans, la série d’Alf Leila we Leila (Mille et une Nuits), éditée par la maison Elias, s’adresse aux 8 ans et plus, avec des illustrations très classiques et ornementées.


Manque de maisons d’édition

En dépit des efforts soutenus par bon nombre d’artistes et d’écrivains de renom qui adoptent, chacun à sa manière, les contes pour enfants, un problème surgit, celui du manque de maisons d’édition susceptibles de prendre en charge le travail de publication. L’artiste Adli Rizqallah évoque le problème : « Mon projet Tamr a été bien accueilli par le Haut Conseil de la culture et primé par le Conseil international des livres pour enfants en 2000. Cependant, il manquait une maison d’édition à la hauteur d’une bonne vulgarisation et publication », annonce Rizqallah.

Aquarelliste, Adli Rizqallah se consacre depuis 1961 à l’illustration des ouvrages pour enfants. Cette année, il participe à la Foire avec une série de livres intitulés « Contes d’Adli Rizqallah ». A travers la transparence de ses aquarelles et la simplicité des dessins, il cherche à faire passer un message humaniste. Al-Noqta al-sawdaa (Le Point noir) promeut la coexistence entre les diverses confessions à travers le rapport parfaitement harmonieux entre un arbre auréolé par un croissant et un autre couronné d’une croix. Al-Qitar allazi asbah bortoqala (Le Train qui est devenu une orange) traite du problème de la pollution. Sans oublier sa fameuse série éducative Tamr, élaab wa taallam (Joue et apprends), récemment réimprimée par Maktabet Al-Osra. « Maktabet Al-Osra a dépensé 100 millions de L.E. en soutien pour les livres pour enfants, avec 1 000 titres imprimés, à des prix très modérés. Un livre qui coûte 20 L.E. est vendu à une livre et demie », témoigne l’écrivain Yaacoub Al-Charouni. Rizqallah, lui, espère publier la deuxième série de Tamr, premier projet en Egypte qui, à travers des jeux (illustrations-dessins) captivants et attrayants, enseigne aux enfants entre 3 et 5 ans les bases fondamentales des mathématiques modernes. «J’espère le faire parvenir un jour aux écoles. Mais ça nécessiterait l’appui du ministère de l’Education et des médias en Egypte », conclut-il.

Névine Lameï
 

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