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Euromed.
Le premier sommet euroméditerranéen de l’Histoire s’est
tenu 10 ans après la Déclaration de Barcelone sur fond
de difficultés et d’un bilan jugé maigre. L’absence des
principaux leaders arabes partenaires de l’Europe témoigne
aussi des divergences entre les deux groupes de pays.
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L’entre-deux-rives |
| Barcelone,
De notre envoyé spécial — |
| Beaucoup
d’eau a coulé en Méditerranée en 10 ans. Cela fait presque
l’unanimité : le partenariat euroméditerranéen n’a pas
atteint les objectifs lancés. Tout dépend peut-être de
la façon de voir les choses. Le verre est-il à moitié
plein ou à moitié vide ? La première moitié est remplie
d’une série d’accords de partenariat, des débuts d’un
dialogue culturel et de quelques avancées en matière de
la société civile. L’autre moitié souffre du manque de
respect des droits de l’homme, de démocratie et de volonté
européenne réelle en faveur du processus de paix. En 1995
à Barcelone, les participants avaient tenté d’établir
un partenariat global pour faire de la Méditerranée un
espace commun de paix et de prospérité. Ces objectifs
s’articulaient autour de trois principaux axes : le dialogue
politique et sécuritaire, l’économique et le financier
et l’aspect social, culturel et humain.
Un va-et-vient
Nord-Sud. Dimanche et lundi dernier dans la cité catalane,
les chefs d’Etat et de gouvernement d’une quarantaine
de pays se sont penchés sur ce partenariat pour tenter
de lui donner un nouvel élan. Un premier sommet euroméditerranéen
qui s’est ouvert sur fond de difficiles discussions sur
le terrorisme et l’immigration, mais surtout en l’absence
des principaux leaders arabes partenaires de l’Europe.
Une façon peut-être de protester contre ce qu’on estime
un constat d’échec d’un processus long de dix ans. Outre
les 25 membres de l’Union Européenne (UE), huit partenaires
arabes du pourtour méditerranéen, l’Autorité palestinienne,
l’Algérie, l’Egypte, la Jordanie, le Liban, le Maroc,
la Syrie et la Tunisie en plus de la Turquie et Israël
sont conviés au sommet, ainsi que cinq pays associés ou
observateurs, la Bulgarie, la Croatie, la Roumanie, la
Libye et la Mauritanie.
Analystes
des deux rives s’accordent à dire que, depuis son lancement,
le partenariat euroméditerranéen n’a pas vraiment répondu
aux grands espoirs qu’il avait suscités. Au demeurant,
seul le volet économique a vu quelques timides percées
(lire p. 5). « Si l’on note quelques percées dans le volet
économique, c’est simplement parce qu’à l’origine du lancement
de ce partenariat, l’intérêt des deux rives l’une pour
l’autre était surtout économique. Les partenaires voulaient
œuvrer pour créer une zone de libre-échange vers 2010.
Je pense sérieusement que tant le volet politique que
culturel sont des décors pour le volet économique. C’est
pourquoi leur bilan sur dix ans est presque inexistant
», explique Naglaa Al-Ahwani, professeur à la faculté
de sciences politiques. Selon cette économiste, qui dirige
un centre sur les études européennes au sein de la faculté,
« dès le départ il n’y avait pas d’objectif clair en termes
de partenariat politique et culturel, pas de vraies échéances
à respecter. Les choses sont restées donc très vagues
et aucun mécanisme de travail n’a vraiment vu le jour
». C’est donc tout le processus qui est remis en cause.
C’est peut-être une politique qui déçoit le plus, surtout
que toute la question est tributaire du processus de paix
israélo-arabe. Aucune démarche de fond en la matière,
on avance à des pas minimes puis on recule subitement.
Barcelone était normalement faite pour soutenir un contexte
de paix arabo-israélien. Selon Frédéric Charillon, directeur
du Centre français d’études en sciences sociales de la
défense, « c’était tentant pour les Européens de rester
dans le confort. On discute, on parle de choses techniques
sans parler du vrai problème. Est-ce qu’on peut raisonnablement
parler de la région en disant que pour le moment on met
de côté le problème palestino-israélien et l’Iraq ? Ce
n’est pas possible » (lire entretien). Barcelone réinvente
un dialogue avec le monde arabe au moment où rien n’a
été réglé avec Israël. Négatif, tel est le bilan ? Peut-être
pas, mais il y a certes des déceptions. Peu d’aspects
de la coopération qui ont été mis en marche. Démocratie,
immigration, terrorisme ... les questions ne manquent
pas. « Plusieurs problèmes ont surgi, soit dans les pays
du Nord ou du Sud. La question de l’immigration et le
terrorisme, notamment après le 11 septembre mais aussi
la tendance de l’UE de privilégier l’intégration de l’Europe
de l’Est ». Ce changement sur le plan politique et géographique
a modifié le cœur même du processus de Barcelone, explique
un diplomate égyptien.
A qui la
faute, aux pays du Nord ou à ceux du Sud pour cette absence
de résultats palpables ? « Au deux », répond Samir Radwane,
économiste et directeur du Forum de recherche économique.
« C’est une responsabilité partagée. Le Processus de Barcelone
a créé sans aucun doute un bon cadre de travail pour gérer
la relation Nord-Sud : pour faire de cette région une
zone de paix et de prospérité aux caractères très particuliers.
Mais malheureusement, les objectifs ne sont pas atteints
». Les pays du Sud sont pessimistes alors que le Nord
ne l’affiche pas ouvertement.
Le terrorisme
est l’un des sujets des plus inquiétants. Les chefs d’Etat
ou de gouvernement l’ont évoqué sur fond de tension à
Barcelone. Les Britanniques qui assurent la présidence
tournante de l’UE ont ainsi voulu fixer une date-clé dans
la lutte contre le terrorisme avec l’adoption de ce qu’ils
appellent « un code de bonne conduite ». La question représente
un problème majeur, voire très sensible, non seulement
sur sa définition politique qui a un grand rapport avec
la cause palestinienne, « mais aussi sur son concept d’après
certaines personnes qui lient le terrorisme à l’islam
», explique un observateur britannique présent au sommet
de Barcelone. Ceci explique l’appel lancé par Manuel Barosso,
président de la Commission européenne aux pays arabes,
de faire la différence entre l’islam et le terrorisme,
surtout devant l’opinion publique. La démarcation entre
le terrorisme et la résistance a ainsi marqué le grand
différend entre les pays arabes et européens. Pour Amr
Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, tous les
pays arabes sont contre le terrorisme. « Pourtant, il
faut faire la différence entre la résistance et le terrorisme.
Nous refusons d’assimiler la résistance palestinienne
à un acte terroriste. Il ne faut pas confondre le meurtre
aveugle de civils innocents avec la résistance à des forces
d’occupation », précise Moussa. Retour donc à la case
départ, le processus de paix avec Israël comme premier
point à résoudre avant de pouvoir relancer la coopération. |
Partenariat ou voisinage ?
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| Plus
généralement, c’est tout le contexte dans la zone euroméditerranéenne
qui a changé en dix ans. « Avec tout ce qui se passe dans
le monde, les conflits et autres, c’est la politique américaine
qui domine la gestion politique dans la région. Surtout
le conflit israélo-palestinien, dont l’importance pour
les pays arabes n’est pas la même pour leurs partenaires
du Nord », explique Naglaa Al-Ehwani. D’autres événements
ont ralenti encore l’avancée du Processus de Barcelone,
sur le volet politique : Les événements du 11 septembre
qui marquent un changement-clé dans les relations entre
les deux rives de la Méditerranéenne. Il y a également
« l’ouverture à l’Europe de l’Est, cela a diminué l’intérêt
de l’UE pour les pays du Sud », explique Samir Radwane.
Et d’ajouter : « L’Union européenne a réduit sa politique
vers ses partenaires du Sud. Désormais, celle-ci veut
étendre sa politique sur plusieurs fronts en appliquant
sa nouvelle politique dite de voisinage ». Une politique
qui propose des coopérations régionales et bilatérales
entre les pays nord-nord/sud-sud ; ce qui n’est pas certes
avantageux pour les pays du Sud.
Les spécialistes
sont ainsi sceptiques sur les retombées positives de cette
nouvelle politique européenne et s’interrogent sur ses
avantages, surtout que le partenariat initial n’a pas
atteint ses objectifs, que cette nouvelle politique dilue
le rapport Nord-Sud et vcréer une région qui ne diffère
pas beaucoup de celle figurant dans le projet du Grand
Moyen-Orient de George Bush. Pourtant, l’UE défend son
initiative et affirme que cela ouvrira plus de marchés
pour les pays du Sud. Et qu’ils ne tiennent qu’à eux de
travailler pour atteindre ces objectifs. Benita Ferrero-Waldner,
commissaire aux relations extérieures de l’UE, affirme
que l’Europe va toujours aider le Sud, notamment dans
les domaines de l’éducation et des droits de l’homme sans
oublier la démocratie. « En aidant nos voisins à avoir
une meilleure croissance économique, une meilleure gouvernance
et des relations plus étroites avec l’Union européenne,
nous servons aussi les intérêts des citoyens européens
», a-t-elle précisé. Si l’Europe prend en considération
ses intérêts, il faudrait également penser à ses partenaires
sudistes, mais il se peut que quelques pays en Europe
ne voient pas cet intérêt. |
Les Arabes signent absent
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Le débat
se poursuit et le fossé s’élargit aussi d’autant plus
que le rythme n’est pas du tout le même. « Nous devons
reconnaître que dans les pays du sud de la Méditerranée,
nous sommes très lents pour mettre en place des réformes
structurelles. En Egypte par exemple, cela est amorcé,
mais nous sommes encore loin de pouvoir mettre en place
une vraie politique de coopération régionale comme le
prévoit l’UE », explique Samir Radwane.
II n’y a
pas que le Sud qui doit être montré du doigt, au moins
en matière de droits de l’homme. A la veille du sommet
de Barcelone dans un communiqué spécial, Amnesty International
demande à l’UE de s’acquitter de ses obligations dans
ce dossier. « Dix ans après le lancement du Processus
de Barcelone, les violations des droits fondamentaux n’ont
rien perdu de leur intensité dans les pays partenaires,
alors même que l’Union européenne faillit de plus en plus
à ses propres obligations internationales, notamment dans
les réponses qu’elle apporte au terrorisme et à l’immigration
clandestine », a déclaré Amnesty International. L’organisation
souligne que si les Etats membres ne respectent pas des
obligations internationales aussi fondamentales que le
principe de non refoulement et l’interdiction absolue
de la torture, l’UE ne peut rester crédible lorsqu’elle
engage ces pays partenaires à mettre en œuvre les libertés
fondamentales. Le sommet qui s’est conclu par l’adoption
d’un programme de travail de cinq ans, accompagné d’une
déclaration sur une vision commune, a insisté sur la question
des immigrations incontrôlées en provenance du Sud.
L’Espagne
a lancé pour sa part des décisions concrètes sur le contrôle
de l’immigration subsaharienne. L’UE entend l’aider à
assurer le contrôle des frontières, la protection des
réfugiés, la gestion de l’immigration clandestine, notamment
pour éviter les tragédies humaines qui surviennent régulièrement
en Méditerranée. Priorité pour les Européens mais l’est-elle
pour les Arabes ? Il semble que non, sinon comment expliquer
l’absence de nombreux leaders arabes ? Ahmad Aboul-Gheit,
ministre égyptien des Affaires étrangères, a déclaré que
sans doute l’absence de chefs d’Etat arabes a eu ses répercussions
sur le sommet. Une défection de dernière minute par exemple
du président Moubarak. « Un leader comme le président
Moubarak aurait bouleversé les avis de certains pays dans
certains problèmes comme la cause palestinienne et la
définition de la résistance et du terrorisme », affirme
Juan Fernando, un journaliste espagnol. Justement car
le président Moubarak avait été à la base de l’idée de
la coopération euroméditerranéenne en 1991. Une absence
au moment où presque tous les leaders européens ont fait
le déplacement. Un second souffle au Processus de Barcelone
est-il possible ?.
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Chérif
Ahmed avec Ida Ghali au Caire |
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«
Barcelone n’a plus le droit à l’erreur »
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| Frédéric
Charillon,
conseiller
au ministère français de la Défense et directeur du Centre
d’études en sciences sociales de la défense, estime que
le Processus de Barcelone a échoué en raison du manque
de volontarisme politique. |
Al-Ahram
Hebdo : Beaucoup d’analystes dressent un bilan négatif
du Processus de Barcelone, feriez-vous la même chose ?
Frédéric
Charillon : Peut-être
pas complètement, mais il faut admettre qu’il y a eu
certes des déceptions. Oui, sur le plan économique,
des accords bilatéraux ou d’associations ont été signés
mais peu d’avancées politiques ont été réalisées. Je
ne ferai pas un bilan extraordinairement positif, parce
que je pense que Barcelone a été inventé pour soutenir
un contexte de paix israélo-arabe. A ce moment, les
Européens étaient dans l’illusion qu’ils allaient accompagner
la paix du 13 septembre 1993 avec la fameuse poignée
de main Arafat-Rabin. Barcelone serait un bon cadre
pour donner une vision d’ensemble. Le problème, c’est
qu’il n’y a pas eu de paix du tout. On a réinventé un
dialogue avec le monde arabe alors que rien n’a été
réglé avec Israël.
Les Européens
ne sont pas forcément au cœur du règlement de paix lui-même
mais ils accompagnent la paix après. Ils l’ont fait
en ex-Yougoslavie à Dayton. Les accords de paix sont
parrainés par les Américains et les Européens viennent
après. Ils sont bien meilleurs lorsqu’il faut du politiquement
correct, du positif, de la reconstruction, de l’administration
que quand il faut négocier, car ils n’ont pas de moyens
de contraintes. Mais encore il faut qu’il y ait la paix
et cette région du sud de la Méditerranée est marquée
par le problème palestinien, par l’après-11 septembre
et par la guerre contre le terrorisme. Voire, trop de
problèmes pour que les Européens puissent intervenir
et Barcelone est un programme d’accompagnement de la
paix.
— Cela
voudrait-il dire que l’aspect politique du Processus
de Barcelone a échoué ?
— Je ne
dirai pas qu’il est inexistant, mais il est en panne.
C’est un bon forum à relancer. Un forum qui rassemble
les Arabes, les Européens, les Turcs et les Israéliens
et qu’on n’a pas ailleurs. Alors, de ce point de vue,
il existe un potentiel qui est très fort, mais qui n’a
pas été exploité pour le moment et c’est bien ici le
problème de la politique étrangère européenne. C’est
ce qu’un Britannique appelait « The Expectations-Capabilities
Gap », c’est dire qu’entre les attentes que suscitent
les déclarations des Européens et le résultat final
il y a un grand fossé. Peut-être il faudrait faire moins
d’effet d’annonce, que les Européens aiment bien. Pour
Barcelone, on a annoncé un énorme programme et donc
suscité beaucoup d’attentes et aussi de déceptions.
Certaines sont dues à la situation au Moyen-Orient,
d’autres au manque de volontarisme de la part des Européens
ou encore à la méthode qui consiste à bâtir d’abord
sur l’économie.
— Mais
sur la sécurité, l’immigration et le terrorisme, presque
rien non plus n’a été fait en 10 ans ...
— Car ces
dossiers ont été affaiblis par plusieurs autres contextes.
L’Otan d’abord qui a aussi proposé des plans pour la
sécurité en Méditerranée et qui sont plus intéressants
forcément. Car l’Otan, c’est les Américains, c’est la
sixième flotte ... donc à partir du moment où l’Otan
décide de concurrencer l’Europe sur les questions militaires
en Méditerranée, les choses deviennent plus difficile.
D’autre part, il y a eu le 11/9 et à partir de cette
date, le dialogue a été bloqué entre l’Occident et le
monde arabe à cause de l’attitude américaine. Forcément
chez les Européens il y en a ceux qui s’alignent beaucoup
sur les Etats-Unis.
Ensuite
se sont rajoutés deux autres problèmes ... la Libye
et la Syrie. Kadhafi a compris que sa propre survie
dépendait d’un seul pays, les Etats-Unis, et donc sa
priorité était de prendre des initiatives pour revenir
dans le dialogue avec les Américains et non pas forcément
de se rapprocher avec les Européens. L’autre blocage
c’est la Syrie, la mort de Hafez Al-Assad et donc une
période de transition suivie par l’affaire Hariri. Quand
on fait le tour, on s’aperçoit que tous les vrais problèmes
politiques sont restés bloqués.
— Fêter
10 ans était-il donc inopportun ?
— C’est
une erreur symbolique. Au moins, il fallait se poser
la question s’il fallait se réunir à Barcelone ou non.
Barcelone c’est un symbole oui, mais de quoi ? N’est-elle
pas le symbole d’une déception et d’inactivité totale
depuis 10 ans ? Tenant compte du résultat et du bilan,
pourquoi se réunir à Barcelone et pourquoi pas sur l’autre
rive de la Méditerranée ? L’un des problèmes de Barcelone
c’était aussi de faire trois volets principaux avec
plusieurs thèmes et sur aucun des thèmes on n’a vraiment
montré l’avantage pour les pays arabes, au moins de
façon claire. Alors Barcelone n’a pas avancé, car d’un
côté il n’y avait pas un intérêt évident et de l’autre
il n’y avait pas de volonté politique forte. Aujourd’hui,
Barcelone n’a plus le droit à l’erreur.
Si on choisit
de fêter 10 ans à Barcelone de façon symbolique, cela
doit être pour relancer les choses de façon sérieuse
avec une Barcelone II. Il faudrait de nouvelles méthodes
et accepter de discuter des vrais problèmes, même s’il
y a un risque de découvrir qu’on n’est pas d’accord
avec les Américains sur certaines choses, qu’il faut
parfois désapprouver certains pays arabes en raison
de leur gestion de la société civile et du manque d’ouverture
politique ou encore dire à Israël qu’il porte une énorme
responsabilité dans le blocage de la situation au Proche-Orient.
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Propos
recueillis par
Samar Al-Gamal
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