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Culture.
Le colloque de l’UEE a lié la crise de la culture arabe
aux horizons de réforme. Une première : un prix consacré
au roman arabe dont le lauréat est Hanna Mina.
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L’écrivain,
messager de la réforme |
Le
colloque de l’Union des Ecrivains Egyptiens (UEE), tenu
au siège de la Ligue arabe, au Caire, a clôturé ses travaux
le 24 novembre en adoptant neuf recommandations concernant
l’action culturelle arabe : le respect de la diversité
culturelle et de la liberté d’expression, la garantie
des droits de l’auteur ainsi qu’une meilleure diffusion
des produits culturels entre les pays arabes ; un appel
à une reconsidération du statut de l’écrivain à travers
les médias, une libération des prisonniers d’opinion et
une coopération plus poussée entre les Unions des écrivains
arabes. Par ailleurs, la conférence a invité la Ligue
arabe à reprendre son ancien projet de traduction, et
les ministres de l’Education à moderniser les programmes
scolaires. Sur le plan politique, la conférence a condamné
l’occupation de l’Iraq ainsi que les pressions exercées
actuellement sur la Syrie, a salué d’autre part la lutte
du peuple palestinien, mettant également en garde contre
une division du Soudan entre Nord et Sud.
Des
prises de position claires qui répondent pratiquement
mot pour mot à des articles de presse qui s’étaient interrogés
la veille sur le rôle qui pourrait être joué aujourd’hui
par les Unions des écrivains arabes, se demandant si ces
unions représentaient les vrais mouvements littéraires
de leurs pays, et s’interrogeant sur le retrait d’un grand
nombre d’écrivains avant-gardistes de plusieurs de ces
unions.
Un
raisonnement qui s’est attaqué ensuite très sévèrement
et sans distinction aux Unions des écrivains arabes, les
accusant de complicité avec le pouvoir qui en a instrumentalisé
certaines. Des propos qui révèlent aussi sans doute l’état
de désespoir régnant sur une arène culturelle qui souffre
depuis longtemps d’une relation faussée entre le pouvoir
politique et les intellectuels, surtout les écrivains.
Dans ce climat décourageant, la tenue de la conférence
de l’UEE au siège de la Ligue arabe, au Caire, revêt sans
doute une dimension toute particulière. Un premier pas
pour ouvrir le débat sur cette relation longtemps faussée
afin qu’une rectification constructive de cette relation
soit un jour possible. Une initiative qui s’est voulue
consciente des défis, guidée par un espoir éclairé, tout
en évitant un regard strictement rivé sur le passé avec
tous ses maux. |
Crise
de la citoyenneté arabe |
Autrement
dit, à la différence d’une approche pessimiste passéiste,
la nouvelle UEE a voulu aborder la crise des écrivains
arabes sous un angle plus large, à savoir la crise de
la citoyenneté dans le monde arabe. Une citoyenneté privée
de ses droits de participation aux décisions et à la vie
publique. Par conséquent et d’un point de vue qui se soucie
de l’objectivité et du réalisme de l’approche, il faudrait
admettre que la crise de l’écrivain arabe ne peut être
dissociée de la crise des sociétés arabes.
L’approche
du président de l’Union, Mohamed Salmawy, explique cette
perspective englobante aspirant à un avenir meilleur :
« Notre patrie connaît aujourd’hui une phase décisive
de son histoire contemporaine, une phase charnière entre
deux époques. Une époque ancienne que les citoyens arabes
veulent tourner, qui a duré beaucoup plus qu’il ne faut,
et une autre époque, nouvelle, celle d’un avenir tant
espéré par le citoyen arabe qui s’attend à une réforme.
Une réforme à travers laquelle le citoyen arabe pourrait
retrouver son rôle authentique en participant efficacement
à la vie publique. Une participation dont les masses arabes
ont été privées pendant de longues années au niveau politique
et social ».
Cette
conférence a en effet déclenché des réactions opposées.
Ceux qui ne veulent regarder que vers un passé sombre
en ne cessant de se lamenter sur le sort de la culture
arabe et ceux, plus constructifs, qui regardent avec confiance
vers l’avenir et cherchent à améliorer l’image de la culture
arabe, très atteinte aux yeux du monde extérieur. En raison
notamment d’un état de sous-développement sociopolitique
et culturel latent et d’une insuffisance des efforts de
traduction en mesure de mieux présenter toute une civilisation. |
Khaled
Abdel-Azim |
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Le
doyen des écrivains syriens primé |
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Au moment où les pressions
américaines et internationales se font de plus en plus
insistantes sur la Syrie, l’octroi du prix de l’Union
des Ecrivains Egyptiens (UEE) à l’écrivain syrien Hanna
Mina prend une signification toute particulière. En choisissant
le nom de Hanna Mina pour ce tout nouveau prix, l’UEE
ne réaffirme pas seulement sa solidarité avec un peuple
arabe actuellement dans la ligne de mire de Washington,
mais rend également hommage à une certaine vision du panarabisme
incarnée par l’œuvre du doyen des écrivains syriens.
Largement autodidacte,
détenteur d’un simple diplôme de l’école primaire, Hanna
Mina avait su en effet refléter dans son œuvre la souffrance
des opprimés dont il avait partagé la vie quotidienne,
en tant que manœuvre puis marin dans le port de Lattaquié,
ou encore réparateur de bicyclettes, entre autres petits
boulots. Engagé politiquement, Hanna Mina faisait partie
de ceux qui espéraient que les pouvoirs arabes socialisants
sauraient aller plus loin dans leur soutien aux opprimés.
La signification du prix qui vient de lui être attribué
n’en est que plus claire : contre l’arrogance insolente
de l’impérialisme américain, mais aussi contre la suffisance
des nouveaux riches à l’époque du néolibéralisme triomphant.
Très ému lors de la remise du prix, mais aussi fatigué,
l’écrivain a cependant tenu à remercier les autorités
égyptiennes et l’UEE pour l’accueil qu’il a reçu en Egypte.
Les autres prix sont d’une
valeur moindre, 10 000 L.E. pour le prix du roman, attribué
à l’écrivaine égyptienne Soheir Al-Mousadafa pour Lahw
al-abalissa (Jeu de diables), ainsi que pour le prix de
la poésie classique qui va au poète Emad Ghazali pour
son recueil Zil laysa laka (Une Ombre qui ne t’appartient
pas), celui de la poésie en dialecte à Ibrahim Radwan
pour Achaar bil ammiya al-darga (Poèmes en dialectal).
Deux prix d’excellence, d’une valeur de 20 000 L.E. chacun,
ont été attribués au romancier Fouad Hégazi et au poète
Kamal Nachaät. Deux prix, d’une valeur de 5 000 L.E.
chacun, le prix Mohamed Salmawy et le prix Hussein Fawzi
Al-Naggar vont respectivement à Mohamad Saad Bayoumi pour
sa pièce de théâtre Wa yantasser al-mawt (Et la mort vaincut)
et Siham Bayoumi pour Ayyam Al-Kabbouti (Les Jours de
Kabbouti). Enfin, le prix Abdel-Ghaffar Al-Mekkawi, d’une
valeur de 1 000 LE, sva à l’écrivain
Ibrahim Al-Husseini Osman .
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Dina
Heshmat |
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