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Congrès. Afin d’aider les pays arabes à surmonter le problème de la mauvaise gestion environnementale, l’Organisation Arabe pour le Développement Administratif (OADA) a tenu sa 4e rencontre sur la gestion environnementale, du 20 au 22 novembre, à Manama, Bahreïn. Des représentants de 13 pays y ont pris part. Etat des lieux.
Vers une gestion environnementale arabe
Manama,
De notre envoyée spéciale —
Préserver l’environnement à travers un système d’administration intégré a été le thème de cette manifestation qui s’est tenue sous le haut patronage du cheikh Abdallah bin Hamad Al-Khalifa, président de l’Organisme général de défense de la richesse marine, de l’environnement et de la vie sauvage. « Notre choix de cette année est très important car ce qui se passe dans le monde arabe mérite qu’on s’y arrête pour mettre les points sur les i et fonder les bases d’une vraie gestion environnementale dans la région », relève à cet égard Mohamad bin Ibrahim Al-Twigri, directeur général de l’OADA. Il ajoute que la gestion environnementale dans la plupart des pays arabes obéit à l’initiative individuelle, non à celle des gouvernements, ce qui leur donne un aspect temporaire. Voire, pour lui, cette gestion est un chaos total. Et il en cite les aspects les plus dramatiques : « Qui peut imaginer que dans ces pays, qui sont pour la plupart désertiques, on construit les immeubles sur les terrains agricoles ? Ceci n’est qu’un exemple mais la liste des mauvaises décisions est très longue ».

Or, il semble que la question est que chacun fait cavalier seul. Le gouvernement, le secteur privé et la société civile agissent chacune de manière indépendante de l’autre, ce qui empêche une gestion intégrée du problème. Comment peut-on donc faire pour régler cette question et administrer parfaitement les affaires écologiques ? Dix-sept communications présentées et discutées durant la conférence ont proposé des solutions.


Une participation égyptienne effective

Les études présentées par les experts ont couvert plusieurs domaines comme celui des forêts et de l’arborisation, la sensibilisation et le développement durable, ainsi que la durabilité des ressources en tant que responsabilité commune.

Il était remarquable que parmi les dix-sept communications, sept étaient présentées par des Egyptiens, dont le Dr Ibrahim Abdel-Guélil, professeur à l’Université du Golfe arabe et directeur du programme de la gestion environnementale à l’université. Il a fait deux interventions, l’une portait sur la responsabilité sociale du secteur des affaires et l’autre sur le commerce et l’environnement.

Une autre recherche sur la stratégie de l’action environnementale dans le gouvernorat de Béni-Souef a été présentée par Medhat Tanios, directeur général de l’environnement au gouvernorat. « Notre gouvernorat est parmi les premiers à avoir établi un plan de travail environnemental. C’est une expérience très riche que j’ai vécue dès 2002. Le plan doit se prolonger jusqu’en 2017 », déclare Tanios. Il s’agit de programmes à appliquer pour entraîner et sensibiliser les ONG et les traiter comme partenaires dans le processus de la gestion environnementale.


Une expérience-pilote

« Le plan vise à mettre un terme aux problèmes environnementaux les plus fréquents, comme la pollution de l’air, de l’eau et les déchets solides et bien d’autres. Pour réaliser ce but, on a commencé par la formation de 45 comités locaux, responsables de réaliser les étapes du plan », explique Tanios.

De plus, le Dr Khaled Abou-Zeid, directeur du Partenariat égyptien de l’eau et directeur du Programme régional de l’eau au sein du Centre de l’environnement et du développement pour la région arabe et l’Europe (CEDARE), a présenté une communication très intéressante qui explique la situation des pays arabes en ce qui concerne la préparation des plans nationaux de la gestion complète des ressources hydrauliques. « Je me demande pourquoi la presse des pays arabes ne s’intéresse-t-elle pas à tout ce qui est régional malgré le fait que les affaires régionales soient d’une importance majeure ? Car presque tous les pays arabes vivent en dessous du seuil de la pauvreté en eau et il est temps qu’ils échangent leurs expériences dans les différents domaines de l’environnement, notamment dans le domaine de l’eau », souligne le Dr Abou-Zeid.

Lors de ce congrès, l’inscription des candidatures pour le prix de l’Arabie saoudite dans le domaine de la gestion environnementale a été ouverte. Ce prix, remis tous les deux ans, sera distribué lors de la 5e Conférence arabe pour la gestion environnementale à Beyrouth, en août 2006.

Sa valeur est de 160 000 dollars : « L’année dernière, une compagnie égyptienne privée a remporté le prix consacré à ce secteur », a déclaré Abdel-Réhim Allam, coordinateur général de la conférence et représentant du secrétariat technique du prix de l’Arabie saoudite .

 

Dalia Abdel-Salam

3 questions à

Dr Ibrahim Abdel-Guélil, professeur à l’Université du Golfe arabe, directeur du Programme de la gestion environnementale.

Al-Ahram Hebdo : Où en est le monde arabe de la gestion environnementale ?

Dr Ibrahim Abdel-Guélil : Au début, il faut assurer que l’environnement est l’un des trois angles du triangle du développement durable. Quand nous parlons aujourd’hui d’environnement, nous ne parlons pas de la nature ou des ressources, mais de l’investissement et du commerce international. Les gens maintenant parlent de l’environnement dans le contexte de la mondialisation qui refuse les frontières géographiques et même politiques. En ce qui concerne la gestion environnementale, avant de demander s’il y a dans le monde arabe une vraie gestion environnementale, il faut se demander si dans le monde arabe il y a des cadres humains capables de remplir cette tâche.

— Le monde arabe possède-t-il des cadres pareils ?

— Malheureusement pas. Car l’absence de cadres a mené à l’absence de tout le système de la gestion environnementale. La raison est simple, les programmes d’enseignement actuels sont pour la plupart traditionnels et démodés. Résultat : le monde arabe souffre d’un manque de spécialistes capables de gérer l’environnement et de réaliser les buts du développement durable à tous les niveaux. Lors des réunions et des conférences internationales, je constate que les Arabes ne sont pas au courant de ce qui se passe partout dans le monde, surtout en ce qui concerne le développement durable. Je crois que tout ce qui nous manque, c’est d’accorder plus d’importance à l’enseignement relatif à la gestion environnementale. Il faut enseigner aux jeunes Arabes les problèmes environnementaux aux niveaux national, régional et international. Ensuite, il fallait les pousser à chercher des solutions techniques et politiques. C’est-à-dire qu’il faut tout un processus d’enseignement pour préparer des spécialistes capables de gérer l’environnement.

— Un tel enseignement n’existe-t-il pas ?

— Bien sûr, l’Université du Golfe arabe a pris l’initiative et a créé un programme pour la gestion environnementale il y a deux ans et dont je suis moi-même le directeur. Mais à mon avis, le monde arabe doit déployer plus d’efforts pour augmenter le nombre d’universités qui enseignent la gestion environnementale afin de pouvoir réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement

Propos recueillis par
D. S.

 

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