Le
second tour de la deuxième phase des législatives s’est déroulé
en début de semaine dans neuf gouvernorats. Or, de nombreuses
organisations civiles égyptiennes qui observent les élections
ont enregistré au début de la deuxième phase des plaintes
selon lesquelles les appareils de sécurité auraient traité
les électeurs avec sévérité. Et par conséquent, de nombreux
électeurs auraient quitté les bureaux de vote avant de pouvoir
donner leur voix. Certains juges ont également signalé ce
type de méfait et sont allés jusqu’à menacer d’interrompre
le processus de vote. Ceci a notamment eu lieu dans des bureaux
où la police aurait interdit l’entrée aux électeurs. Par conséquent,
des bureaux sont restés fermés pendant de longues heures.
La police a aussi imposé un blocus de sécurité autour de certains
bureaux, ce qui a poussé les électeurs à partir.
Or,
durant le premier tour de cette même phase, il y a eu de nombreux
actes de violence. Ces mêmes organisations civiles et juges
s’étaient alors plaints de ce qu’ils ont appelé « l’alignement
exagéré des hommes de sécurité » qui auraient permis aux détracteurs
et autres trouble-fêtes de pénétrer dans les bureaux de vote
et d’endommager les urnes. Certains juges ont même reçu des
menaces. Or, pour développer notre expérience démocratique
et pour garantir l’intégrité du processus électoral, les appareils
de sécurité doivent assumer leur rôle, c’est-à-dire sécuriser
le processus électoral et garantir un climat sûr pour les
citoyens. Et ce en préservant le calme et la sécurité et en
facilitant l’entrée et la sortie des électeurs. Bref, nous
réclamons aux forces de sécurité de faire leur travail qui
consiste à garantir la sécurité de la société et à appliquer
la loi. Mais ce qui s’est produit lors de ce second tour est
différent de ce qui s’est passé durant le premier tour. Les
appareils de sécurité ont exagéré dans leur sévérité au point
d’entraver le processus de vote, ce qui a provoqué les juges.
Si la passivité des appareils de sécurité est refusée, la
sévérité l’est aussi, puisque le processus de vote n’a pu
fonctionner de façon normale dans certaines circonscriptions.
Nous
avons besoin que tous les appareils d’Etat soient profondément
convaincus de l’importance du transfert démocratique et du
fait que cette opération nécessite que chaque appareil ait
un rôle important à assumer en vue de mener à bien notre expérience
démocratique.