Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Kiosque

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie
Carrefour
de Mohamed Salmawy
Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Femmes
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Kiosque. La violence qui a accompagné la deuxième phase des élections législatives fait les manchettes de la presse cette semaine.
Le bâton ou ... le bâton

On ne peut plus alarmant : « Inquiétude et malaise dans la rue économique, avec la percée des Frères », « La crainte du Club des magistrats », « Le PND dans l’impasse », « La guerre contre le pluralisme », « Les milices ... et le jeu des élections ! », « La dernière démocratie », « La baltaga est-elle l’unique solution ? », « Les limites de la montée du mouvement des Frères musulmans », « Qu’arrivera-t-il si les Frères gouvernent l’Egypte ? », « Le scandale des élections invalides ». Et Al-Masri Al-Yom de s’interroger : « Qui saigne le plus ? ».

La violence, la percée confirmée des Frères et la colère des magistrats ont été au menu de cette deuxième phase des élections. En effet, conformément à la loi, les bureaux de vote doivent être contrôlés par des magistrats. « Pourquoi demander la protection de l’armée ? », titre en une et en rouge l’hebdomadaire nassérien Al-Arabi. « Les magistrats ont tous les droits de demander au gouvernement de faire appel à l’armée pour protéger les bureaux électoraux ... Il s’agit de stopper l’insécurité survenue dans plusieurs circonscriptions électorales. Cet appel des magistrats marque le danger dans lequel le pays se trouve, et l’armée est le garant de la sécurité, surtout après que la police est devenue un instrument aux mains du parti au pouvoir », souligne Mohamad Hammad dans Al-Arabi.

Tout en noir, l’hebdomadaire Al-Osboue annonce : « Le décès de la démocratie ». L’éminent écrivain Youssef Al-Qaïd défend dans le même organe les juges, des « humains », selon lui. Et d’ajouter que « le travail des juges est ici politique au premier degré, car du contrôle des élections sortira un nouveau Parlement. Nous ne devons donc pas en vouloir à ces juges qui veulent sortir de l’ombre et dire quelques vérités ».

Nombreux sont les éditorialistes qui réclament soit un réveil de l’Etat, soit une surveillance internationale des élections. Parmi eux, Abbass Al-Tarabili, dans le quotidien Al-Wafd, « exige de l’Etat, si toutefois il est sérieux, du régime, et du gouvernement la poursuite de tous ces baltaguis, afin de protéger la suite des élections. Il est regrettable que ces élections soient les plus mauvaises de l’histoire de l’Egypte, où a régné la démocratie de l’achat des voix ». D’ailleurs, Farouq Goweida déplore lui aussi dans Al-Alam Al-Yom « le silence face aux actes de violences. Tous ces baltaguis doivent être punis ». Salah Montasser, dans Al-Ahram, avance des solutions : « Le scrutin par liste et non le scrutin individuel. Ce dernier est le plus mauvais des systèmes pour l’Egypte ».

Certains analystes dénoncent par ailleurs la responsabilité du PND : « Le PND a aussi sa part de responsabilité », explique Mohamad Hassan Al-Alfi dans Nahdet Misr. Il ajoute que « le PND n’a pas mis au point un plan pratique pouvant faire face au courant islamiste. Plus encore, il a permis, sous le voile de la démocratie et le prétexte du libéralisme, d’offrir la chance au courant fasciste de se propager ». L’avocat et parlementaire Chawqi Al-Sayed va encore plus loin dans le quotidien Rose Al-Youssef, en demandant au gouvernement « de garantir la vie des citoyens en nettoyant le climat de toutes les milices ... Comment le gouvernement a-t-il permis au courant religieux de se former en organisation fondée sur des bases religieuses ? ».

Pour remédier à toutes ces irrégularités, Magdi Méhanna propose dans son éditorial du journal indépendant Al-Masri Al-Yom « un contrôle international des élections, aux côtés des juges égyptiens. D’autant plus que ces derniers ont avoué leur incapacité à laisser les électeurs voter ... bien plus, nos juges font parfois l’objet d’attaques. Le contrôle international est la solution, en attendant d’apprendre comment avoir des élections transparentes ».

Les résultats des législatives, qui doivent s’achever le 7 décembre, ont confirmé une percée spectaculaire des Frères, qui inquiète largement la presse. Mais cela ne devrait pas empêcher le PND du président Moubarak de garder in fine la haute main, à environ 70 %, sur le nouveau Parlement.

Hoda Ghali
Retour au sommaire

Fenêtre sur le monde

Près de trois mois après le retrait israélien, la bande de Gaza s’est ouverte vendredi sur le monde extérieur avec la remise en service du terminal de Rafah, à la frontière avec l’Egypte, lors d’une cérémonie présidée par le leader palestinien Mahmoud Abbass. La réouverture du terminal, unique point de passage vers l’Egypte, met fin à l’enfermement des 1,3 million d’habitants du territoire palestinien dont Israël a achevé de se retirer le 12 septembre dernier, après 38 ans d’occupation.

L’ouverture de la frontière donnera aussi un coup de fouet à l’économie moribonde et dépendante d’Israël de ce territoire palestinien exigu. Elle devrait contribuer à faire baisser le chômage qui a augmenté de 38 % depuis le retrait israélien. Le nombre de camions chargés d’exportation palestinienne devrait augmenter de 75 % puisqu’Israël n’autorisait le passage que de 40 camions par jour. L’Autorité palestinienne devrait en outre recueillir annuellement des millions de dollars en taxes et droits de douane au terminal.

Le terminal, point de transit obligatoire pour tout Palestinien se rendant de la bande de Gaza à l’étranger, avait été fermé quelques jours avant le début du retrait, à la mi-août, de l’armée israélienne, qui contrôlait la frontière palestino-égyptienne. Un accord israélo-palestinien permettant la réouverture du terminal, et qui prévoit notamment le déploiement d’observateurs européens, a été conclu à l’arraché le 15 novembre sous l’égide de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, qui effectuait une visite dans la région.

L’accord sur le terminal de Rafah reste cependant inachevé. D’autres arrangements prévus par cet accord doivent être finalisés, notamment les mesures permettant l’exportation des produits agricoles palestiniens, la facilitation des mouvements de biens et de personnes entre la bande de Gaza et la Cisjordanie, la remise en état de l’aéroport de Rafah, gravement endommagé par l’armée israélienne, ou encore la construction d’un port à Gaza.

Si ces discussions « techniques » pourraient trouver prochainement une solution, les discussions politiques sur un règlement définitif du conflit israélo-palestinien devraient en revanche rester au point mort au moins jusqu’au printemps prochain, après la tenue des élections législatives dans les territoires palestiniens, le 25 janvier, et en Israël, le 28 mars. Les résultats de ces deux scrutins majeurs décideront de la suite à donner au processus de paix, dans l’impasse depuis bien longtemps ....

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631