On ne peut
plus alarmant : « Inquiétude et malaise dans la rue
économique, avec la percée des Frères », « La crainte
du Club des magistrats », « Le PND dans l’impasse »,
« La guerre contre le pluralisme », « Les milices ...
et le jeu des élections ! », « La dernière démocratie
», « La baltaga est-elle l’unique solution ? », « Les
limites de la montée du mouvement des Frères musulmans
», « Qu’arrivera-t-il si les Frères gouvernent l’Egypte
? », « Le scandale des élections invalides ». Et Al-Masri
Al-Yom de s’interroger : « Qui saigne le plus ? ».
La violence,
la percée confirmée des Frères et la colère des magistrats
ont été au menu de cette deuxième phase des élections.
En effet, conformément à la loi, les bureaux de vote
doivent être contrôlés par des magistrats. « Pourquoi
demander la protection de l’armée ? », titre en une
et en rouge l’hebdomadaire nassérien Al-Arabi. « Les
magistrats ont tous les droits de demander au gouvernement
de faire appel à l’armée pour protéger les bureaux électoraux
... Il s’agit de stopper l’insécurité survenue dans
plusieurs circonscriptions électorales. Cet appel des
magistrats marque le danger dans lequel le pays se trouve,
et l’armée est le garant de la sécurité, surtout après
que la police est devenue un instrument aux mains du
parti au pouvoir », souligne Mohamad Hammad dans Al-Arabi.
Tout en
noir, l’hebdomadaire Al-Osboue annonce : « Le décès
de la démocratie ». L’éminent écrivain Youssef Al-Qaïd
défend dans le même organe les juges, des « humains
», selon lui. Et d’ajouter que « le travail des juges
est ici politique au premier degré, car du contrôle
des élections sortira un nouveau Parlement. Nous ne
devons donc pas en vouloir à ces juges qui veulent sortir
de l’ombre et dire quelques vérités ».
Nombreux
sont les éditorialistes qui réclament soit un réveil
de l’Etat, soit une surveillance internationale des
élections. Parmi eux, Abbass Al-Tarabili, dans le quotidien
Al-Wafd, « exige de l’Etat, si toutefois il est sérieux,
du régime, et du gouvernement la poursuite de tous ces
baltaguis, afin de protéger la suite des élections.
Il est regrettable que ces élections soient les plus
mauvaises de l’histoire de l’Egypte, où a régné la démocratie
de l’achat des voix ». D’ailleurs, Farouq Goweida déplore
lui aussi dans Al-Alam Al-Yom « le silence face aux
actes de violences. Tous ces baltaguis doivent être
punis ». Salah Montasser, dans Al-Ahram, avance des
solutions : « Le scrutin par liste et non le scrutin
individuel. Ce dernier est le plus mauvais des systèmes
pour l’Egypte ».
Certains
analystes dénoncent par ailleurs la responsabilité du
PND : « Le PND a aussi sa part de responsabilité »,
explique Mohamad Hassan Al-Alfi dans Nahdet Misr. Il
ajoute que « le PND n’a pas mis au point un plan pratique
pouvant faire face au courant islamiste. Plus encore,
il a permis, sous le voile de la démocratie et le prétexte
du libéralisme, d’offrir la chance au courant fasciste
de se propager ». L’avocat et parlementaire Chawqi Al-Sayed
va encore plus loin dans le quotidien Rose Al-Youssef,
en demandant au gouvernement « de garantir la vie des
citoyens en nettoyant le climat de toutes les milices
... Comment le gouvernement a-t-il permis au courant
religieux de se former en organisation fondée sur des
bases religieuses ? ».
Pour remédier
à toutes ces irrégularités, Magdi Méhanna propose dans
son éditorial du journal indépendant Al-Masri Al-Yom
« un contrôle international des élections, aux côtés
des juges égyptiens. D’autant plus que ces derniers
ont avoué leur incapacité à laisser les électeurs voter
... bien plus, nos juges font parfois l’objet d’attaques.
Le contrôle international est la solution, en attendant
d’apprendre comment avoir des élections transparentes
».
Les résultats
des législatives, qui doivent s’achever le 7 décembre,
ont confirmé une percée spectaculaire des Frères, qui
inquiète largement la presse. Mais cela ne devrait pas
empêcher le PND du président Moubarak de garder in fine
la haute main, à environ 70 %, sur le nouveau Parlement.