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Ethiopie-Erythrée. Le Conseil de sécurité de l’Onu a enjoint ces deux pays, sous peine de sanctions, de faire preuve de retenue dans leur différend.
Appels au calme

Sous l’égide de l’Onu, de hauts responsables militaires éthiopiens et érythréens se sont rencontrés cette semaine, alors que les relations entre les deux pays voisins de la Corne de l’Afrique sont extrêmement tendues. Cette réunion de la Commission de Coordination Militaire (CCM) a lieu plusieurs fois par an sous l’égide de la Mission des Nations-Unies en Ethiopie et en Erythrée (MINUEE).

Cette réunion, qui a eu lieu le vendredi 25 novembre, à Nairobi était la première de la CCM depuis que la Minuee fait état, depuis le mois dernier, d’une situation « tendue et potentiellement explosive ». Aucune information n’était disponible sur la teneur des entretiens de vendredi, mais selon un responsable de la Minuee, un communiqué sera publié. La Minuee a affirmé jeudi dernier qu’un petit groupe de soldats éthiopiens était resté cinq jours dans la Zone de sécurité temporaire, sous mandat onusien et située en Erythrée le long de la frontière, avant de s’en retirer.

La situation s’est gravement détériorée depuis octobre, quand Asmara a imposé des restrictions de vol aux hélicoptères de la Minuee et a limité les patrouilles des Casques bleus à la frontière. Le Conseil de sécurité a enjoint mercredi 23 novembre les deux pays, sous peine de sanctions, de faire preuve de retenue dans leur différend et exigé de l’Erythrée qu’elle cesse d’entraver le travail de la Minuee. Cette interdiction limite la capacité d’observation de la Minuee, déployée à la frontière entre les deux pays. Mais, le gouvernement érythréen a annoncé jeudi dernier qu’il ne lèvera pas son interdiction de vol des hélicoptères de la Minuee, malgré les menaces de sanctions du Conseil de sécurité dans une résolution adoptée la veille. « La résolution ne brandit aucune menace contre l’Ethiopie si elle n’accepte pas la démarcation de la frontière (érythréo-éthiopienne). C’est une recette pour davantage de conflits », a déclaré Yemane Gebremeskel, directeur de cabinet du président érythréen Issaias Afeworki. La résolution demande aussi à l’Ethiopie d’accepter un tracé frontalier établi par le droit international en 2002, mais sur ce point elle ne brandit pas la menace de sanctions. De son côté, le ministère érythréen des Affaires étrangères reproche, dans un communiqué, au Conseil de sécurité « une logique perverse » qui aboutit à « une résolution asymétrique » favorable à Addis-Abeba.

De l’autre côté, le conseil appelle également les deux parties « à faire preuve de la plus grande retenue et s’abstenir de recourir à la menace ou à l’usage de la force l’une contre l’autre ». Il demande qu’elles reviennent à un niveau de déploiement de leurs forces équivalent « à ce qu’il était le 16 décembre 2004 ». « Nous espérons que les deux pays comprendront ce à quoi ils s’exposent et qu’ils se calmeront », a déclaré l’ambassadeur de Grèce à l’Onu, Adamantios Vassilakis, dont le pays est l’auteur de la résolution. Son homologue américain, John Bolton, a estimé que la résolution poursuivait deux objectifs essentiels. D’une part, elle exige que l’Erythrée s’abstienne d’utiliser l’existence de la force de maintien de la paix (de l’Onu) comme un instrument pour résoudre le différend frontalier. Deuxièmement, le conseil doit agir efficacement pour résoudre les différends politiques qui donnent lieu à la création de ces forces, « c’est pourquoi le texte demande à l’Ethiopie de remplir son engagement de 2000 d’accepter la décision de la commission frontalière. Cette question aurait dû être réglée en 2002 ».

Aux termes d’un accord de paix conclu en décembre 2000 à Alger, après une guerre de deux ans qui avait fait quelque 80 000 morts, les deux pays s’engageaient à respecter la décision finale et obligatoire de démarcation de la frontière, qui serait prise par une commission indépendante. Cette dernière a publié un tracé en 2002 mais jusqu’à ce jour, Addis-Abeba le conteste et la démarcation n’a toujours pas commencé. De sa part, l’Erythrée a plusieurs fois averti qu’un nouveau conflit était imminent en raison du refus éthiopien d’accepter ce tracé .

Maha Salem

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