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Gabon.
Face à une opposition divisée, l’actuel président Omar Bongo
devrait remporter sans difficulté les présidentielles de dimanche
dernier. |
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Un scrutin sans surprise
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Les
électeurs gabonais ont voté très timidement dimanche 27 novembre
pour l’élection présidentielle, dont le chef de l’Etat sortant
Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis trente-huit ans, est le
grandissime favori face à une opposition divisée.
Doyen des chefs d’Etat africains, Omar Bongo,
69 ans, affrontait dans ce scrutin à un seul tour quatre candidats
dont les plus sérieux sont le radical Pierre Mamboundou, 59
ans, et l’ancien baron de son régime Zacharie Myboto, 67 ans,
récemment passé à l’opposition. Principal enjeu d’une consultation
considérée comme acquise pour le président Bongo, la participation
des électeurs gabonais inscrits a paru très modeste dans les
villes. « La participation est très faible, notamment dans la
capitale », a noté sous couvert de l’anonymat un observateur
africain du scrutin. « C’est le signe évident d’une très grande
lassitude politique ». Partageant le même avis, un membre de
l’état-major présidentiel a concédé : « Tout a été calme, un
peu trop calme même. La mobilisation observée dans les meetings
de notre candidat ne s’est pas traduite dans les urnes, c’est
la leçon numéro 1 de ce dimanche », a-t-il affirmé.
En effet, la campagne électorale officielle,
qui n’a duré que treize jours, l’a été au seul bénéfice du président
sortant, tant les moyens déployés pour assurer sa réélection
étaient faramineux. Alors qu’Omar Bongo et sa coalition hétéroclite
de plus de 40 partis ont monopolisé médias publics et espaces
publicitaires, les candidats d’opposition ont eu le plus grand
mal à tenir des meetings. Barricades, jets de pierres, avions
« disparus », places publiques déjà louées par la majorité présidentielle,
l’opposant Mamboundou, et l’ex-baron du régime passé dans l’opposition
Myboto, ont dû annuler nombre de réunions publiques, accusant
le pouvoir de les « empêcher de battre campagne ».
La campagne s’est tendue sur sa fin, chaque
déplacement de MM. Mamboundou et Myboto étant émaillé d’incidents.
Le ministère de l’Intérieur a interdit les marches jusqu’au
scrutin. Déjà largement favorisé par le mode de scrutin majoritaire
à un tour, opportunément modifié en 2003, Omar Bongo a pu traverser
le pays à un rythme effréné grâce à une impressionnante flotte
aérienne. Durant sa campagne électorale, Omar Bongo a multiplié
les promesses en matière d’emploi, de santé, d’éducation, etc.
Face à ce rouleau-compresseur, l’opposition n’a pu présenter
qu’un front divisé avec, outre MM. Myboto et Mamboundou, les
candidatures anecdotiques des chefs de deux petits partis, Augustin
Moussavou King et Christian Maroga.
Arrivé deuxième avec 16,5 % des suffrages lors
de la présidentielle de 1998, le « pur et dur » Mamboundou a
fait campagne sur le thème « quarante ans, ça suffit », espérant
rallier la grande majorité de nombreux laissés-pour-compte du
boom pétrolier.
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Sur le même registre,
l’ex-ministre Myboto a dénoncé la « gabegie et la corruption
» du régime. Mais ses détracteurs l’ont accusé de critiquer
un système dont il a été l’un des principaux artisans. Les deux
têtes d’affiche de l’opposition ont brandi la menace d’une fraude
massive en préparation pour le scrutin. Tous deux ont assuré
que leurs partisans ne se laisseraient pas voler la victoire.
La garde rapprochée du président-candidat a riposté en les accusant
de préparer des troubles sitôt proclamée la victoire de leur
champion.
Les Gabonais n’ont
suivi que de loin ces joutes électorales, pour la plupart convaincus
du succès d’un homme dans lequel ils ne semblent plus placer
grand espoir pour, après 38 ans de pouvoir, inverser la tendance
à l’appauvrissement du pays. L’élection a relancé les spéculations
sur la succession d’Omar Bongo. L’intéressé a fait savoir qu’il
proposerait « trois ou quatre » dauphins parmi lesquels ils
pourront choisir son successeur. Mais s’est bien gardé de dire
quand il le ferait.
Le scrutin à peine
clos, les adversaires du camp présidentiel, qui ont accusé pendant
toute la campagne le pouvoir de préparer la fraude, ont immédiatement
commencé à faire état de multiples tricheries. « J’ai constaté
et on m’a rapporté une litanie de comportements et d’incidents
qui laissent présager d’une fraude massive et sauvage de la
part du pouvoir », a déclaré le représentant du candidat Myboto
à la CNE, Paul Marie Gondjout.
Les Gabonais, dont
une large majorité vit dans la pauvreté malgré des revenus pétroliers
dopés par la hausse des prix du baril, ne se sont pas passionnés
pour un scrutin qu’ils considèrent comme joué d’avance et qu’ils
pourraient donc très largement bouder.
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| Maha
Salem |
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