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Kosova.
Les négociations en cours sur le futur statut de cette province
serbe à majorité albanaise s'annoncent difficiles.
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Positions inconciliables
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« Je ne suis pas un faiseur de miracles ».
Les propos de l'envoyé spécial de l'Onu chargé des négociations
sur le statut futur du Kosova, le Finlandais Martti Ahtisaari,
donnent d'ores et déjà le ton : les pourparlers s'annoncent
longs et difficiles. En effet, Martti Ahtisaari va tenter l'irréconciliable
lors de sa navette diplomatique délicate qui a commencé la semaine
dernière. La durée de ces négociations n'a pas encore été fixée.
« Le processus durera tant que nécessaire. Soyez prêts à aborder
de nombreuses questions importantes telles que la protection
des minorités, la décentralisation et les conflits sur la propriété
», a dit M. Ahtisaari aux négociateurs des deux parties.
A 90 % d'origine albanaise, la population du
Kosova souhaite l'indépendance de la province, une solution
que les Serbes, qui considèrent la province comme le berceau
de leur culture et de leur histoire, rejettent catégoriquement.
Administrée par l'Onu depuis juin 1999, Kosova demeure pourtant
un important foyer de tension dans les Balkans. Vendredi, M.
Ahtisaari a avoué à Belgrade que les difficultés qui attendent
les négociateurs requièrent beaucoup de patience de la part
de Belgrade et de Pristina, capitale du Kosova.
Lundi 21 novembre, l'envoyé onusien a commencé
sa première visite dans la région pour marquer le coup d'envoi
des négociations. Mercredi dernier, il s'est entretenu avec
des représentants serbes du Kosova, au lendemain d'entretiens
avec des responsables albanais. Jeudi, il s'est rendu à Belgrade
où il s'est entretenu avec le président serbe Boris Tadic, le
premier ministre serbe Vojislav Kostunica et le patriarche de
l'Eglise orthodoxe serbe, Pavle. L'envoyé spécial de l'Onu va
poursuivre sa tournée la semaine prochaine en Albanie, en Macédoine,
puis à Moscou pour s'entretenir avec le ministre russe des Affaires
étrangères, Sergueï Lavrov.
Jusqu'à présent, la date d'une première rencontre
directe éventuelle entre les deux parties est toujours inconnue.
« Je ne pense pas que l'on peut forcer les gens à se parler
directement s'ils ne le veulent pas. Il est encore trop tôt
pour spéculer sur les résultats de ces pourparlers », a tempéré
l'envoyé de l'Onu.
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Un vrai casse-tête
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Selon les analystes,
il s'agit d'un vrai casse-tête pour les négociateurs vu l'éloignement
des positions des parties belligérantes. Côté albanais, la position
est très claire : toutes les forces politiques réclament l'indépendance
de la province. Le 17 novembre, le Parlement du Kosova a adopté
une résolution soutenant l'idée de la création d'un Etat kosovar
indépendant et souverain. Résolution catégoriquement rejetée
par la Serbie-Monténégro. Le Parlement serbe a même adopté,
la semaine dernière, une résolution dans ce sens, proposant,
en revanche, une large autonomie pour la province. « Accorder
l'indépendance à la région constituerait une violation du droit
international et provoquerait une chaîne d'événements dramatiques
dans la région des Balkans, ainsi que dans l'Europe et le monde
entier », a affirmé le ministre serbe des Affaires étrangères,
Vuk Draskovic.
Dans une tentative
de trouver une solution au problème, le président serbe, Boris
Tadic, a dévoilé, vendredi, un plan prévoyant de définir deux
entités au sein du Kosova : « une entité albanaise et une autre
serbe qui serait directement liée à Belgrade ». M. Tadic a déclaré
que son plan représentait le seul moyen de satisfaire à tous
les principes : préserver l'intégrité territoriale de la Serbie,
protéger les citoyens serbes dans la province et respecter les
intérêts des Albanais en leur octroyant une autonomie substantielle.
Or, cette proposition a été d'emblée rejetée par le côté albanais
ainsi que par la mission de l'Onu au Kosova (Minuk). « Les efforts
visant à diviser le Kosova selon un critère ethnique représentent
une approche extrémiste au problème », a déclaré le premier
ministre albanais du Kosova, Bajram Kosumi, accusant Belgrade
d'être incapable de se distancer de la politique du précédent
régime de Slobodan Milosevic. Selon les experts politiques,
l'hypothèse d'une partition de la province, bien qu'elle soit
rejetée par la communauté internationale à l'heure actuelle,
pourrait être l'ultime recours en cas d'échec des négociations
.
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| Maha
Al-Cherbini |
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