Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Femmes
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Palestine. Le Fatah a désigné le leader incarcéré Marwane Barghouti parmi ses candidats aux législatives de janvier prochain. Un moyen de contrer le Hamas, mais aussi de faire pression sur Israël.

La carte Barghouti

A moins de deux mois des législatives palestiniennes, le mouvement Fatah du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, se prépare à ce rendez-vous électoral.

Des primaires se sont déroulées lundi dans la bande de Gaza pour choisir les 50 candidats du mouvement dans la bande de Gaza parmi 323 candidats. Vingt-cinq candidats se présenteront aux législatives au nom du Fatah dans les cinq circonscriptions électorales de la bande de Gaza et les 25 autres figureront sur une liste qui disputera le scrutin à la proportionnelle au niveau national. Vendredi, lors des primaires du Fatah en Cisjordanie, un des leaders du mouvement, Marwane Barghouti, emprisonné en Israël et condamné à vie pour implication dans des attentats, avait recueilli la majorité des suffrages.

Le choix de Marwane Barghouti devrait jouer un rôle central pour contrer les islamistes du Hamas lors des prochaines élections législatives palestiniennes. Considéré comme l’un des principaux inspirateurs de la seconde Intifada qui a débuté fin septembre 2000, M. Barghouti a été condamné le 6 juin 2004 à cinq peines de prison à vie par un tribunal israélien qui l’a reconnu coupable d’implication dans quatre attentats meurtriers. Mais son incarcération n’a pas porté atteinte à son importance sur l’échiquier politique palestinien. En effet, samedi, lors des primaires partielles du Fatah, M. Barghouti a recueilli 96 % des suffrages à Ramallah, soit 7 000 voix, s’imposant de manière écrasante en tête des 45 candidats pour sa circonscription. Le score réalisé par Marwane Barghouti équivaut à un véritable plébiscite et il pourrait s’imposer comme la tête de liste du Fatah, même devant le premier ministre Ahmad Qoreï.

D’autre part, le Fatah, qui domine le Parlement actuel, aura fort à faire lors des élections face au Hamas, qui se présente aux législatives pour la première fois. Le mouvement, créé par l’ancien président palestinien Yasser Arafat, a en fait besoin de Barghouti. Selon les analystes, le Fatah réduirait ses chances aux élections si Barghouti ne devait pas jouer un rôle central dans sa campagne, même si cela devait créer des tensions entre Israël et les Palestiniens. En dépit des cinq peines de prison à vie auxquelles il a été condamné, un ministre israélien n’a pas exclu dimanche que Marwane Barghouti soit un jour libéré dans le cadre d’un accord de paix avec les Palestiniens. « En politique, il ne faut jamais dire jamais », a affirmé à la radio publique le ministre des Transports, Meïr Shetrit. « Si nous parvenons avec les Palestiniens à un accord de paix final, que le terrorisme cesse et qu’un calme total règne, une grâce pourrait être envisageable », a affirmé M. Shetrit, qui a rejoint Kadima, le nouveau parti du premier ministre israélien Ariel Sharon. De même, selon l’avocat de Barghouti, Khader Shqirat, Israël serait en train d’étudier la possibilité de libérer le leader palestinien.

Toutefois, les déclarations à ce sujet sont contradictoires. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, a de son côté exclu catégoriquement la libération de M. Barghouti. La même position a été prise par le président israélien qui a estimé que « le fait d’avoir été élu ne constitue pas une raison suffisante pour être amnistié ». Et pour que Barghouti recouvre la liberté, il faudrait qu’il bénéficie d’une grâce du président israélien et du ministre de la Justice.

En fait, pour les Palestiniens comme pour les Israéliens, Barghouti est le seul rempart contre le Hamas. Et c’est justement cette carte que joue l’Autorité. Pour le Fatah, l’élection, voire le plébiscite de Barghouti, constituerait un bouclier qui empêcherait la montée en flèche du mouvement islamiste lors des prochaines législatives. Une éventualité que craint plus que tout l’Etat hébreu, qui jusque-là a tout fait pour empêcher le Hamas de participer aux élections. Toutefois, cette interdiction étant impossible, Tel-Aviv doit désormais chercher un autre moyen pour freiner le Hamas. Pour certains, comme le chef du parti Meretz (opposition de gauche) Yossi Beilin, il est « temps de le libérer », compte tenu du fait qu’il est « l’un des principaux leaders palestiniens » et qu’il est « le seul rempart contre le Hamas, notre ennemi commun » .

Abir Taleb

Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631