Le cinéma libanais
s’affiche au Caire avec sept films représentant la production
libanaise de ces dix dernières années, commençant par le film
Tornado (Le Tourbillon), réalisé par Samir Habachi en 1992,
l’une des facettes du come-back du cinéma libanais sur la
scène internationale après 16 ans de guerre civile.
Si le cinéma
libanais a vu le jour dans les années 1930 avec le premier
long métrage Aventures d’Elias Mabrouk, il a également produit
des films au lendemain de l’indépendance, en 1941, marchant
sur les pas du cinéma égyptien. Toutefois, l’essor du cinéma
au Liban a vraiment eu lieu au début des années 1960, avec
la nationalisation des institutions en Egypte qui pousse les
capitaux à investir dans le cinéma libanais. Plus de 30 films
sont alors produits en moins de cinq ans, mais sans éclat.
La politique
a ensuite obsédé les cinéastes libanais avec les prémices
de la guerre civile, au début des années 1970. Citons entre
autres : Beyrouth Ya Beyrouth (Beyrouth, Beyrouth), de Maroun
Bagdadi, qui a eu un grand écho sur les deux plans, arabe
et international.
Ce genre d’essais
ne s’est répété avec une telle force qu’au début des années
1990 avec, à titre d’exemple, la réalisatrice libanaise Jocelyne
Saab et son film Il était une fois Beyrouth ou encore Jean-Claude
Codsi, réalisateur de Histoire d’un retour (1994). Puis, ces
dix dernières années, le cinéma libanais s’est caractérisé
par des thèmes parfois idylliques pour attirer le plus grand
nombre de cinéphiles, mais toujours politisés. Parmi ce genre
de films projetés sur les écrans du Festival, citons entre
autres West Beirut (Beyrouth-Ouest) de Ziad Doueiry. Situé
aux premiers jours de la guerre civile en 1975, ce film raconte
l’histoire de l’adolescence volée de deux garçons et de leur
copine.
Toujours à Beyrouth
et pendant la période de la guerre, Autour de la maison rose,
réalisé par Khalil Joreige et Joanna Hadjithomas en 1999,
l’un des films importants du panorama, raconte l’histoire
d’un vieux palais du quartier de Matbaa, appelé la Maison
rose. Deux familles s’y sont réfugiées au début de la guerre
civile, et la bâtisse restera témoin de la déformation sociale
et psychologique d’un peuple meurtri par la guerre.
Inévitablement,
la guerre teinte presque tous les films du panorama : Lamma
hekyet Maryam (Quand Maryam a raconté) de Assaad Fouladkar,
L’Ombre de la ville réalisé par Jean Chamoun en 2000, Maarek
hob (Au Champ de bataille) réalisé en 2004 par Danielle Arbid,
et le film le plus récent, Zozo, réalisé cette année par Joseph
Farès.
Ces longs métrages
relatent tous une période de déséquilibre total durant laquelle
le cinéma libanais était presque muet.
Aujourd’hui,
la guerre est finie. Pourtant, le cinéma libanais souffre
toujours, mais du manque de financement. Seuls deux longs
métrages sont produits en moyenne par an, et cinéastes comme
cinéphiles restent sur leur faim.
Cette absence
de financement de l’Etat libanais double la souffrance d’un
cinéma en renaissance, au passé amer, qui doit se battre pour
son avenir.