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La vie mondaine

Festival international du film du caire . Sa 29e édition, du 29 novembre au 9 décembre, offre un large éventail avec 141 films à l’affiche et un bouquet de panoramas et de sections.
L’âge de maturité

15 films de nationalités différentes concourent pour le grand prix du festival, « La Pyramide d’or », dont un premier long métrage du Yémen intitulé Un Nouveau Jour à l’ancienne Sanaa, et un film iraqien, Ahlam. Cela marque un retour sur la scène du cinéma iraqien, éclipsé de presque toutes les manifestations culturelles depuis l’occupation américaine. Cette fiction autofinancée porte sur l’histoire d’une vieille femme iraqienne, Ahlam, qui, privée de nouvelles de son fils parti au champ de bataille, ne cesse de cultiver l’espoir de renaissance de son pays ravagé par la guerre, en prenant soin de son second fils handicapé. Le scénario résume le défi de tout un peuple face à une guerre qui le condamne. Le même objectif dramatique est utilisé dans un film finlandais, Mother of Mine (Une Mère pour moi), qui transcrit les incidences désastreuses de la guerre sur la vie et l’avenir des individus. De même, les problèmes socio-nationaux rejaillissent sur la trame d’un film albanais, Magic Eye (Œil magique).

D’autre part, la compétition comprend les œuvres des habitués du festival. On y trouve l’Allemagne avec son film Seeds of Doubt (Dangers prévus), la France avec les Poupées russes, la Hongrie avec le film Who the Hell is Bonnie and Clyde (Qui sont Bonnie et Clyde ?), la Grèce avec Rakushka (Coquillage) et l’Italie avec Door of the Seven Stars (La Porte des sept étoiles). De même l’Inde, qui va lancer un débat houleux sur le terrorisme commis au nom de l’islam avec son film In the Name of God (Au nom de Dieu). La Russie sera représentée aussi par le film The Time to Pick Up the Stones (Le Temps de ramasser les pierres), alors que la Chine, invité d’honneur de cette édition, mettra en avant-scène son film A Bright Moon (Une lune brillante). Quant à l’Egypte, habituellement peu présente en quantité, n’a en compétition que le film Laylet soqout Baghdad (La Nuit de la chute de Bagdad). Néanmoins, le film est attendu après ses démêlés avec la politique et la censure. Celle-ci l’a qualifié de « version pornographique immature de la politique », alors qu’il fut largement apprécié par le Comité de sélection du festival.

Présidé par le réalisateur chinois He Ping, le jury de cette édition regroupe le réalisateur écrivain allemand Percy Adlon, auquel le Festival rend hommage, également les comédiennes : la Russe Svetlana Khodtchenkova, la Grecque Thalia Argiriou, la Libanaise Carmen Lebbos, héroïne du film Zozo, et la grande comédienne égyptienne Samiha Ayoub. Le jury compte aussi parmi ses membres le comédien et réalisateur indien Akbar Khan, la productrice hollandaise Petra Goedings, le compositeur italien Manuel De Sica et le réalisateur égyptien Yousri Nasrallah.

Le Festival rendra hommage à des vedettes du cinéma national et international, tels la comédienne française Leslie Caron, le comédien américain Morgan Freeman, le réalisateur russe Karen Shakhnazarov et les comédiens égyptiens Omar Al-Chérif, Gamil Rateb, Loubna Abdel-Aziz et le scénariste Wahid Hamed.

Au programme qui compte 150 films figurent nombre de sections et de panoramas. Ainsi prend place la section Arabes qui ont réussi sur la scène cinématographique internationale. Elle met en relief un éventail de films signés par des réalisateurs arabes. Tels que Hani Abou-Assaad avec son film hollandais Paradise Now (Le Paradis maintenant), Mohamad Bakri avec son film palestinien Private (Privé), Rachid Belhadj et son film For Bread Only (Pour le pain seulement), ainsi que son héros le comédien Saïd Taghmaou, le Palestinien Rachid Masharawi avec son nouveau film Waiting (Attente) qui a rencontré un franc succès à sa projection à la dernière édition du Festival du film de Thessalonique. Sous le même label figurent également Omar Naïm avec son film américain The Final Cut, Samir Gamaleddine avec le film Suisse Snow White (Blanche-Neige). Mais celui qui va défrayer la chronique est le film suédois Zozo, réalisé par Joseph Farès, salué dans de nombreux festivals. Youssef Chahine sera aussi de la cohorte avec son dernier film Alexandrie New York.

Par ailleurs, un nouveau panorama, Les Grandes Figures politiques à l’écran, présente un bouquet de films américains, coréens, allemands et égyptiens, portant sur les carrières des leaders et des grands noms politiques.

Un marché de films, des colloques, des débats et des ateliers artistiques sont prévus également. Ainsi, le festival remplit sa vocation d’embrasser différentes visions et expressions du cinéma du monde, offrant aux spectateurs une occasion rare de se régaler en liberté de la diversité.

Yasser Moheb

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La griffe du dragon
Le Festival rendhommage au cinéma chinois, qui fête cette année son centenaire. Coup de projecteur sur un cinéma devenu la coqueluche des festivals internationaux.

Vingt-cinq films chinois seront projetés dès aujourd’hui sur les écrans du festival, dans le cadre d’un panorama spécial dédié au cinéma chinois, invité d’honneur cette année.

Le cinéma chinois peut être considéré parmi les plus importants du continent asiatique. Avec une production qui atteignait parfois les 150 films par an, le dragon chinois, comme le surnomment les critiques, réaffirme d’un jour à l’autre son contrôle du marché du film asiatique, et s’est hissé aux premiers rangs mondiaux des plus gros producteurs après les Philippines, l’Inde et les Etats-Unis.

Historiquement, c’est vers 1905 que certains essais de films quasi muets marquent le début à proprement parler d’une cinématographie chinoise.

Mais, si le cinéma chinois présente quelques films à thématique politique pendant la période des grandes guerres mondiales, ce n’est que dans les années 1960 qu’il connaît son grand succès avec des films d’action, comme à titre d’exemple Le Dragon en colère, Les Guerriers d’enfer ou Shani Kiriko.

Toutefois, le premier succès international du cinéma chinois reste la Palme d’or cannoise remportée en 1993 par le film Adieu ma Concubine de Chen Keige. Ce premier grand prix marquait la naissance d’une nouvelle génération de cinéastes dessinant un nouveau portrait à leur cinéma national, loin des thèmes purement locaux et des anciennes légendes, mêlant alors le patrimoine à la Chine d’aujourd’hui, avec ses progrès et son épanouissement social et culturel.

De nouveaux thèmes bien tissés qui caractérisent la palette des films que projettent les écrans du festival cette année. Citons entre autres : A Time to Remember (Une Epoque mémorable), Together (Ensemble), Warriors of Heaven and Earth (Guerriers du Ciel et de la Terre), Kung Fu Hustle (Kung Fu) et China Flowers (Fleurs de Chine).

Autant de films qui témoignent de la vitalité du cinéma chinois et qui nous permettent de suivre les différentes traces d’une production cinématographique passionnante, en quête d’identité tant d’un point de vue esthétique que thématique.

 

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