«
Je ne m’attendais pas à accomplir un tel exploit. Surtout que
mes coéquipiers les plus expérimentés, Tamer Tahoune et Moustapha
Nagati, ont été éliminés des premiers tours dès leurs premières
rencontres », s’étonne l’Egyptien Ahmad Nabil, 19 ans. Parti
la semaine dernière en Allemagne pour disputer les Championnats
du monde d’escrime (du 15 au 26 octobre dernier) avec l’unique
ambition de nouer des contacts, il a en effet réalisé une première
pour son pays et même pour le monde arabe en terminant 8e de
finaliste. Mais son exploit va bien au-delà. Car il a montré
une capacité hors norme à battre de solides joueurs du circuit.
Son trajet n’a
pas été facile. Mais il s’est néanmoins imposé face à de puissants
joueurs de différentes écoles comme celle de la République tchèque,
d’Italie et d’Angleterre. Lors des premiers tours, il a battu
l’Autrichien Mirk Christophe, n°1 mondial et favori au titre
de champion du monde. « Si je n’avais pas rencontré Christophe,
38 ans, beaucoup plus expérimenté que moi aux premiers tours,
j’aurais pu faire mieux que 8e de finaliste. Son jeu m’a beaucoup
fatigué ». Cette rencontre, relatée sur la une de la presse
sportive allemande, restera gravée dans sa mémoire.
Depuis 2001 que
Nabil fait tout pour démontrer son talent. Le Russe Alex Ticalvic,
ex-directeur technique de la sélection égyptienne, qui a mené
l’Egypte pour la première fois de son histoire en 8e de finale
des Championnats du monde par équipes, est le mentor de ce jeune
joueur. « J’ai beaucoup aimé cet entraîneur. Quand Ticalvic
a décidé de quitter l’Egypte, j’ai décidé à mon tour de partir,
à mes propres frais, avec lui, pour être pendant un certain
temps sous sa supervision et développer mon jeu. Cette année
a marqué le début de mon véritable succès ». De retour en Egypte
début 2003, Nabil n’a pas changé de son rythme d’entraînement,
mais a doublé sa participation aux grands tournois. Parvenir
à ce niveau n’aurait cependant pas été possible sans un talent
exceptionnel. « Nabil possède deux avantages très importants
: Il est gaucher, ce qui l’aide à contrôler le jeu, et est grand
de taille, 196 cm, ce qui l’aide également à contrôler le jeu
et à être plus rapide que son adversaire. Contrairement à ses
coéquipiers, Nabil possède aussi une forte capacité de concentration
», note Sameh Al-Agami, directeur technique de la sélection
seniors de l’épreuve épée.
Nabil reconnaît
par ailleurs que sans une détermination à toute épreuve, ses
performances n’auraient jamais été aussi bonnes. « J’aime l’escrime.
J’ai insisté à pratiquer ce sport bien qu’il soit très peu connu
en Egypte et peu rentable », dit-il. Armé de son nouvel exploit,
il espère bien entamer une nouvelle période pour l’escrime de
son pays. « Je veux prouver que mon succès n’est pas dû au hasard.
Je travaille depuis longtemps pour arriver à ce niveau et je
mérite de continuer sur cette voie ». Ahmad Nabil, un talent
à suivre.
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