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Basket-ball . Le championnat national seniors débute le 8 novembre. Ahmad Maréï, le directeur technique de Guézira, champion d’Egypte en titre, évoque la situation actuelle de son équipe.
« Vous assisterez à un style de jeu
complètement différent »

Al-Ahram Hebdo : Guézira est champion d’Egypte depuis deux saisons consécutives. Pensez-vous être en mesure de conserver le titre aussi cette année ?

Ahmad Maréï : Bien sûr. Je travaille depuis 3 ans pour que l’équipe conserve ses performances. Cette saison, et avant le championnat qui débutera mardi 8 novembre, j’ai tenu à la faire davantage progresser. J’ai fait évoluer le jeu, en fonction des différents styles américain et européen. Par ailleurs, j’ai appliqué de nouvelles techniques et tactiques. Vous assisterez à un style de jeu complètement différent. Cependant, si l’équipe est stable, cela est dû en grande partie au fait qu’elle possède des joueurs qui s’entendent, un staff technique très ambitieux et une administration flexible, alors que le budget du club n’est pas essentiellement consacré au sport.

— Plus concrètement, sur quoi repose le nouveau style de jeu de Guézira ?

— Avant, l’équipe se basait uniquement sur l’attaque. Du coup, la défense était inexistante. Il a donc fallu combler cette lacune. Il est évident que nous avons gagné le championnat la saison dernière grâce à notre efficacité défensive.

— Comment évaluez-vous vos adversaires traditionnels Ahli, Zamalek et Ittihad ?

— Pour le moment, je n’ai pas observé le jeu de mes adversaires. Ma technique consiste à ne pas trop forcer le jeu pendant le tour préliminaire et d’accélérer ensuite. Ce qui a souvent payé. Mais je crois que des clubs comme Sporting et Smouha pourront me causer des problèmes plus que les autres, car ils sont très déterminés à battre le champion en titre.

— Comment comptez-vous remédier au départ, l’année dernière, du meneur de jeu Khaled Al-Kerdani ?

— Lors de la dernière finale à 6 du championnat national, j’ai eu recours à un joueur de Guézira des moins de 20 ans qui s’appelle Mohamad Mahmoud, dit Moudi. C’est un pivot qui a prouvé son talent dès ses débuts en première division. C’est pourquoi je vais compter sur lui durant la prochaine période. Je pense aussi acheter des joueurs d’autres clubs.

— Guézira compte dans ses rangs des joueurs âgés et expérimentés comme Chérif Al-Sanadili et Ahmad Saqr. Ne croyez-vous pas que leur départ pourrait bouleverser l’équipe ?

— Ce n’est pas vrai, je compte aussi sur les jeunes joueurs comme les frères Guéneidi et Khaled Hamdi qui ont entre 23 et 25 ans. Mais je tiens à préciser qu’en Egypte, tout le monde pense qu’un joueur qui dépasse les 30 ans est vieux. Je suis convaincu que c’est faux. Nous ne sommes pas en danger comme c’est le cas pour Ahli, qui compte totalement sur de grands joueurs comme Tareq Khaïri et Chérif Ali.

— Le rythme du championnat national n’est-il tout de même pas plus difficile à suivre pour ces joueurs ?

— Le rythme du championnat national est soutenu pour tous les joueurs et pas seulement pour les plus âgés. Une quarantaine de matchs qui se suivent, c’est beaucoup. Après le long tour préliminaire, le premier tour se joue sous forme de matchs aller retour entre les 6 premiers du classement. Ce qui rend le championnat vraiment fatigant.

— La saison dernière, lorsque la fédération a donné la possibilité aux joueurs étrangers professionnels d’évoluer au sein des clubs égyptiens, vous avez été la seule équipe à ne pas y faire appel. Pourquoi ?

— Pour pouvoir se payer un joueur professionnel étranger, il faut avoir les moyens financiers. Un étranger doit être payé entre 20 et 30 000 dollars par mois. Quelle équipe de basket en Egypte peut débloquer cette somme ? On doit plutôt élever le salaire des joueurs égyptiens. Déjà, un joueur comme l’Alexandrin Ismaïl Ahmad, professionnel à Champville au Liban et payé entre 10 et 12 000 dollars par mois, refuse de revenir en Egypte à cause des bas salaires.

Chourouq Chimy
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