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Restauration
. Après sa remise en état, le palais
construit à Choubra, en 1808, par Mohamed
Ali pacha, vice-roi d’Egypte de 1805 à 1849,
reprend sa splendeur. Etat des lieux. |
| La
rose de Choubra sort de l’oubli |
| Au
nord du Caire, dans le quartier de Choubra
Al-Kheima, s’élève un des plus beaux palais
de Mohamed Ali. Un chef-d’œuvre architectural
et artistique dont la construction a duré
13 ans, de 1808 à 1821. Cette résidence, qui
donnait sur le Nil et qui est une œuvre du
célèbre architecte français Pascal Coste,
est un spécimen de style rococo avec des connotations
orientales et occidentales. « A l’époque de
ce grand wali de l’Egypte, Choubra n’était
en fait qu’une terre non exploitée par les
Egyptiens. Elle s’étendait du côté ouest du
Nil jusqu’au lac, à l’est, et n’était que
ruines de maisons ou terres abandonnées, notamment
par des Mamelouks. Dès son avènement au pouvoir
en 1805, Mohamed Ali accorda une importance
particulière à cet endroit du Caire. Et c’est
exactement là qu’il a construit ce palais,
planifié les rues qu’il a même planté esd’arbres
variés », raconte Mokhtar Al-Kassabani, professeur
du patrimoine islamique à l’Université du
Caire. L’ensemble du palais de Choubra est
composé de trois bâtiments aux appellations
exotiques : le palais de la Fontaine, celui
de la Montagne et la Tour de la saqia (roue
hydraulique). Ils sont entourés d’un jardin
très vaste d’une superficie de 45 feddans,
qui obéit à l’esthétique des jardins des palais
turcs. Vu la beauté et la particularité du
palais, il était donc essentiel de le restaurer.
« Pendant les travaux de restauration, nous
étions conscients d’en garder le caractère
authentique et de préserver celui de ses jardins
également », souligne Aymane Abdel-Moneim,
responsable du projet de restauration.
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Une
esthétique originale |
Le
plus beau des bâtiments est sans aucun doute
celui du Palais de la Fontaine ou Saraya Al-Fasqiya,
qui jouait le rôle de palais de campagne pour
Mohamed Ali. Il y recevait surtout les rois
des autres pays. Ce bâtiment se distingue
par une architecture exceptionnelle peu commune
dans toutes les construction d’Egypte. Au
centre de cette demeure se trouve un grand
bassin avec de grandes fontaines. « Pendant
la restauration, une barque a été trouvée.
Elle servait pour faire des promenades dans
ce grand bassin autour de la fontaine », ajoute
Aymane Abdel-Moneim. Autre caractéristique
de ce palais : les quatre pavillons situés
dans les quatre coins du bassin caractérisent
ce palais. Dans un coin se trouve une grande
salle à manger, dans un autre une salle de
style arabe, une troisième salle était consacrée
au billard, alors que la quatrième est le
Salon royal dont le parterre en bois d’amande
dégageait une véritable odeur d’amande fraîche
à l’époque. Le visiteur peut voir dans la
salle à manger quelques tableaux représentant
les portraits de Mohamed Ali, son épouse et
deux de ses fils.
Le
deuxième bâtiment du palais, qui porte le
nom de Borg Al-saqia ou la Tour de la Sakieh,
se trouve à l’ouest du Palais de la Fontaine
; celui-ci a été construit en 1811 et servait
non seulement à fournir de l’eau au palais,
mais aussi à irriguer les jardins des palais.
Le troisième bâtiment, qui porte le nom de
Saraya d’Al-Gabalaya ou le Palais de la Montagne,
avec une vue superbe sur le Nil, fut bâti
en 1836. Ce palais, construit sur une montagne,
ressemble à une pyramide à six degrés. A chaque
étape, se trouve un jardin avec ses vieux
arbres. En haut de la montagne perche le palais
avec ses salles de hauts plafonds et de couleur
saumon et bleu ciel. « Le Palais de la Montagne
servait comme lieu de résidence pour les invités
royaux de Mohamed Ali », explique Aymane Abdel-Moneim.
Les trois palais sont entourés de jardins
qui ont survécu jusqu’à nos jours. Des arbres
rares et anciens décorent tous les coins.
Dès l’entrée jusqu’à l’arrivée aux palais,
des lampadaires d’un vert gris se trouvent
sur les deux côtés des jardins et ont été
fabriqués sur le même modèle ancien de l’époque
de Mohamed Ali. « Les jardins, outre leur
beauté, ont servi aussi de laboratoire pour
les expérimentations agricoles », explique
Mokhtar Al-Kassabani. Ce qui explique entre
autres pourquoi après la Révolution une grande
partie du jardin a été consacrée à la faculté
d’agronomie. Aujourd’hui, après un dur travail
de quatre ans, le palais, restauré par des
spécialistes égyptiens, français, polonais,
et italiens, représente la perle illuminée
de Choubra Al-Kheima comme l’était ce palais
du XIXe siècle. Il sera consacré dorénavant
aux grandes célébrations, aux conférences
et à l’accueil des grandes personnalités en
visite en Egypte. |
Shérine
Mounib |
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