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Législatives 2005 . A la veille des élections, cinq principales forces se disputent la scène politique. Pour gagner, chacune tente de mettre à profit ses atouts tout en exploitant la faiblesse de l’autre. Etat des lieux.
La stratégie supra-électorale du front de l’opposition

Déterminés à faire face au Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) à travers la présentation d’une liste commune aux prochaines législatives, les forces politiques participantes au Front National Uni pour le Changement (FNUC) reconnaissent les limites de leur entreprise et les conséquences de l’absence de deux opposants de taille, à savoir les Frères musulmans et le parti Al-Ghad, qui présenteront leurs propres listes.

Onze partis et groupes politiques toutes tendances confondues, parfois même aux antipodes, ont essayé, tant bien que mal, de mettre de côté leurs divergences pour s’unir autour d’un seul et unique objectif : faire face aux candidats du PND lors des prochaines élections législatives. Le nombre de candidats investis pour les prochaines législatives a atteint les 320 candidats, couvrant 80 % des circonscriptions. Certaines circonscriptions (de 3 à 9 selon diverses estimations) font toujours l’objet de tractations entre les forces représentées sur la liste commune du FNUC.

Puisqu’il s’agit pour les groupes politiques du front d’éviter d’opposer leurs candidats respectifs, des règles ont été mises en vigueur pour leur permettre de tomber d’accord sur un candidat unique dans chaque circonscription pour concurrencer celui du PND. « Les chefs des partis, les anciens députés, les candidats malheureux ayant participé au deuxième tour lors des précédentes élections, ainsi que les personnalités à la popularité incontestable auront la priorité absolue de figurer sur la liste de la coalition, tout en préservant bien entendu un certain équilibre de représentativité entre les divers partis et forces participant au front », explique Aboul-Ela Madi, président du projet de parti d’Al-Wassat. « Pour les circonscriptions problématiques, le choix du candidat se fait après discussion, et la décision est prise à l’unanimité étant donné qu’il suffirait qu’une seule partie refuse pour opposer son veto sur le candidat choisi », ajoute le même responsable.

Le FNUC regroupe toutes les couleurs du spectre politique égyptien. Outre les trois principaux partis de l’opposition : le néo-Wafd (libéral), le Rassemblement (gauche) et le Parti nassérien, le front a attiré les nombreux mouvements revendiquant le changement qui ont proliféré cette année, notamment le mouvement Kéfaya et le Rassemblement national pour le changement démocratique, dirigé par l’ancien premier ministre Aziz Sedqi, ainsi que les partis naissants non encore reconnus d’Al-Wassat (de tendance islamiste) et d’Al-Karama (de tendance socialiste), ou encore le parti dissous du Travail (de tendance islamiste).

Loin de toute prédication d’ordre idéologique, le programme du FNUC repose sur « 10 principes pour le changement politique et constitutionnel », dont l’établissement d’un Etat démocratique et civil, la rédaction d’une nouvelle Constitution, une répartition des pouvoirs limitant celui du président de la République, la promotion des libertés politiques et publiques, la suppression des restrictions imposées sur la formation des partis et des associations civiles et sur la création des journaux, la lutte contre la corruption, etc., effleurant aussi les dossiers classiques de la réforme de l’enseignement, des services sanitaires, la lutte contre le chômage, la crise du logement et la corruption, etc.

Peu confiants à l’égard du gouvernement, qui promet la transparence (peut-être aussi en eux-mêmes), les dirigeants du FNUC, dans un retournement de position, ont demandé une observation internationale des prochaines élections, une idée qu’ils avaient exclue à l’unanimité lors des élections présidentielles. Cette demande sera envoyée au Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les droits de l’homme, ainsi qu’à des organisations non gouvernementales comme Amnesty International et Human Rights Watch.

Malgré les efforts déployés pour rassembler toutes les forces de l’opposition, deux forces de taille sont absentes de la liste commune de l’opposition, il s’agit des Frères musulmans et du parti Al-Ghad, dont le président est arrivé second lors des élections présidentielles de septembre, bien avant le président du néo-Wafd et porte-parole du FNUC, Noamane Gomaa. Les raisons affichées de cette double absence sont interprétées loin des différends idéologiques et personnels. Les Frères ont annoncé qu’il était trop tard pour s’engager dans des concertations alors qu’ils avaient déjà préparé leur liste électorale, et en ce qui concerne Al-Ghad, « le front a décidé de ne pas s’impliquer dans le conflit interne qui déchire le parti, dont la présidence est disputée entre Aymane Nour et Moussa Moustapha Moussa », explique le secrétaire général du Rassemblement, Hussein Abdel-Razeq.

Cela dit, tout le monde s’accorde à reconnaître que l’absence de ces deux partis affectera les chances de réussite électorale des candidats du front. C’est peut-être pourquoi les participants au FNUC s’emploient à modérer les attentes : « C’est une démarche réussie, mais qui devra être entretenue. Sous cette formule, l’opposition réalisera sans doute de meilleurs résultats, mais il ne faut pas se faire trop d’illusions. Les dirigeants du front sont déterminés à poursuivre leur concertation et leur pression pour parvenir au changement escompté, c’est là le vrai objectif », tempère Aboul-Ela Madi.

Dans la même optique, Mohamad Al-Sayed Al-Saïd, vice-directeur du Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, estime que les chances électorales du FNUC sont « extrêmement faibles ». « La vraie importance de ce front se situe plutôt au niveau politique, notamment en ce qui concerne la lutte en faveur des réformes démocratiques et constitutionnelles substantielles et d’un processus électoral transparent », ajoute-t-il. « A mon avis, l’opposition, les Frères musulmans compris, ne remportera pas plus de 80 sièges, mais le changement politique et constitutionnel ne se limite pas à une bataille électorale, il faut pousser encore plus loin le travail du front », renchérit Abdallah Al-Sennawi, rédacteur en chef d’Al-Arabi, organe de presse du Parti nassérien.

Autant dire que l’alliance de l’opposition est un projet à long terme qu’une maigre performance électorale ne suffirait pas à condamner à mort. C’est du moins ce que souhaitent ses promoteurs.

Chérif Albert

Al-Ghad dans le creux de la vague

S’étant posé comme le leader de l’opposition au lendemain des élections présidentielles du 7 septembre dernier, le parti Al-Ghad s’est engouffré depuis dans une série de luttes intestines. Son président, Aymane Nour, arrivé deuxième, loin après le président Moubarak, a perdu son aura de candidat à la présidence. A la veille des élections législatives, qui commencent la semaine prochaine, Nour essaye désormais de concentrer ses efforts pour sauver son parti et se montrer à la hauteur des espoirs qu’il a nourris auprès de ses sympathisants.

En lutte contre une scission au sein de son parti, qui commence à échapper partiellement à son pouvoir, faisant l’objet d’un procès en cours pour falsification de documents, délaissé par les Américains qui parlent moins de lui, Aymane Nour est au creux de la vague. Ses chances pour les législatives, et celles des candidats de son parti, pourraient être sensiblement réduites.

« Aymane Nour a déposé une demande à Aziz Sedqi (le rapporteur du FNUC) pour adhérer au front, au même moment Moustapha Moussa (qui dispute la présidence du parti à Nour) a déposé une demande semblable au nom du parti », raconte le secrétaire général du parti du Rassemblement, Hussein Abdel-Razeq, pour expliquer les raisons de l’exclusion du front d’Al-Ghad. Le rédacteur en chef d’Al-Arabi, organe de presse du Parti nassérien, estime de son côté qu’Al-Ghad a été exclu à cause de l’animosité que son président, Nour, avait nourrie à l’égard des autres leaders de l’opposition en adoptant un discours hautain à leur égard. Quelle qu’en soit la raison, AGhad est condamné à faire cavalier seul lors des prochaines législatives et ses candidats devront affronter ceux du FNUC, avec toutes les pertes que cela peut entraîner, au profit notamment du PND, qui a intérêt à voir s’affronter les factions de l’opposition.

Aymane Nour a beau essayer de minimiser les dissensions internes, cela ne change rien à la réalité. Essayant de se procurer les fonds nécessaires pour la campagne électorale, Nour a déposé une demande auprès du Comité des partis pour obtenir les quelque 100 000 livres annuelles accordées aux partis reconnus, or une autre demande a été déposée au nom de Moustapha Moussa en tant que « président du parti ». Aussi, après avoir mis l’organe de presse de son parti, appelé également « Al-Ghad », au service de ses batailles électorales et juridiques, Nour a tout simplement disparu des derniers numéros du journal qui affichent désormais en une les activités du président « parallèle ».

Au niveau des candidatures, Al-Ghad a investi 200 candidats couvrant près de 70 % des circonscriptions ; de son côté, le groupe dissident de Moustapha Moussa a investi 65 candidats. Une situation qui fera que certaines circonscriptions seront disputées par deux candidats se présentant chacun sous le label Al-Ghad, de quoi déconcerter les électeurs. En déroute, Aymane Nour se cherche des alliés pêle-mêle parmi les coptes, les Frères musulmans ou encore les dissidents du parti au pouvoir …

Par ailleurs, son procès, qui perdure depuis des mois et les audiences auxquelles il doit assister, dans le box des accusés, ne laissent pas beaucoup de temps à Aymane Nour pour régler les conflits au sein de son parti, ni pour faire campagne. Un procès « politiquement motivé », selon lui, dont le but unique est d’affaiblir et sa personne et son parti. Mais si Nour a bénéficié d’un soutien « international » lors des élections présidentielles, aujourd’hui, alors que les relations entre Le Caire et Washington se sont quelque peu réchauffées, sa cause semble avoir été oubliée par les Américains.

Certains espèrent que le procès de Nour lui garantira la sympathie d’un pan des électeurs, comme ce fut le cas lors des élections présidentielles, et que la scission provoquée par Moustapha Moussa restera confinée au « sommet », comme le pense notamment Wahid Abdel-Méguid, du Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. Seules les urnes diront si ces élections législatives auront marqué la fin du mythe Al-Ghad ou consacré le nouvel élan de cette jeune formation qui, à un moment donné, était appréhendée comme une menace par les caciques du pouvoir.

Chérif Albert

Le parti au pouvoir à l’épreuve

Les obstacles se multiplient sur le chemin du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) qui veut à tout prix préserver sa mainmise traditionnelle sur l’Assemblée de peuple. Malgré les conflits internes au sein du parti, une opposition qui serre les rangs et une double pression extérieure et intérieure qui minimise la marge de manipulation, le gouvernement espère obtenir une majorité confortable. Le PND a présenté 444 candidats couvrant la totalité des 222 circonscriptions.

Outre les 7 ministres investis, le parti a avancé plusieurs ténors de la « nouvelle génération » proche de Gamal Moubarak, dont notamment l’homme d’affaires Ahmad Ezz, ainsi que le président de la commission de l’éducation à l’Assemblée du peuple Hossam Badrawi, entre beaucoup d’autres grands noms. En revanche, 130 députés actuels ont été mis à l’écart pour donner lieu à l’ascension de 176 nouvelles figures, dont de nombreux jeunes, ce qui n’a pas manqué de provoquer des remous au sein du parti. Les membres non investis ont décidé de faire campagne comme candidats indépendants.

Ce problème est apparu la première fois lors les élections législatives de 2000 où les indépendants avaient obtenu plus de sièges que les investis. Le parti avait décidé alors de rallier ses déserteurs élus en tant qu’indépendants pour se garantir la majorité de l’Assemblée. Une solution peu éthique qui ne sera probablement pas utilisée en 2005 surtout que le parti a décidé de ne plus accepter dans ses rangs les candidats qui se présentent en dehors de ses listes officielles.

En effet, colère et indignation sont de mise dans les rangs des membres qui n’ont pas été choisis pour disputer les élections sous l’étendard du PND. Ils ont accusé les responsables du parti de privilégier leurs connaissances personnelles. D’autres partis politiques, comme Al-Ghad d’Aymane Nour, ont saisi l’occasion pour inclure les mécontents du PND dans leurs propres formations.

Nabil Abdel-Fattah, expert au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, explique : « Le PND affronte cette année 4 000 indépendants environ dont un grand nombre sont des membres écartés du parti. Il a pu convaincre certains d’entre eux de se retirer contre des positions au sein du parti mais le danger domine toujours ».

D’un autre côté, les indépendants de la confrérie des Frères musulmans sont un danger potentiel cette année pour le PND. « Ils ont maintenant une expérience des élections plus profonde. Ils présentent aussi de forts candidats qui ont une popularité dans plusieurs circonscriptions. Ils se caractérisent par leur organisation et utilisent l’islam dans leur discours électoral. De plus, les responsables du groupe, y compris le guide spirituel, ont procédé à de larges activités médiatiques et politiques pour annoncer leur position vis-à-vis des évolutions politiques. Le groupe, interdit officiellement, tentait d’engager un dialogue avec les autres forces politiques égyptiennes », affirme Nabil Abdel-Fattah en soulignant que tous ces facteurs vont rendre la vie dure au PND.

Le parti est confronté aussi à la concurrence acharnée du Front National Uni pour le Changement (FNUC) incluant onze partis et groupes parmi eux les libéraux du néo-Wafd, les marxistes du Tagammoe (Rassemblement) et les Nassériens. Abdel-Fattah pense que cette union ne constitue pas un grand danger pour le PND, d’autant plus qu’il existe beaucoup de conflits entre ses membres. La tâche ne semble pas facile pour le parti au pouvoir.

May Atta

Un premier test réel de popularité

Contrairement à l’an 2000, où la confrérie était obligée de faire profil bas, cette année c’est avec beaucoup de confiance que les Frères musulmans se présentent aux législatives.

Si la campagne électorale est lancée sous le slogan traditionnel « l’islam est la solution ! », cette formule magique a été néanmoins étayée par un vrai programme électoral distribué sur CD (modernisation oblige) et qui prévoit des solutions concrètes au chômage, à l’analphabétisme, à la pauvreté ainsi que le renforcement des libertés.

Aux élections législatives de 2000, les Frères ont évité une confrontation directe avec le Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) en présentant leurs candidats sous le label « indépendants », sans trop se déclarer. Cette année, ils ont décidé de se présenter en masse, en ne cachant pas leur appartenance. Outre les 150 candidats investis, il y a une liste de 170 candidats de l’ombre pour se prémunir contre des arrestations probables de candidats affichés.

Ils ont visé les circonscriptions-clés pour se présenter face aux figures emblématiques du PND. La confrérie se dit capable de remporter au moins 70 sièges au Parlement.

« Ce nombre n’est pas exagéré vu le poids et la popularité de la confrérie, notamment avec ce début d’ouverture démocratique que connaît le pays. Si ces élections ne sont pas entachées d’arrestations comme c’était toujours le cas, ce résultat sera obtenu », affirme Mohamad Habib, numéro deux de la confrérie.

Habib souligne également une coordination avec le Front uni de l’opposition. Selon lui, cette concertation évitera des confrontations inutiles entre les diverses forces de l’opposition et l’effritement des voix électorales. Habib donne des exemples concrets de cette coopération : à titre d’exemple, les Frères ont cédé la circonscription de Mit Ghamr au candidat du parti du Rassemblement ; il en est de même pour la circonscription de Manial qu’ils ont laissée à Magdi Ahmad Hussein, du parti dissous du Travail, de tendance isl.

Diaa Rachwan, chercheur au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, souligne le fait marquant de la participation massive des Frères. « Cette fois, la stratégie des Frères consiste à présenter le plus grand nombre possible de candidats, notamment dans le Delta, où ils ont été performants en 2000, et en Haute-Egypte où ils bénéficient d’un certain soutien populaire », affirme l’analyste. Mais pourront-ils passer de 17 à une cinquantaine de députés ?

« Il est prématuré de faire des prévisions », tempère Rachwan. D’après lui, tout montre que leurs chances sont bien meilleures qu’en 2000 : ils ne font plus l’objet de campagnes d’arrestations, les changements sur la scène politique leur donnent l’occasion d’avoir une présence dans la rue. Soulignons également que la falsification des résultats (qui a toujours porté préjudice aux Frères) sera très limitée à cause des pressions internationales (exercées sur le régime), explique-t-il.

Cela dit, les Frères ont certaines difficultés qui pourraient affaiblir leur situation. Plus de 100 de leurs cadres importants font l’objet de procédures judiciaires et peuvent être inculpés à tout moment. « C’est ce qui a empêché la confrérie de présenter des personnalités de taille comme Mokhtar Nouh, Mohamad Habib ou Essam Al-Eriane », note Rachwan.

« De toute façon, il s’agit d’une première épreuve réelle de la force et de la popularité des Frères musulmans, qui se sont toujours présentés en victimes des forces de sécurité. Toutes les possibilités sont ouvertes dans cette guerre pour l’existence politique des Frères musulmans », conclut-il.

May Al-Maghrabi

La force des indépendants

Sur les 4 000 candidats qui ont présenté leurs dossiers de candidature aux élections législatives cette année, plus de 3 000 sont des indépendants. Plusieurs centaines d’entre eux sont des anciens cadres de partis politiques (surtout le PND). Les indépendants peuvent-ils remporter un grand nombre de sièges ? En 2000, ils avaient remporté plus de la moitié des voix, obligeant le PND à les intégrer dans ses rangs pour conserver la majorité. Pour Heidar Boghdadi, ancien député nassérien, qui se présente aux élections en tant qu’indépendant après avoir démissionné de son parti, les indépendants obtiendront cette fois-ci plus de sièges qu’aux législatives passées : « Je suis sûr que les indépendants peuvent occuper plus de 150 sièges au Parlement, surtout avec les nouvelles mesures démocratiques qui garantissent des élections honnêtes comme le recours aux urnes transparentes et le contrôle juridique ».

C’est ainsi qu’augmentera, selon Boghdadi, la participation des gens aux élections, ceux-ci étant sûrs que leurs choix seront respectés. La plupart des indépendants ne sont toujours pas choisis en fonction de leurs programmes électoraux, mais en fonction des services qu’ils peuvent rendre aux citoyens de leur circonscription.

C’est cela, et cela seul, qui renforce leur popularité. Selon certains, la faiblesse des partis représente un autre avantage pour les indépendants. « La période passée a prouvé l’inefficacité de quasiment tous les partis politiques présents sur la scène. Il est évident que cette situation va pousser les gens à soutenir les indépendants », explique le Dr Chawqi Al-Sayed, député au Conseil consultatif. Et d’ajouter que les dernières législatives de 2000/2005 ont fourni la preuve de la puissance des indépendants qui, choisis par les électeurs, représentaient les deux tiers du nombre des députés.

Cette réussite s’explique aussi par le fait que les électeurs ont la conviction que le député indépendant est plus « libre » pour discuter de leurs problèmes que les députés appartenant aux différents partis. En fait, bien qu’à ces législatives les deux tiers des députés choisis aient été des indépendants, ce nombre a largement diminué après que le PND eut réintégré tous ceux qu’il avait exclus des listes électorales, et ceci afin d’obtenir la majorité. Ce scénario peut-il se répéter ? Cela n’est bien évidemment pas exclu.

Cependant, comme l’affirme Ahmad Kamel, ancien député indépendant, si les candidats écartés par le PND sont réintégrés par celui-ci, ils affronteront une forte opposition de la part de leurs collègues et de l’opinion publique. La formation d’un front uni par tous les députés indépendants a été envisagée. « Nous avons déjà pensé à cette idée aux dernières législatives et nous allons faire de notre mieux pour former un tel front avec un si grand nombre de députés », annonce Mohamad Khalil Koeita, député indépendant.

Pourtant, Amr Hachem, chercheur au CEPS d’Al-Ahram, pense que les indépendants auront une grande influence au Parlement, que les interpellations seront plus relevées. Cependant, il trouve en même temps peu probable la formation d’un front uni : « Les indépendants appartiennent à différentes tendances politiques : il y a ceux du Parti nassérien, ceux du PND, des hommes d’affaires et des députés qui ne cherchent au Parlement qu’une position sociale. C’est extrêmement compliqué de réunir toutes ces tendances en un seul front. Seuls les Frères musulmans qui se présentent sous l’étiquette des indépendants sont capables de réaliser une telle union », conclut-il.

La force des indépendants

Sur les 4 000 candidats qui ont présenté leurs dossiers de candidature aux élections législatives cette année, plus de 3 000 sont des indépendants. Plusieurs centaines d’entre eux sont des anciens cadres de partis politiques (surtout le PND). Les indépendants peuvent-ils remporter un grand nombre de sièges ? En 2000, ils avaient remporté plus de la moitié des voix, obligeant le PND à les intégrer dans ses rangs pour conserver la majorité. Pour Heidar Boghdadi, ancien député nassérien, qui se présente aux élections en tant qu’indépendant après avoir démissionné de son parti, les indépendants obtiendront cette fois-ci plus de sièges qu’aux législatives passées : « Je suis sûr que les indépendants peuvent occuper plus de 150 sièges au Parlement, surtout avec les nouvelles mesures démocratiques qui garantissent des élections honnêtes comme le recours aux urnes transparentes et le contrôle juridique ».

C’est ainsi qu’augmentera, selon Boghdadi, la participation des gens aux élections, ceux-ci étant sûrs que leurs choix seront respectés. La plupart des indépendants ne sont toujours pas choisis en fonction de leurs programmes électoraux, mais en fonction des services qu’ils peuvent rendre aux citoyens de leur circonscription.

C’est cela, et cela seul, qui renforce leur popularité. Selon certains, la faiblesse des partis représente un autre avantage pour les indépendants. « La période passée a prouvé l’inefficacité de quasiment tous les partis politiques présents sur la scène. Il est évident que cette situation va pousser les gens à soutenir les indépendants », explique le Dr Chawqi Al-Sayed, député au Conseil consultatif. Et d’ajouter que les dernières législatives de 2000/2005 ont fourni la preuve de la puissance des indépendants qui, choisis par les électeurs, représentaient les deux tiers du nombre des députés.

Cette réussite s’explique aussi par le fait que les électeurs ont la conviction que le député indépendant est plus « libre » pour discuter de leurs problèmes que les députés appartenant aux différents partis. En fait, bien qu’à ces législatives les deux tiers des députés choisis aient été des indépendants, ce nombre a largement diminué après que le PND eut réintégré tous ceux qu’il avait exclus des listes électorales, et ceci afin d’obtenir la majorité. Ce scénario peut-il se répéter ? Cela n’est bien évidemment pas exclu.

Cependant, comme l’affirme Ahmad Kamel, ancien député indépendant, si les candidats écartés par le PND sont réintégrés par celui-ci, ils affronteront une forte opposition de la part de leurs collègues et de l’opinion publique. La formation d’un front uni par tous les députés indépendants a été envisagée. « Nous avons déjà pensé à cette idée aux dernières législatives et nous allons faire de notre mieux pour former un tel front avec un si grand nombre de députés », annonce Mohamad Khalil Koeita, député indépendant.

Pourtant, Amr Hachem, chercheur au CEPS d’Al-Ahram, pense que les indépendants auront une grande influence au Parlement, que les interpellations seront plus relevées. Cependant, il trouve en même temps peu probable la formation d’un front uni : « Les indépendants appartiennent à différentes tendances politiques : il y a ceux du Parti nassérien, ceux du PND, des hommes d’affaires et des députés qui ne cherchent au Parlement qu’une position sociale. C’est extrêmement compliqué de réunir toutes ces tendances en un seul front. Seuls les Frères musulmans qui se présentent sous l’étiquette des indépendants sont capables de réaliser une telle union », conclut-il.

Sabah Sabet
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