— Quelque temps après cette affaire, la construction
à venir d’un hôtel 5 étoiles, toujours à Marsa Alam, menaçant
les sites de Tondora et de Samadaï a été révélée. Le ministère
de l’Environnement n’a pas non plus bronché. Pourquoi ?
— Ce que je peux vous dire, c’est que selon
la loi de l’environnement n° 4 de l’année 1994, chaque nouveau
projet de construction ou d’aménagement du territoire doit présenter
à l’AEAE une étude sur son impact environnemental avant d’être
approuvé. Mais l’AEAE n’est cependant qu’un organe de conseil.
Son travail se limite à élaborer des plans, des stratégies et
à surveiller. Le vrai travail de protection de l’environnement
est de la responsabilité des ministères. Le projet de l’hôtel
en question doit d’abord présenter une étude sur l’impact environnemental
et il appartient à l’AEAE de l’étudier minutieusement pour évaluer
ses effets négatifs sur le site de Samadaï. Ce site est en effet
l’un des plus beaux de la mer Rouge qui abrite des familles
de dauphins. Il est très apprécié par les touristes. D’où l’importance
de le protéger.
— Il y a aussi le problème de la forêt pétrifiée,
près de Maadi, qui est menacée d’être détruite de moitié. Qu’en
est-il exactement ?
— La forêt pétrifiée est une réserve naturelle
d’une superficie de 6 kilomètres carrés. Elle a déjà été amputée
de plusieurs kilomètres carrés par les constructions d’habitations.
C’est pour sauver ce qui en reste qu’elle a été déclarée réserve
naturelle. Celles-ci sont protégées par deux lois : celle de
l’environnement et celle des réserves naturelles. Aujourd’hui,
personne n’est en mesure de leur porter atteinte et le gouvernement
accorde une importance croissante aux problèmes de l’environnement
et à la diversité biologique. Nous travaillons à la défense
de notre diversité biologique, c’est-à-dire de nos réserves.
Toutes ces affaires ne devraient pas faire autant de bruit.
—
L’AEAE a refusé l’installation d’une usine d’engrais à Tebbine
(Hélouan, nord du Caire). Mais des rumeurs font état de pressions
pour qu’elle soit finalement construite. Où est la vérité ?
— La vérité est que l’AEAE a refusé l’installation
de l’usine d’engrais à Tebbine pour une raison très importante,
à savoir que la région de Tebbine est déjà saturée par la pollution
et ne supportera pas une usine en plus. A Tebbine, il y a déjà
une usine de charbon qui nous cause déjà beaucoup de soucis.
Ce que je voudrais vous dire, c’est que non seulement nous avons
refusé d’installer l’usine d’engrais, mais nous nous sommes
aussi mis d’accord avec les propriétaires de l’usine de charbon
pour qu’ils changent de technologie afin de réduire les échappements
nocifs et qu’ils se conforment aux normes de la loi sur l’environnement.
A mon avis, c’est un pas très important qui coûtera au propriétaire
des millions mais qui aidera beaucoup à améliorer la qualité
de l’air dans la région.
— L’AEAE travaille maintenant depuis 7 ans
pour éradiquer le nuage noir qui se forme sur la capitale chaque
automne. Mais le ministre de l’Environnement dit que nous en
avons encore pour 5 ans. Pourquoi ?
— Le ministre de l’Environnement, Magued Georges,
est un militaire, c’est-à-dire un homme de fermeté et d’organisation.
Il a placé cette question du smog en tête de ses priorités.
Pour parvenir à une solution radicale, il a formé un comité
d’experts chargé de l’énumération des causes du phénomène, et
élaboré un plan pour remédier à chacune d’entre elles. Les experts
ont révélé que l’incinération en plein air des ordures figure
parmi les causes principales du smog. C’est pourquoi nous venons
de terminer les travaux de déblayage de 3 millions de mètres
cubes d’ordures autour du Grand-Caire. Une partie a été transférée
dans des décharges dans le désert. Le reste a été enseveli et
recouvert de verdure. En ce qui concerne la paille de riz, nous
avons fourni 280 compresseurs aux différents gouvernorats. Pour
plus de transparence, nous envoyons un rapport hebdomadaire
à la presse concernant les infractions de la semaine relatives
au smog.