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Kiosque. Cette semaine, la presse s’est faite l’écho de la campagne pour les élections législatives qui se dérouleront du 9 novembre au 7 décembre prochains.
Le compte à rebours a commencé

Les Egyptiens s’apprêtent à élire une nouvelle Assemblée du peuple. Sur 454 membres, ils devront désigner 444 députés. Les 10 autres sont nommés par le chef de l’Etat. Les titres de la presse illustrent bien l’enjeu de ces élections législatives : « Le nouveau visage du Parlement 2005 », « Beaucoup de promesses et trop de points d’exclamation », « Vers un retour du prestige du Parlement », « Les batailles électorales ont bel et bien commencé », « Le Front National Uni pour le Changement (FNUC) met en garde contre la falsification des élections », « La grippe aviaire et les élections du Parlement », « Le retour des dissidents ! ».

« Tous les indices portent à croire que la bataille électorale sera très féroce », souligne Hamdi Abdel-Aziz dans une grande enquête dans le magazine hebdomadaire Rose Al-Youssef. Abdel-Aziz explique que « la bataille électorale de l’Assemblée du peuple sera féroce, surtout depuis que le nombre des candidatures a dépassé les 4 000, dont 444 candidats du PND et 255 pour le FNUC. Ce qui signifie que plus de 3 300 candidats pour le Parlement sont des indépendants. Parmi ces derniers, il y a les dissidents qui protestaient contre le choix du parti sur leurs listes ».

Mais ce n’est pas là l’avis de tous. En effet, sur un ton très optimiste, l’éditorialiste d’Al-Ahram Ossama Saraya met en garde contre la confusion entre religion et politique. « Sachant que les élections législatives représentent un pas réel vers une concrétisation des réformes politiques, il existe aussi d’importants indices pour un changement dans le travail politique. Aussi bien le parti de la majorité que les partis de l’opposition devront s’accommoder avec ces changements nécessaires. Alors est-ce que ces mouvements qui confondent religion et politique pourront en faire autant ? », s’interroge Saraya.

Tolérés mais officiellement interdits, « ces mouvements » dont parle Saraya, sont les Frères musulmans qui ont affirmé leur intention de se confirmer par les urnes. Lamisse Al-Hadidi l’a dit d’ailleurs dans Al-Alam Al-Yom : « Ils sont malheureusement la principale et réelle force d’opposition qui cherche à obtenir 20 ou même 30 sièges dans le nouveau Parlement, alors que le reste de l’opposition n’en espère que 10 ». L’avocat des Frères musulmans Montasser Al-Zayat l’a dit dans le quotidien Rose Al-Youssef : « Nous entamons une nouvelle période, et nous avons besoin de députés courageux qui puissent demander des comptes au gouvernement, et cesser de le suivre aveuglément ».

S’il y a une chose sur laquelle les analystes sont d’accord, c’est bien l’unification des différents forces et courants. « L’Egypte se trouve donc au carrefour, et tous les courants, libéraux et démocratiques, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Etat doivent s’unir pour gagner le conflit contre le fascisme religieux », écrit Guéhad Oda dans le quotidien Al-Akhbar.

Reprochant aux politiciens le manque du caractère social dans leurs programmes, Youssef Al-Chérif s’interroge dans l’hebdomadaire Al-Osboue : « Pourquoi la santé du citoyen égyptien est-elle absente des programmes des partis et des candidats pour les élections législatives ? ».

Certains autres analystes comme Yéhia Al-Sayed ne veulent pas se faire trop d’espoir sur le nouveau Parlement. « Le nouveau Parlement pourra-t-il dessiner une image complète sur le développement et la culture du changement à l’heure des grands défis contemporains ? », demande Al-Sayed dans le quotidien Al-Ahrar. « Comment regagner l’image prestigieuse du Parlement ? », affirme le politologue Amr Hamzawi dans Al-Ahram, qui dit que « la mission sera difficile devant le nouveau Parlement 2005/2010, car la nouvelle Assemblée ne changera pas radicalement de l’ancienne. Les diverses tentatives pour l’hégémonie du parti au pouvoir sur le processus législatif ne disparaîtront pas pour autant. Mais la probabilité 15 ou 20 % pour l’opposition permettra cependant une évolution des mécanismes du travail de l’Assemblée ».

Nouveau test d’ouverture démocratique ou pas, les prochaines élections législatives seront déterminantes dans la vie politique du pays.

Hoda Ghali
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Dilemme iraqien

Saluée comme une étape « historique » pour l’Iraq, l’adoption par référendum de la Constitution est certes une avancée importante, mais la dure réalité d’un pays violent, aux fractures confessionnelles toujours plus profondes, risque de prendre rapidement le dessus. D’aucuns n’hésitent pas à parler d’un référendum qui « a divisé plus qu’uni le pays », alors que d’autres qualifient le texte de « Constitution confessionnelle qui va contribuer au glissement du pays vers une guerre civile ».

L’Administration américaine a joué les intermédiaires avant le référendum et poussé à un accord qui n’a permis de rallier au projet de Constitution qu’une seule formation sunnite, le Parti islamique iraqien. Les résultats du vote ont révélé une ligne de fracture qui correspond à la composition ethnique et confessionnelle du pays : les Kurdes et les chiites, fervents défenseurs du texte ont voté massivement pour, tandis que les provinces à majorité sunnite l’ont fortement rejeté.

Une nouvelle réalité que le représentant de l’Onu en Iraq, Ashraf Qazi, n’a pas manqué de relever. « Les résultats ont montré le degré de polarisation politique en Iraq. Cela pose un défi à tous les Iraqiens et met en évidence l’importance d’un dialogue national », a-t-il dit. Un dialogue que tente de parrainer la Ligue arabe, à travers son initiative de tenir une conférence d’« entente nationale ». Il s’agit de réunir les dirigeants des trois communautés chiite, kurde et sunnite et permettre un compromis afin de répondre aux demandes des Arabes sunnites sans franchir les lignes jaunes des Kurdes et des chiites.

La question de la participation des insurgés pose toutefois un problème, Bagdad y est catégoriquement opposé, au moins publiquement. N’empêche que malgré les démentis américains, les Etats-Unis sont engagés dans des discussions avec les insurgés. Washington est notamment poussé par son opinion publique à trouver rapidement une issue à son implication en Iraq. Plus de la moitié (53 %) des Américains estiment que la guerre en Iraq était « une erreur », selon un récent sondage. Et avec la barre des 2 000 soldats tombés dans le pays atteinte, les pressions de l’opinion américaine risquent de s’accentuer. D’autant plus que de l’avis de beaucoup d’analystes, mais aussi des généraux américains, les insurgés ne seront pas défaits par des moyens militaires, et que le combat se déroule aussi sur le terrain politique, économique et social.

 

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