Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Femmes
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Iran . Téhéran est de plus en plus dans la ligne de mire de la communauté internationale après des déclarations appelant à l’éradication d’Israël.
Le faux pas d’Ahmadinejad

Avant même de mettre fin aux suspicions cernant son dossier nucléaire, voilà que Téhéran ouvre un nouveau front avec l’appel de son président Mahmoud Ahmadinejad, à « rayer Israël de la carte ». Une déclaration qui a mis le feu aux poudres non seulement au niveau des responsables israéliens, mais aussi de l’ensemble de la communauté internationale, qui voit déjà plutôt d’un mauvais œil ce président jugé ultraconservateur.

Malgré le tollé soulevé par les déclarations d’Ahmadinejad et la condamnation vendredi par le Conseil de sécurité de l’Onu de ses propos, le président iranien a répété dimanche : « Nous n’avons fait que répéter les paroles des 27 dernières années, qui exprimaient les positions de l’imam Khomeiny, fondateur de la République islamique et du guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, actuel numéro un iranien », ajoutant que reconnaître Israël constituait un « crime impardonnable ».

Toutefois, la République islamique a lâché du lest en annonçant n’avoir aucune intention d’attaquer l’Etat hébreu. Une manière de tenter de réparer des dégâts diplomatiques considérables. « La République islamique d’Iran a pris des engagements envers la charte des Nations-Unies et n’a jamais recouru, ni menacé de recourir à la force contre aucun pays », a ainsi déclaré le président iranien.

Téhéran a cependant qualifié « d’inacceptable » la condamnation du Conseil de sécurité. Mais la plus vive réaction a été évidemment celle de l’Etat hébreu, qui a demandé l’expulsion de l’Iran de l’organisation internationale, en réponse aux propos du président iranien : « Un Etat qui appelle à l’extermination d’un autre peuple ne peut être membre des Nations-Unies. Un tel Etat qui détient l’arme nucléaire est un danger non seulement pour Israël et le Proche-Orient mais également pour l’Europe », a ainsi déclaré le premier ministre israélien Ariel Sharon.

Les dirigeants de l’Union Européenne (UE), réunis jeudi en sommet près de Londres, se sont également dits scandalisés par l’appel du président iranien. Le premier ministre britannique, Tony Blair, dont le pays préside l’UE jusqu’en décembre, a averti que si les Iraniens « continuent sur cette voie, les gens vont croire qu’ils sont une véritable menace à la stabilité et la sécurité en général ».

Saisissant l’occasion pour fustiger l’Iran, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a estimé que ces propos violent les principes de l’Onu à laquelle l’Iran appartient, et qu’il fallait « prendre ça au sérieux ». Les propos de M. Ahmadinejad « ne font que démontrer pourquoi nous essayons si fort d’empêcher l’Iran d’acquérir des technologies susceptibles de mener à un programme nucléaire militaire sous le couvert d’un programme nucléaire civil », a-t-elle poursuivi.

Les propos du président iranien ont même embarrassé la Russie, le plus sûr obstacle à un renvoi du dossier nucléaire au Conseil de sécurité de même que le Venezuela, un des plus proches alliés de l’Iran. Ainsi, avec ces dernières évolutions, le spectre des sanctions approche de plus en plus de l’Iran. Selon les analystes, les déclarations du président iranien vont nuire forcément aux efforts diplomatiques sur le dossier nucléaire iranien, à moins d’un mois d’une nouvelle réunion de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). Le 24 novembre, l’agence onusienne pourrait se prononcer sur un renvoi du dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité en vue d’une condamnation, voire de sanctions, comme le réclament de longue date les Etats-Unis et Israël. Comme d’habitude, la République islamique ne semble pas ébranlée par les menaces, son président déclarant, dimanche matin, que l’Iran n’entamera pas une suspension complète de ses activités nucléaires ultrasensibles qualifiant de « mensonge » l’argument des Occidentaux selon lequel il s’agirait d’une « mesure de confiance ».

Maha Al-Cherbini
Retour au sommaire
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631