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Avant
même de mettre fin aux suspicions cernant son dossier nucléaire,
voilà que Téhéran ouvre un nouveau front avec l’appel de son
président Mahmoud Ahmadinejad, à « rayer Israël de la carte
». Une déclaration qui a mis le feu aux poudres non seulement
au niveau des responsables israéliens, mais aussi de l’ensemble
de la communauté internationale, qui voit déjà plutôt d’un mauvais
œil ce président jugé ultraconservateur.
Malgré le tollé
soulevé par les déclarations d’Ahmadinejad et la condamnation
vendredi par le Conseil de sécurité de l’Onu de ses propos,
le président iranien a répété dimanche : « Nous n’avons fait
que répéter les paroles des 27 dernières années, qui exprimaient
les positions de l’imam Khomeiny, fondateur de la République
islamique et du guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, actuel
numéro un iranien », ajoutant que reconnaître Israël constituait
un « crime impardonnable ».
Toutefois, la République
islamique a lâché du lest en annonçant n’avoir aucune intention
d’attaquer l’Etat hébreu. Une manière de tenter de réparer des
dégâts diplomatiques considérables. « La République islamique
d’Iran a pris des engagements envers la charte des Nations-Unies
et n’a jamais recouru, ni menacé de recourir à la force contre
aucun pays », a ainsi déclaré le président iranien.
Téhéran a cependant
qualifié « d’inacceptable » la condamnation du Conseil de sécurité.
Mais la plus vive réaction a été évidemment celle de l’Etat
hébreu, qui a demandé l’expulsion de l’Iran de l’organisation
internationale, en réponse aux propos du président iranien :
« Un Etat qui appelle à l’extermination d’un autre peuple ne
peut être membre des Nations-Unies. Un tel Etat qui détient
l’arme nucléaire est un danger non seulement pour Israël et
le Proche-Orient mais également pour l’Europe », a ainsi déclaré
le premier ministre israélien Ariel Sharon.
Les dirigeants
de l’Union Européenne (UE), réunis jeudi en sommet près de Londres,
se sont également dits scandalisés par l’appel du président
iranien. Le premier ministre britannique, Tony Blair, dont le
pays préside l’UE jusqu’en décembre, a averti que si les Iraniens
« continuent sur cette voie, les gens vont croire qu’ils sont
une véritable menace à la stabilité et la sécurité en général
».
Saisissant l’occasion
pour fustiger l’Iran, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza
Rice, a estimé que ces propos violent les principes de l’Onu
à laquelle l’Iran appartient, et qu’il fallait « prendre ça
au sérieux ». Les propos de M. Ahmadinejad « ne font que démontrer
pourquoi nous essayons si fort d’empêcher l’Iran d’acquérir
des technologies susceptibles de mener à un programme nucléaire
militaire sous le couvert d’un programme nucléaire civil »,
a-t-elle poursuivi.
Les propos du président
iranien ont même embarrassé la Russie, le plus sûr obstacle
à un renvoi du dossier nucléaire au Conseil de sécurité de même
que le Venezuela, un des plus proches alliés de l’Iran. Ainsi,
avec ces dernières évolutions, le spectre des sanctions approche
de plus en plus de l’Iran. Selon les analystes, les déclarations
du président iranien vont nuire forcément aux efforts diplomatiques
sur le dossier nucléaire iranien, à moins d’un mois d’une nouvelle
réunion de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA).
Le 24 novembre, l’agence onusienne pourrait se prononcer sur
un renvoi du dossier nucléaire iranien devant le Conseil de
sécurité en vue d’une condamnation, voire de sanctions, comme
le réclament de longue date les Etats-Unis et Israël. Comme
d’habitude, la République islamique ne semble pas ébranlée par
les menaces, son président déclarant, dimanche matin, que l’Iran
n’entamera pas une suspension complète de ses activités nucléaires
ultrasensibles qualifiant de « mensonge » l’argument des Occidentaux
selon lequel il s’agirait d’une « mesure de confiance ». |