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L’iraq est littéralement
entré en campagne pour les élections législatives du 15 décembre
avec la présentation samedi de deux des cinq principales listes,
en majorité formées sur des bases confessionnelles et ethniques
qui vont se disputer les 275 sièges du futur Parlement.
Pas
moins de 400 listes ont été présentées vendredi à la Commission
électorale iraqienne pour les élections législatives du 15 décembre
qui verront la participation d’Arabes sunnites. Les grandes
listes, représentant les communautés chiite et kurde, qui ont
remporté les élections de janvier dernier, ont été reconduites
avec quelques changements, celle de l’ancien premier ministre,
le chiite laïque Iyad Allaoui, a été élargie à différents courants
non religieux. « Nous œuvrons pour un gouvernement fort et courageux,
capable de prendre des décisions et de les appliquer », a juré
M. Allaoui en déclarant que l’Iraq est multiethnique et multiconfessionnel,
alors que la constitution de pôles confessionnels risque de
plonger le pays dans des conflits internes et de conduire à
sa partition sur une base communautaire.
La liste iraqienne
de M. Allaoui prend le nom de la Liste nationale iraqienne et
a été élargie, autour de son parti, le Mouvement de l’entente
nationale, au Parti communiste, au groupe de l’homme politique
sunnite Adnane Pachachi (les Indépendants démocrates), des socialistes,
d’Iraqioun du vice-président sunnite Ghazi Al-Yaouar et d’autres
petites formations.
Ainsi, la liste
de l’Alliance iraqienne unifiée avait remporté les dernières
élections mais elle comptait alors le chiite libéral Ahmad Chalabi,
qui a décidé cette fois-ci de constituer sa propre liste. Cette
liste reçoit pour la première fois le renfort du courant du
chef chiite radical Moqtada Sadr et garde ses deux piliers,
le parti Dawa du premier ministre Ibrahim Jaafari et le puissant
Conseil Suprême de la Révolution Islamique en Iraq (CSRII) de
Abdel-Aziz Hakim, qui l’a conduite en janvier. Il a affirmé
que cette liste, qui comprend pour la première fois des représentants
de la mouvance radicale chiite, se présentait avec l’ambition
de former la première force dans le prochain Parlement.
Une autre liste,
celle des Kurdes, est formée autour des partis dominants du
nord de l’Iraq, à savoir le Parti Démocratique du Kurdistan
(PDK) du président de la région autonome Massoud Barzani et
de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK) du chef de l’Etat,
Jalal Talabani.
Après avoir boycotté
les élections de janvier, des Arabes sunnites ont également
déposé une liste, regroupant trois formations, dont le Parti
islamique iraqien, le principal mouvement représentatif de cette
communauté.
En dehors des quatre
grands blocs, peu de listes présentées disposent d’une base
électorale importante pouvant leur faire espérer des sièges
à l’Assemblée nationale.
Au moment de la
clôture des candidatures, un représentant du grand ayatollah
Ali Sistani a assuré que le plus prestigieux chef chiite en
Iraq restait neutre dans les élections. Lors du scrutin du 30
janvier, l’ayatollah Sistani avait soutenu la liste chiite qui
était sortie gagnante et M. Allaoui avait critiqué l’attitude
partisane des chefs religieux et demandé leur neutralité. La
sécurité, avec les services publics toujours déficients, doit
dominer la campagne électorale qui s’annonce très animée. D’autant
plus que la violence continue de faire des ravages dans le pays
aussi bien parmi les soldats américains que parmi les civils.
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