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Palestine
. Après une relative
période d’accalmie qui a suivi le retrait israélien
de la bande de Gaza achevé le 12 septembre dernier,
le regain de violence témoigne d’une nouvelle escalade
du pire. |
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Le cycle infernal |
La
détérioration de la situation dans les territoires
occupés est le meilleur signe de la peine qu’affrontent
les Palestiniens pour relancer la Feuille de route,
qui est devenue lettre morte. Les contacts entre
les deux parties sont gelés et la tenue d’une rencontre
prévue, mais déjà plusieurs fois reportée, entre
le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud
Abbass et le premier ministre israélien Ariel Sharon
semblait plus incertaine à cause de la poursuite
des offensives israéliennes. Deux activistes du
mouvement radical Djihad islamique ont été tués
dimanche lors d’une opération de l’armée israélienne
à Kabatiya, dans le nord de la Cisjordanie, après
une pause des violences ailleurs.
Ce faisant, les
Brigades Al-Qods, le bras armé du Djihad, ont menacé
dans un communiqué de frapper les localités israéliennes
de Sderot et d’Ashkelon, proches de Gaza, pour se
venger. Elles ont appelé tous les groupes palestiniens
à constituer un « front uni » face à Israël. Un
responsable du Djihad islamique à Gaza, Mohammed
Harzin, a brandi également la menace d’une riposte
armée, accusant Israël « d’avoir à nouveau violé
la trêve ». « Cet assassinat mérite une riposte
palestinienne et nous demandons à l’Autorité palestinienne
de le condamner et de saisir les instances internationales
», a-t-il déclaré.
Ces attaques sont
intervenues au moment où l’Autorité palestinienne
a annoncé dimanche un arrêt de l’escalade des violences
après des contacts avec les groupes armés, les Etats-Unis
et Israël. « Ce que nous voulons maintenant, c’est
maintenir l’accalmie, stopper le conflit armé pour
créer les conditions propices au règlement des questions
en suspens entre les deux parties (Israël et les
Palestiniens) », a déclaré Nabil Abou-Roudeina,
porte-parole du dirigeant palestinien Mahmoud Abbass.
Néanmoins, un haut responsable israélien s’exprimant
sous le couvert de l’anonymat a indiqué qu’Israël
n’était pas partie prenante de cet accord et qu’il
était question d’une affaire palestinienne « strictement
interne ».
L’Autorité palestinienne
avait appelé samedi les Etats-Unis à œuvrer auprès
d’Israël pour obtenir un « cessez-le-feu immédiat
» et un arrêt des raids aériens sur la bande de
Gaza.
« Nous avons demandé
aux Etats-Unis de prendre contact avec Israël pour
obtenir un cessez-le-feu immédiat et un arrêt des
raids aériens israéliens sur la bande de Gaza »,
a déclaré M. Abou-Roudeina. « Il faut stopper l’escalade
afin de préserver l’accalmie (qui était observée
depuis mars par les groupes armés palestiniens)
et ne pas rater l’opportunité de faire progresser
le processus de paix », a-t-il ajouté.
De son côté, Ibrahim
Aboul-Naja, chef d’un collectif rassemblant les
groupes armés palestiniens, a souligné qu’ils ont
« besoin d’une garantie internationale et d’une
garantie qu’Israël ne violera pas cette accalmie
», avait-il ajouté, faisant référence à l’accalmie
observée par les groupes armés dans leurs attaques
contre Israël depuis le début de l’année.
Par ailleurs, le
ministère palestinien de l’Intérieur a lancé un
nouvel appel aux différents groupes palestiniens
dans la bande de Gaza pour qu’ils stoppent leurs
attaques armées. Dans un communiqué, le ministère
a appelé Israël à « mettre fin à l’escalade de la
violence et au terrorisme d’Etat » et a exhorté
les groupes palestiniens à « respecter la trêve
et à éviter les actes susceptibles de nuire aux
intérêts nationaux palestiniens ».
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Propos dénoncés |
| Outre
l’escalade militaire, Israël opte pour l’escalade
verbale. Dans une interview publiée vendredi, le
ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz,
a écarté la possibilité de parvenir à un accord
de paix avec la présente direction palestinienne,
estimant qu’il faudrait attendre la « génération
suivante ».
« Tout
au plus pourrons-nous parvenir à des accords intérimaires,
et je ne pense pas qu’un Etat palestinien verra
le jour ces prochaines années », a dit M. Mofaz,
proche de M. Sharon et membre comme lui du parti
Likoud (droite).
L’Autorité
palestinienne a aussitôt dénoncé ces propos. « Israël
prend des mesures unilatérales et ne veut pas réellement
de partenaire », a déclaré le négociateur en chef
palestinien Saëb Eraqat, faisant allusion au fait
qu’Israël se soit retiré unilatéralement de la bande
de Gaza à l’été sans que cette mesure soit inscrite
dans la perspective d’un accord de paix avec les
Palestiniens. « Le problème d’Israël, ce n’est pas
une génération particulière, mais l’ensemble des
Palestiniens », a-t-il ajouté, assurant qu’il «
existe un partenaire palestinien pour aboutir à
une paix véritable qui mettra fin à l’occupation
».
Depuis
vendredi, l’armée de l’air israélienne mène une
série de raids successifs sur des secteurs inhabités
du nord de la bande de Gaza pour prévenir le bombardement
du territoire israélien par les groupes armés palestiniens
depuis ce secteur. Pas moins de sept raids aériens
ont visé ce secteur pris également sous le feu de
l’artillerie israélienne.
Jeudi,
Ariel Sharon avait annoncé le lancement d’une «
campagne antiterroriste de grande envergure sans
limitation de temps », au lendemain d’un attentat
suicide revendiqué par le Djihad islamique ayant
fait cinq morts, outre son auteur, à Hadera (nord
d’Israël).
Les
autorités israéliennes avaient également annoncé
la reprise des opérations de « liquidation ciblée
» d’activistes palestiniens. Lancée par voie aérienne,
la première de ces opérations a coûté la vie à huit
Palestiniens, deux membres du Djihad islamique et
six civils dans le nord de la bande de Gaza.
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Rania
Adel |
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L’épineuse
question des factions |
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Alors que la situation
s’enflamme dans les Territoires, la présence des
factions palestiniennes au Liban et en Syrie et
leur désarmement sont remis sur le tapis. |
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Déjà dans la ligne de mire de la
communauté internationale en raison de son implication
présumée dans l’assassinat de l’ancien premier ministre
libanais Rafiq Hariri et de l’infiltration en Iraq,
à partir de son territoire, de « terroristes »,
Damas se retrouve embarrassée par un autre dossier
: son appui aux factions palestiniennes hostiles
au processus de paix et présentes sur son territoire
ainsi que sur le territoire libanais.
En effet, le face-à-face entre
les troupes libanaises et les groupes radicaux palestiniens,
échappant au contrôle de l’Autorité palestinienne
de Mahmoud Abbass, était devenu inévitable à la
suite du retrait des forces syriennes fin avril
du Liban, après 29 ans de présence, sous la pression
de la communauté internationale.
Côté libanais, le gouvernement
semble privilégier le dialogue avec les groupes
armés palestiniens pro-syriens qui refusent de rendre
les armes. L’armée a en effet desserré l’étau autour
des bases du Front Populaire de Libération de la
Palestine-Commandement Général (FPLP-CG) d’Ahmad
Jibril et du Fatah-Intifada, du colonel Abou-Moussa.
Dimanche, l’armée a levé l’encerclement qu’elle
imposait depuis jeudi autour de ces bases militaires
près de la frontière syrienne. « L’affaire sera
réglée par le dialogue et non la confrontation »,
a aussi déclaré aux journalistes le premier ministre
libanais, Fouad Sanioura, réitérant le refus de
Beyrouth de la présence des armes palestiniennes
en dehors des camps de réfugiés. Le ministre de
la Défense libanais, Elias Murr, a lui indiqué que
« l’armée est là pour lutter contre les fauteurs
de troubles qui menacent la sécurité du pays. Ses
armes ne seront dirigées contre aucune partie à
l’intérieur du pays ». De son côté, le représentant
du mouvement Fatah au Liban, Sultan Abou Al-Aynaïne,
a affirmé que « les armes palestiniennes ne seront
employées contre aucun Libanais et aucun soldat
libanais ».
En revanche, le chef du FPLP-CG,
Ahmad Jibril, a réitéré son refus de remettre les
armes, comme l’exige la résolution 1 559 du Conseil
de sécurité de l’Onu. Selon M. Jibril, « le conflit
avec l’ennemi (israélien) n’est pas terminé. Les
armes demeurent (importantes) tant que ce conflit
durera et tant qu’il restera un seul réfugié palestinien
à l’étranger ».
Ce face-à-face est apparu après
qu’un rapport rédigé par Terje Roed-Larsen, chargé
du suivi et de l’application de la résolution 1
559, eut dénoncé la semaine dernière la « circulation
illégale d’armes et de personnes vers des groupes
palestiniens armés au Liban, qui menace de freiner
les efforts pour asseoir la souveraineté du Liban
». Un rapport fortement critiqué par le Hezbollah
libanais, soutenu par Damas. Son secrétaire général,
Hassan Nasrallah, a ainsi déclaré : « Le rapport
de Roed-Larsen veut semer la discorde et provoquer
des troubles inter-libanais, entre Libanais et Syriens,
entre Libanais et Palestiniens, et entre le gouvernement
(libanais) et la résistance ».
Parallèlement à ce rapport qui
implique indirectement Damas soupçonnée de soutenir
les factions, le Quartette pour le Proche-Orient
a appelé la Syrie à expulser « immédiatement » le
Djihad islamique, qui a revendiqué un attentat meurtrier
commis mercredi dernier dans le nord d’Israël, et
à prendre des mesures pour « empêcher l’utilisation
de son territoire par des groupes armés engagés
dans des actes terroristes ». Ce à quoi Damas a
répondu que « les permanences du Djihad islamique
en Syrie sont fermées depuis longtemps, à l’instar
de celles d’autres organisations palestiniennes
». Selon un communiqué des Affaires étrangères,
« les activités militaires et paramilitaires de
ce mouvement ne sont pas lancées de la Syrie mais
des territoires palestiniens occupés ». En fait,
dix mouvements palestiniens radicaux et islamistes
sont basés à Damas depuis les années 1980, mais
depuis le printemps 2003 et suite aux pressions
américaines sur la Syrie, ces organisations ont
annoncé avoir fermé leurs permanences. Toutefois,
le président syrien Bachar Al-Assad avait reçu le
11 septembre dernier des dirigeants du Hamas et
du Djihad, dont le numéro deux de ce mouvement et
Khaled Méchaal, président du bureau politique du
Hamas. De quoi attiser la colère de la communauté
internationale, qui « cherche la petite bête » au
régime syrien.
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Abir
Taleb |
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