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États-unis
. L’inculpation d’un conseiller
du président américain George W. Bush remet en cause la légitimité
de la guerre en Iraq. |
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Scandale dans le clan Bush |
L’inculpation,
vendredi dernier, de Lewis « Scooter » Libby, le directeur
de cabinet du vice-président Dick Cheney, porte un nouveau
coup dur à l’Administration Bush, de plus en plus critiquée.
En effet, le procès s’ouvre alors que le gouvernement Bush
est déjà mis en difficulté sur d’autres sujets, comme l’ouragan
Katrina. En outre, c’est toute la préparation de la guerre
américaine en Iraq qui est au cœur du procès, le procureur
chargé de l’enquête, Patrick Fitzgerald, s’attachant à détecter
les mensonges et découvrir les vérités cachées. M. Lewis était,
en outre, un fervent partisan de la guerre en Iraq. Déterminé,
il a affirmé, vendredi, que « quand le chef de cabinet d’un
vice-président est mis en cause pour parjure et obstruction
de justice, cela montre au monde entier que ce pays prend
ses lois au sérieux et que tous les citoyens sont tenus par
la loi ». Il ajoute : « La vérité est le moteur de notre système
judiciaire. Si on transige avec la vérité, tout le système
est perdu ».
Pour Lewis «
Scooter » Libby, qui a aussitôt démissionné après sa mise
en examen, il s’agit de répondre aux actes d’« obstruction
de la justice », « fausses déclarations » et « faux témoignage
». Mais au cœur de ces accusations se trouve celle d’avoir
menti au FBI, puis sous serment à la justice, sur un autre
scandale, celui de Valérie Plame. L’affaire remonte à juillet
2003, lorsque le nom de cet agent de la CIA est délivré dans
la presse. « Grillé » de cette manière, un agent secret est
un crime grave aux Etats-Unis. Or, dans le contexte de sa
déclaration de guerre récente contre Saddam Hussein, George
W. Bush, qui cherche à fournir le plus de justifications possible
à son intervention, se trouve ouvertement critiqué par Joe
Wilson, le mari de Valérie Plame. Cet ancien ambassadeur avait
été envoyé, par les services secrets américains au Niger,
en 2002, afin de découvrir si le gouvernement iraqien s’y
était procuré de l’uranium pour la construction d’armes de
destruction massive. M. Wilson avait alors établi qu’il n’en
était rien allant plus loin dans la critique. En effet, le
témoignage qu’il livre aux journalistes du New York Times,
le 6 juillet 2003, dénonce un gouvernement qui cherche de
fausses excuses pour légitimer sa guerre contre le terrorisme.
Quelques jours plus tard, le 14 juillet, le nom de sa femme
figure dans la presse et sa couverture grillée. C’est le départ
d’une enquête lancée par la CIA et qui va petit à petit remettre
en cause toute la préparation de la guerre en Iraq. Ainsi,
selon le procureur, c’est parce qu’elle s’est vue en difficulté,
que la Maison Blanche a décidé de réagir et qu’en particulier
M. Lewis aurait fait sortir « le premier » l’information (sur
Valérie Plame), et ce afin de couvrir le comportement de l’Administration
Bush vis-à-vis de Mme Plame. Il risque aujourd’hui jusqu’à
trois ans de prison.
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Une guerre non justifiée
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L’inculpation
de M. Lewis risque d’empoisonner l’Administration Bush pendant
de longs mois. En effet, au-delà du simple scandale, c’est
l’ensemble de la préparation et de la justification de la
guerre en Iraq qui est au cœur de ce procès. Pour Harry Reid,
chef des démocrates du Sénat, « cette affaire est plus importante
qu’une fuite d’informations hautement confidentielles. Il
s’agit de la façon dont la Maison Blanche de Bush a fabriqué
et manipulé le renseignement pour argumenter en faveur de
la guerre en Iraq et pour discréditer quiconque osait s’opposer
au président ». L’ensemble des démocrates ont d’ailleurs réclamé
la création d’une commission d’enquête parlementaire.
Cette guerre
mal préparée, mal justifiée, ne cesse de mettre en difficulté
le président américain. Critiquée, dénoncée puis finalement
rejetée par une bonne partie de la population, l’intervention
américaine « de libération » de l’Iraq poursuit la Maison
Blanche depuis déjà deux ans et demi, minant le second mandat
de Bush. Ce scandale révèle les contrevérités, « les mensonges
» selon certains, au plus haut degré de pouvoir américain
et qui a cherché à faire croire au monde entier des états
de fait non vérifiés. Aujourd’hui, alors que le nombre de
soldats tués en Iraq a dépassé la barre des 2 000, seule une
minorité d’Américains considère encore que la guerre valait
la peine d’être menée. La majorité juge désormais qu’elle
était une erreur. On assiste à une déflagration du camp Bush
qui risque de lui être fatale aux prochaines élections prévues
pour l’automne 2006.
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Laïlla
Choug |
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