— Justement, face à ces désastres, la communauté
internationale a-t-elle eu le rôle escompté ?
— On ne peut pas nier qu’actuellement, la
communauté internationale fait beaucoup d’effort. La mission
des Nations-Unies en RDC, la Monuc, est la plus grande opération
des Nations-Unies depuis que cette organisation existe. C’est
une mission qui coûte des milliards de dollars par an. Donc,
on ne peut pas dire que rien n’est fait. Mais la taille des
problèmes est telle qu’il reste encore beaucoup à faire. Nous
souhaitons que la région soit déclarée zone spéciale de développement
et que l’on accorde une attention particulière à cette région.
— Quelle est la position du Congo-Brazaville
quant à l’élargissement du Conseil de sécurité de l’Onu et
la place de l’Afrique ?
— Lorsque le débat sur l’élargissement du
conseil et sur la réforme de l’Onu a commencé, l’Afrique a
décidé de formuler une position commune. Cette position, nous
l’avons élaborée lors d’une réunion au Swaziland en mars,
puis à Syrte en juillet et à Addis-Abeba en août derniers.
L’Union Africaine (UA) a adopté une proposition commune prévoyant
un Conseil de sécurité réformé de 26 membres, avec six nouveaux
sièges permanents dotés d’un droit de veto, dont deux attribués
à des pays africains, et cinq nouveaux sièges non permanents,
dont deux reviendraient également à des pays africains.
Si le débat est encore en cours au sein de
l’Onu puisque aucune avancée sur l’élargissement du conseil
n’a été obtenue lors du sommet mondial de l’Onu en septembre
à New York, l’Afrique est tout de même le seul groupe qui
avait parlé d’une seule voix à ce sujet. Quant à nous, notre
position est celle de l’Afrique.
— Les pays du Nord s’intéressent de plus
en plus à l’Afrique en développant des partenariats et en
promouvant le dialogue, nous l’avons notamment vu récemment
avec le rapport Blair. De quelle manière de telles initiatives
peuvent-elles être bénéfiques aux Etats africains ?
— C’est dans l’intérêt des pays développés
comme des pays africains. Le Japon, la Chine, les Etats-Unis
ainsi que l’Union européenne montrent un intérêt croissant
à l’Afrique car ils se sont rendus compte que le développement
et la paix dans le monde dépendront en grande partie du développement
du continent africain. Ces puissances mondiales estiment qu’il
est nécessaire d’aider l’Afrique à sortir de sa marginalisation
pour pouvoir intégrer l’économie mondiale. Côté africain,
nous avons le Nepad, le Nouveau partenariat pour le développement
en Afrique, qui est une initiative très importante.
— Malgré les tentatives de l’UA de mettre
un terme à la crise, la situation dans la région soudanaise
du Darfour reste critique. Comment est-il possible de trouver
une solution à cette affaire ?
— Malheureusement, au moment où l’on s’est
félicité du règlement de la question de Sud-Soudan, celle
du Darfour continue de nous inquiéter. Toutefois, il existe
actuellement des signes encourageants avec les négociations
qui se déroulent à Abuja au Nigeria. Je crois que ça va dans
la bonne direction.