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Cinéma . Quatre
films, Banate west Al-balad, Ghawi hob, Ourid kholeane et Gay
fil sarie, semblent combler les vœux des spectateurs en ces
jours de fête. Tous ont trait à la romance avec quelques nuances.
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Un amour
de secours
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Banate
west al-balad (Filles du centre-ville), film de Mohamad Khan,
est surtout l’enregistrement poétique du quotidien de personnes
particulières, de marginaux. Certains veulent l’étiqueter :
cinéma de femmes. « Le titre laisse attendre un film sur les
femmes, or c’est un film sur le groupe, la communauté qui accueille
les marginaux, les arrache à la solitude. Ici, le temps n’est
pas à la gravité, l’humeur n’est pas à la mélancolie, car le
film ne se départ pas d’une légèreté souveraine », affirme Wissam
Soliman, scénariste et épouse de Khan. Il y a là un chef-d’œuvre,
une sorte d’accomplissement du cinéma de Mohamad Khan. Un cinéma
dont la diversité des styles et des thèmes n’empêche pas de
retrouver un principe cinématographique commun : approcher le
vécu truffé des tribulations des petites gens ou des individus
de la classe moyenne. Les effets sociologiques comptent dans
le film. C’est une expérience individuelle d’affects profonds.
Le film narre la vie de Yasmine (Menna Chalabi), une jeune coiffeuse
qui se bat avec audace et force pour s’assurer une condition
à l’abri de la précarité matérielle. Elle joue un rôle décisif
dans la vie de Joumana (Hind Sabri), une amie d’origine libanaise
et de parents séparés. Auprès de Yasmine, Joumana trouve force
et assurance pour avoir une prise immédiate sur le réel.
D’un autre côté, aux antipodes
du beau type qu’a l’habitude d’incarner Khaled Aboul-Naga, il
interprète le rôle d’un chef cuisinier, dont la vie est réduite
à néant au bout de certaines péripéties. Puis, singularisé par
la force de son amour pour Yasmine, il convertit le chaos en
une énergie qui apprivoise le quotidien.
Se joint aussi au groupe Mohamad
Nagati, qui joue le rôle d’un vendeur de téléphones cellulaires,
qui monte du Sud vers la capitale pour se faire une situation.
« Ces gens, on les croise tous les jours sans s’attarder sur
leurs problèmes, sonder leurs souffrances. Ce sont ces gens
qui m’intéressent. Ils essayent de se faire une place à part
dans la société ordonnée selon des règles qui parfois les condamnent
au statut de parasite », déclare Khan. Ce que le film montre
admirablement, ce sont les sensations émouvantes, l’intensité
et le poids du quotidien, la possible irruption d’événements
qui emportent les personnages loin de faits traumatisants.
Le
deuxième film, Ghawi hob (Féru d’amour), d’Ahmad Al-Badri, fait
revenir le chanteur Mohamad Fouad au grand écran dans un rôle
inédit qui promet de le propulser au rang de vedette de la saison.
Il joue le rôle d’un officier qui retrouve son amour de jeunesse
(Hala Chiha) alors qu’il est lié à une crapule (Khaled Al-Sawi)
qui œuvre au blanchiment de fonds et au trafic d’armes. L’essentiel
pour le cinéaste est de marier le souvenir de l’amour passé
au présent. Comme si seul ce qui a déjà été vécu une fois avait
le droit de passer la rampe. Un retour sur la jeunesse s’opère
et Mohamad Fouad échappe au policier tapi au fond de lui qui
lui rappelle son devoir, tend la main à sa bien-aimée pour l’extraire
à l’imbroglio désopilant où elle s’est immiscée. On retrouve
en lui la rapidité du geste, la conversion des émotions. Cependant,
le film ne sombre dans aucune nostalgie, il reste léger, gracieux,
dansant. Le retour et l’accrochage à l’amour sonnent comme peut-être
un amour de secours.
Quant aux deux autres films,
Ourid kholeane (Je Réclame le divorce) et Gay fil sarie (Visite
éclair), ils donnent dans la veine du comique. Dans le premier,
Hala Chiha, une institutrice exaspérée par la brutalité et l’avarice
de son mari (Achraf Abdel-Baqi), un banquier, demande le kholea
(divorce réclamé par les femmes). Le comique affleure lors des
conversations tendues du couple. Mais un flottement léger désamorce
la lourdeur de la situation, le mari change de conduite pour
reconquérir sa femme. Dans Visite éclair, Magued Al-Kedwani
campe le bouffon qui travaille aux Emirats et se rend dans une
courte visite au Caire pour épouser une jeune fille afin d’accroître
ses ressources par le rendement de son travail à ses côtés au
Golfe. Il traverse plutôt vite l’existence de Riham Abdel-Ghafour,
la présumée fiancée, sans trop la bouleverser. Comme un mouvement
qui se forme et se défait plus vite que les liens amoureux.
Bref, on ne niera en effet que ces films tirent grand bénéfice
de leur diffusion au moment de la fête. Attendons pour voir
se confirmer ou non leur succès escompté.
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Amina Hassan |
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