Pendant
les deux dernières décennies, les économies
de marché se sont imposées sur la scène mondiale
répandant la « culture des affaires », au point
que les notions d’économie, de politique et
de commerce se sont mélangées. De là est née
la notion de commercialisation politique. Selon
celle-ci, il existe sur le marché politique
une offre, une demande, un consommateur et un
producteur. La campagne électorale du candidat
est alors un des canaux importants de la commercialisation
politique dont l’objectif est de convaincre
le public sur une certaine opinion.
Dans
ce contexte, la commercialisation comprend les
activités de recherche, de planification, de
publicité et de propagande. Le climat général
en Egypte est aujourd’hui propice à la commercialisation
politique en raison de l’enrichissement culturel
et de l’accroissement de la conscience politique
des citoyens avec l’élargissement des espaces
médiatiques, l’augmentation de la participation
démocratique et l’organisation des premières
élections présidentielles au suffrage universel.
Nous
pouvons ainsi observer de nouvelles tendances
dans le domaine de la commercialisation politique
comme l’emploi de l’Internet et du téléphone
portable dans les campagnes électorales, le
recours aux programmes de radio et de télévision,
l’organisation de sondages d’opinion et de concours
sur les chaînes satellites ainsi que l’exagération
de l’utilisation de l’image par des photos aux
couleurs vives.
Certains
pensent que l’homme politique est celui qui
laisse une empreinte dans l’Histoire et non
celui qui réussit sa bonne commercialisation
politique. D’autres estiment que cette orientation
qui refuse l’idée de la commercialisation politique
fera stagner la vie politique. De grands hommes
politiques ont échoué à se faire élire, car
ils ne possédaient pas les dons de la commercialisation
politique. De plus, les grands discours qui
se basent sur les aspects logiques ne convainquent
plus l’opinion publique à cause de la révolution
technologique et de son besoin d’entrer en action
avec les mutations permanentes. En effet, le
candidat, l’homme politique ou l’homme de parti
qui adopte des idées et des opinions se caractérisant
par l’efficacité politique est celui qui obtiendra
le plus de voix. Nous pouvons ainsi tracer les
grandes lignes du guide du candidat qui veut
remporter des élections. Premièrement, il doit
analyser la composition de son électorat et
le nombre de ses électeurs dans une circonscription
donnée, leur répartition par tranche d’âge,
le taux des jeunes et des femmes, la répartition
professionnelle, la densité démographique par
kilomètre carré et les centres de regroupement.
Deuxièmement, il doit dessiner une carte géographique
de la circonscription indiquant les bureaux
de vote, les activités économiques et productives
et enfin les caractéristiques sociales. Troisièmement,
il doit dresser les tendances politiques des
habitants de la circonscription. Il doit aussi
déterminer leur niveau d’éducation ainsi que
la nature de la société (urbaine, rurale ou
bédouine). Quatrièmement, il doit être informé
des principales préoccupations des électeurs,
comme la hausse des prix, le manque de service
de santé ou d’enseignement, le chômage ou autres.
Cinquièmement, il lui incombe de déterminer
les moyens locaux de contact sociaux comme les
clubs sportifs, les centres de jeunesse, les
organisations, les organismes, les syndicats,
les journaux, les revues, la radio et la télévision,
et enfin les festivals et les marchés populaires.
Avec
toutes ces cartes en main, le candidat peut
commencer à déterminer son plan d’action tout
en utilisant des moyens nouveaux de commercialisation
politique.
Ainsi,
la commercialisation politique lors des prochaines
législatives connaîtra de nouvelles perspectives
dans le domaine de l’interaction avec la population.
Un fait qui apportera un regain d’élan au mécanisme
des élections libres honnêtes et à celui de
l’évolution démocratique.