A
la lumière de la mondialisation, la philosophie
politique propose une vision différente de celui
qu'il faut considérer comme vainqueur et celui
qu'il faut considérer comme non vainqueur. Auparavant,
dans tout conflit il y avait un vainqueur et
un vaincu, alors que maintenant les deux parties
du conflit sont des vainqueurs ! C'est-à-dire
que les demandes d'une partie ne sont pas forcément
les demandes de celle opposée et qu'il est possible
de parvenir à des accords selon lesquels chaque
partie présente des concessions.
Ceci
suppose évidemment un certain équilibre de forces
entre les parties en conflit, de sorte que la
résultante finale des concessions des deux parties
soit zéro. C'est ainsi qu'il est possible de
tirer profit de l'opinion publique internationale
pour garantir qu'une partie ne soit pas lésée
à la fin.
Par
exemple, ce qui est le plus vital pour une partie
n'est pas forcément la même chose pour l'autre.
L'application de ce principe est alors bénéfique
pour les deux. Au lieu de laisser les choses
au hasard, il est alors préférable d'intervenir
pour parvenir à une situation optimale pour
l'intérêt des deux parties à la fois.
Partant,
il est possible de concevoir un mécanisme visant
à réaliser un processus de négociation optimale
pour tous les négociateurs. Un processus qui
sera la base de la détermination des équilibres
de forces à partir duquel seront déterminés
les fondements et les règles selon chaque conflit
à part.
Notons
que la communauté internationale joue un rôle
important dans l'atténuation des conflits acharnés.
Il existe une interaction entre la réalité où
les conflits sont plus ou moins violents et
entre les trébuchements des processus de négociations.
Ceci indique que les exigences de la réalisation
d'un règlement dans certains cas ne sont pas
encore mûres.
Il
est indispensable de redistribuer l'ampleur
du conflit pour arriver à un règlement de la
même ampleur que la capacité des parties en
conflit de parvenir à des ententes concernant
les divers aspects du conflit jusqu'à ses détails
finaux. Par conséquent, il est indispensable
de parvenir à une étape où il n'y a pas de vainqueur
et de vaincu mais où tout le monde est vainqueur.
Dans
ce contexte, il est indispensable de confirmer
qu'il n'existe pas d'étape se caractérisant
par l'immobilité où tout le monde est vaincu,
car la défaite, quand elle atteint certaines
parties, il est difficile qu'elle induise un
état de stabilité. Par conséquent, l'état de
trouble et d'instabilité persiste et il est
impossible de parvenir à une étape où tout le
monde est vainqueur ! C'est soit poursuivre
le conflit jusqu'à la disparition d'une partie,
soit poursuivre le conflit alors que les parties
assument des peines qui vont crescendo, mais
ne pas retourner à un conflit où il n'y a ni
vainqueur ni vaincu.
La
résolution 194 de l'Assemblée générale de l'Onu
a fait allusion au droit des Palestiniens de
récupérer leurs terres et leurs maisons dont
ils ont été dépouillés. Elle fait aussi allusion
à leur droit d'obtenir des compensations, notamment
dans les cas où ils n'ont pas repris leurs droits
pour une raison ou une autre.
Les
Arabes, comme les Palestiniens, ont refusé le
principe des compensations jugeant que c'est
juste un moyen de nier leurs droits sur leurs
terres et leurs maisons. Et aussi parce que
personne n'a pris de mesure pratique dans ce
contexte.
De
plus, il est insensé que la partie arabe (y
compris la partie palestinienne) accepte de
mettre en application le principe de l'échange
des terres avec Israël tout en suspendant le
fait de trancher la question des compensations
financières d'une manière ou d'une autre.
Dans
ce contexte, il faut noter que les transactions
financières avec d'énormes sommes peuvent devenir
source de transactions corrompues et suspectes.
Les positions arabes ne sont pas exemptes de
ce genre de marchés. Qu'adviendra-t-il si ceux-ci
deviennent une partie indivisible des processus
officiels de négociations ? !
Il
est indispensable de réaliser que le versement
de compensations est le seul moyen de restituer
les droits au cas où il est impossible de trouver
une compensation matérielle convenable. Partant,
les compensations deviennent partie indivisible
du processus de négociation. De plus, les transactions
de sommes énormes peuvent encourager la corruption.
Le fait qui implique une transparence inouïe
à laquelle nous ne devons pas renoncer.