Les
actes de violence qui ont été déclenchés à Paris
et dans les banlieues françaises sont l’expression
d’un profond déséquilibre social entre les classes
pauvres et marginalisées des fils d’immigrés
et entre les autres classes de la société française.
Ils ne sont pas les premiers en Europe et ne
seront pas les derniers.
Cela
fait plusieurs années que la majorité des sociétés
européennes couvent un malaise social. Ce à
cause de l’indignation ressentie par les deuxième
et troisième générations des communautés immigrées.
Leurs pères avaient été appelés par l’Europe
comme une main-d’œuvre bon marché après la seconde
guerre mondiale. La majorité sont des musulmans
du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne qui
ont afflué à travers la Méditerranée à la recherche
de leur gagne-pain, fuyant leurs pays où sévissaient
la pauvreté, l’injustice et l’occupation.
Les
actes de violence sont le résultat d’accumulation
de pressions sociales, culturelles et politiques
qui ont poussé ces immigrés vers les banlieues
où ils sont privés de toute assistance sociale,
d’enseignement et d’emplois. Les gouvernements
consécutifs n’ont pas essayé de remédier à ces
problèmes mais les ont laissés s’amplifier.
Ce qui a engendré des sentiments d’hostilité
et de dépaysement intellectuel et social. Les
banlieues sont alors devenues semblables à des
ghettos isolés soumis à une présence policière
sévère qui s’est davantage accrue sous l’emprise
de Nicolas Sarkozy, ministre français de l’Intérieur,
qui vise le poste de chef de l’Etat en succession
à Chirac. Sarkozy, qui est d’origine hongroise,
avait adopté dès le début une politique agressive
contre la minorité musulmane de France.
La
tension s’était en effet accrue dans les sociétés
européennes à la suite des attentats du 11 septembre,
de la guerre en Iraq et des explosions de Madrid
et de Londres qui ont été accompagnés de sentiments
de crainte et d’hostilités envers les communautés
islamiques accusées de terrorisme. Les pays
européens n’ont pas réalisé qu’ils étaient responsables
de la création d’une atmosphère propice au terrorisme.
Situation qui a conduit en France à de violents
heurts avec les éléments du Front national,
extrémiste, dirigé par Jean-Marie Le Pen. Ce
dernier avait rendu les minorités immigrées
responsables de tous les maux de la France,
notamment le chômage, la criminalité et la drogue.
Ce
phénomène s’est répété aux Pays-Bas, en Allemagne,
en Belgique, en Autriche et en Italie. Ce qui
a engendré des heurts avec la culture islamique
et la présence arabe ainsi que des conflits
racistes dont la question du port du voile est
le symbole le plus évident. Ces citoyens qui
ont la nationalité des pays où ils vivent sont
complètement négligés et il ne leur est permis
de participer à la vie politique que dans les
limites les plus restreintes.
Il
est impossible d’établir une dissociation entre
ce qui se passe dans les sociétés européennes,
qui ont échoué dans l’intégration de ces classes
et dans leur traitement sur un pied d’égalité
avec leurs concitoyens, et le phénomène de l’immigration
illégale intense à travers la Méditerranée des
jeunes pays de l’Afrique du Nord. Ce phénomène
a engendré une vive inquiétude auquel les pays
d’Europe ont fait face avec violence en installant
des zones de garde à vue pour les immigrés illégaux.
Ce au lieu d’aider ces pays à développer leurs
économies pour que leurs jeunes ne se retrouvent
plus obligés d’immigrer.
La
France ainsi que la majorité des pays européens
ont choisi le chemin le plus court pour faire
face au problème, ou plutôt pour ne pas en faire
face jusqu’à ce que ces explosions aient eu
lieu. Elles se répéteront dans d’autres pays
d’Europe tant qu’ils continueront à considérer
les immigrés comme des sous-citoyens.