Quels
sont ces étranges événements qui secouent les
banlieues françaises depuis deux semaines ?
En
1986, les étudiants français s’étaient révoltés.
Cette révolte avait soulevé un slogan qui avait
attiré l’attention des jeunes du monde entier.
Les étudiants français criaient : « Mettons
la force de l’imagination au pouvoir, qu’elle
nous inspire ce que l’imagination de l’homme
a de mieux ! ». A l’époque, ce mouvement estudiantin
était une légende.
La
société française jouit d’une caractéristique
importante. Elle a la capacité de devancer toute
autre société dans le dévoilement des grandes
mutations de l’Histoire. Nous avons pris l’habitude
de voir la France dépasser tous les autres pays
du monde. La Révolution française, par exemple,
a inauguré l’époque contemporaine. Mais aujourd’hui,
la France devance le monde entier par des pas
en arrière !!
L’Histoire
n’avance pas en ligne droite. Ses vicissitudes
commencent à indiquer que la loi générale de
son mouvement n’est pas l’avènement de mutations
vers le meilleur. Depuis le 11 septembre 2001
et la destruction des deux tours du World Trade
Center à New York, tous les signes indiquent
le contraire. Il semble que la colère, le désespoir
et la destruction ne sont pas régis par un objectif
logique et compréhensible.
Que
peut-on dire de ce qui se passe à Paris et dans
les banlieues de plusieurs villes françaises
depuis deux semaines ? Que peut-on dire d’une
société où le nombre de véhicules incendiés
et saccagés, sans raison valable, a atteint
les quelques milliers en deux semaines seulement
? Que peut-on dire d’une société où les élèves
ont saccagé leurs écoles ? Comment de tels événements
peuvent-ils survenir dans une société connue
comme modèle de comportement civilisé et comme
exemple de la démocratie ?
Les
raisons de ces scandales sont nombreuses. Dans
la plupart des cas, on montre du doigt les fils
des immigrés dans les banlieues. Dans les villes
françaises, le taux de réussite au bac varie
entre 80 et 90 %. Par contre, dans les écoles
des banlieues, en majorité fréquentées par les
fils des immigrés, le taux dépasse rarement
les 10 %. En effet, la majorité de ceux-ci ne
maîtrisent pas la langue française et utilisent
un dialecte qui leur est propre. Comment donc
parler d’égalité des chances ? Sans oublier
le chômage qui touche parfois 50 % des habitants
des banlieues. Comment donc peuvent-ils réussir
leurs examens dans de telles circonstances ?
Les
fils des banlieues veulent être considérés comme
une partie de la société française. Ils se sentent
écartés, marginalisés. Ils sentent qu’ils n’ont
pas de place au sein de cette société. De là,
cette explosion soudaine à la suite d’un accident
occasionnel.
La
France accueille les immigrés depuis 1945. Au
départ, ils venaient du Portugal et de l’Espagne.
Mais, il n’y a pas d’informations précises sur
ces premières vagues. Dans les années 1960,
les immigrés ont alors afflué de l’Afrique du
Nord, notamment de l’Algérie, du Maroc et de
la Tunisie. Puis, il y en a eu d’autres de l’Afrique
subsaharienne et de l’Asie.