Le
mémorandum signé au Caire, entre le Conseil Suprême
des Antiquités (CSA) et l’Organisme national des antiquités
et des musées au Soudan (NCAM), sous l’égide de l’Unesco,
prévoit la formation d’une mission archéologique conjointe
pour la conservation et l’enregistrement des antiquités
nubiennes du Soudan. Selon cet accord, Egyptiens et
Soudanais œuvreront à construire un grand musée à Wadi
Halfa sur les frontières égypto-soudanaises. Le nouveau
musée renfermera toutes les pièces qui ont été découvertes
lors des travaux de fouilles en Nubie. Les pièces mises
au jour sont entassées actuellement dans des dépôts
à Khartoum. Un centre de documentation sera de même
installé pour fournir un système d’échange d’informations
de la région nubienne. Des stages de formation seront
également organisés avec l’assistance de l’expertise
internationale, pour les employés travaillant dans les
musées d’Assouan, de Wadi Halfa et dans le Musée national
du Soudan. Un échange de trésoriers et d’experts des
deux côtés est aussi prévu.
Comme
première étape de concrétisation du mémorandum, une
mission représentant le CSA et le NCAM a fait une visite
à bord d’un bateau en Nubie égyptienne et soudanaise
pour voir les plus importants sites archéologiques de
même que les musées de la Haute et de la Basse-Nubie.
Il était question de faire le point sur l’état actuel
de ces sites ainsi que leurs besoins. « Il fallait d’abord
prendre l’avion du Caire vers Khartoum. On a ensuite
pris un bateau de Wadi Halfa en direction d’Assouan
tout en se rendant dans les plus importants sites archéologiques
nubiens. On a aussi visité le Musée de Khartoum qui
renferme une impressionnante collection d’antiquités
de différentes époques de l’histoire de la Nubie »,
souligne Mohamad Al-Biyali, directeur général des antiquités
d’Assouan et de Nubie. Selon lui, le Musée de Khartoum
a besoin de grands travaux de modernisation et de restauration
puisque c’est l’un des importants musées au monde vu
la valeur des trésors qu’il renferme. « On considère
en fait toute la Nubie comme un seul pays. Quand on
a visité les sites soudanais, on n’a pas senti qu’on
est en Haute-Nubie, mais plutôt en Egypte. La civilisation
soudanaise est en fait une partie inséparable de la
civilisation pharaonique puisque les pharaons égyptiens
ont régné sur la Haute-Nubie et les Nubiens soudanais
ont régné sur l’Egypte des pharaons de la XVe dynastie
», souligne Al-Biyali. Il est vrai que la partie soudanaise
de la Nubie (la Haute-Nubie) abrite d’importants sites
archéologiques. « En dépit de la guerre civile, de la
famine et de la pauvreté, la Haute-Nubie est un endroit
superbe à visiter. Des archéologues travaillent au Soudan
depuis plus d’un siècle révélant an après an d’importants
édifices », explique Caroline Rocheleau, membre de la
mission archéologique canadienne opérant sur le site
de la
cité
royale de Méroé. Parmi les plus importants sites archéologiques
de la Haute-Nubie, figurent ceux de Napata, de la cité
royale de Méroé et de Sedeinga. Ce dernier renferme
un imposant temple du Nouvel Empire construit par le
pharaon égyptien Amenhotep III en l’honneur de sa grande
épouse royale, la reine Tiye. Le site archéologique
de la cité royale de Méroé, ancienne capitale de l’empire
méroétique, comprend, quant à lui, une panoplie d’édifices.
« Le site de la cité royale de Méroé renferme quelques
importants édifices, citons entre autres : le temple
d’Amon, des palais et autres résidences, des bains royaux
et des fours pour la fonte du fer ... Les récentes fouilles
sur ce site ont en plus révélé d’importants autres édifices
et inscriptions », souligne Caroline Rocheleau.
Et
c’est ainsi que ce mémorandum va permettre de découvrir
des richesses longtemps enfouies ou délaissées. La Nubie
est loin d’avoir dévoilé tous ses secrets .