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Législatives.
Les élections législatives
ont donné lieu à un véritable spectacle. Reportage dans
plusieurs circonscriptions
où chaque zone a témoigné d’un certain particularisme.
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| Chacun
vote à sa façon |
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Cadeaux en tous genres à Madinet Nasr
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| A Madinet
Nasr et Héliopolis, à l’est du Caire, la journée électorale
est très animée. Tôt le matin, les partisans de chaque
candidat affluent et prennent place devant les bureaux
de vote. Certains d’entre eux commencent à distribuer
des affiches aux passants. « Votez Moustapha Al-Sallab,
votre meilleur représentant au Parlement ! », peut-on
lire sur l’une de ces affiches. Le combat est féroce dans
cette zone entre les candidats des Frères musulmans, Essam
Mokhtar et Makarem Al-Dari (seule femme de la confrérie
à disputer cette année les élections) ,
et ceux du PND, Moustapha Al-Sallab et Soraya Labana.
Il est environ 10h lorsque des autobus transportant des
infirmières de l’Hôpital des maladies infectieuses à Madinet
Nasr arrivent devant le bureau de vote numéro 18. Les
infirmières prennent la direction des urnes. « Nous sommes
venues pour soutenir Moustapha Al-Sallab », raconte l’une
d’elles. Et lorsqu’on lui demande pourquoi, elle répond
avec un sourire sournois : « Il nous a promis une récompense
après l’élection » ...
Tous les
organismes gouvernementaux de Madinet Nasr sont mobilisés
en cette journée d’élections au profit des candidats du
PND. Outre l’Hôpital des maladies infectieuses, il y avait
également dans les bureaux de vote des employés de la
Compagnie des entrepreneurs arabes et d’autres institutions
gouvernementales. Et ce n’est pas tout. Les partisans
des candidats proposent jusqu’à 800 L.E. à chaque citoyen
qui accepte de donner sa voix. On distribue également
des stylos, des calendriers et des porte-clefs.
Quelques
minutes passent et le spectacle continue. Une représentante
des Frères musulmans portant le niqab prend place à l’entrée
de chaque bureau de vote. Sa mission : accueillir les
électeurs et les convaincre de voter pour Makarem Al-Dari.
« Makarem aurait dû gagner dès le premier tour si des
fraudes n’avaient pas eu lieu », assure l’une de ces femmes.
Selon elle, le PND utilise des moyens malhonnêtes pour
gagner. Ces derniers ont d’ailleurs trouvé des moyens
inédits pour attirer les électeurs. Une troupe populaire
accueille les citoyens pour les convaincre de voter pour
le parti . |
Boulaq fait la fête
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Dès
7h, dans ce quartier populaire surpeuplé, les partisans
des candidats sont mobilisés dans les rues et chacun a
une mission à remplir. Ils sillonnent les rues. Certains
d’entre eux se faufilent entre les gens et distribuent
des photos et des brochures publicitaires. D’autres portent
de grands portraits des candidats avec l’emblème électoral
en demandant aux électeurs de voter pour eux. Des DJ ont
été engagés par les candidats pour « animer le spectacle
». Plusieurs d’entre eux se promènent avec leur matériel
des bureaux de vote et entonnent des chants spécialement
faits pour les candidats. Des véhicules portant des slogans
de soutien aux candidats sillonnent avec beaucoup de difficulté
les rues, alors que des microbus privés transportent des
électeurs vers les bureaux de vote. Les enfants, quant
à eux, participent à leur manière : ils courent dans toutes
les directions en reprenant joyeusement les slogans qu’ils
entendent et qui appartiennent aux différents candidats.
Les partisans de certains candidats distribuent des paquets
de lait et de boissons fraîches. Quant aux rues, elles
sont encombrées et on arrive à peine à se frayer un chemin
pour arriver d’un coin à l’autre. Les deux candidats les
plus puissants qui se disputaient le siège des cadres
dans cette circonscription sont Ahmad Sameh Galal, du
PND, et Gamal Al-Achri, indépendant de tendance islamiste.
Outre ses bons rapports avec le gouvernement, Galal compte
beaucoup sur les grandes familles de Boulaq Al-Dakrour.
Les habitants
estiment que leur quartier souffre de plusieurs problèmes
dont l’absence d’électricité et de l’inexistence d’une
école secondaire pour les filles. Quant à Al-Achri, il
compte sur les services qu’il rend depuis plusieurs années
aux citoyens du quartier. « Il a construit un établissement
pour les orphelins et en plus son programme est basé sur
les principes de l’islam. Pourquoi alors ne pas lui donner
l’occasion de voir si vraiment il sera inspiré par ces
principes dans son œuvre ou non ? ! », avance Amani, étudiante
à la faculté des lettres et qui est venue voter, malgré
sa maladie, car pour elle il s’agit d’un devoir à remplir.
En ce jour d’élections, les magasins ont fermé leurs portes.
Et les partisans des candidats se mettent à pied d’œuvre.
Ils donnent de 5 à 50 L.E. à chaque électeur. Et pour
être sûr que celui-ci va donner sa voix au candidat souhaité,
on lui demande de jurer sur le Coran ou de prendre une
photo du bulletin de vote avec la caméra du téléphone
portable ! |
Faible affluence à Qasr Al-Nil
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| Dans la circonscription de
Qasr Al-Nil, tout paraît calme. Devant certains bureaux
de vote, les délégués des candidats sont en train de boire
du thé et du café. « Il est 10 h30 et seules trois personnes
sont venues voter jusqu’à maintenant », assure l’un de ces
délégués. Pourtant, des partisans des deux candidats (l’homme
d’affaires Hossam Badrawi du PND et son rival Hicham Moustapha
Khalil, indépendant, dissident du PND) sont venus tôt le
matin. Il s’agit de jeunes pour la plupart portant des tee-shirts
à l’effigie de leur candidat ainsi que des badges. Chaque
camp affûte ses armes. Il est 10 h 30, devant le bureau
de vote d’Al-Issaaf (centre-ville). Un groupe de femmes
arrivent pour soutenir Khalil. « Il a fait beaucoup de choses
dans notre quartier. Hossam Badrawi, lui, n’a absolument
rien fait », affirme l’une d’elles. Dans
les quartiers huppés comme celui de Zamalek, l’affluence
était légèrement plus importante. Là, ce sont des gens
de la classe moyenne et aisée qui sont venus voter, sans
grande conviction d’ailleurs. « Le candidat que je soutenais
est tombé au premier tour mais je suis venu voter pour
participer », assure l’un des électeurs. Et d’ajouter
: « Je ne sais pas si l’un ou l’autre des candidats peut
faire quelque chose pour nous, les habitants du quartier
» . |
Le jeu des alliances à Minya
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| Au gouvernorat
de Minya, à 350 kilomètres au sud du Caire, la bataille
est très féroce. Le bras de fer se déroule entre le PND
et les indépendants. Le PND affrontait pour le second
tour, avec 16 candidats, 27 indépendants, dont 5 de tendance
islamiste et un du parti du Tagammoue. En Haute-Egypte,
les Saïdis ne votent que si le candidat est un descendant
d’une grande famille. Ainsi, les candidats du PND ont
eu recours à différentes manœuvres pour encourager les
électeurs, notamment les femmes et les personnes âgées,
à voter pour eux : des véhicules sont chargés de les transporter
de chez eux jusqu’aux urnes. Des signatures de ministres
ont été obtenues pour répondre aux demandes d’emploi formulées
par les jeunes diplômés ou les chômeurs. Une somme de
50 L.E. est distribuée aux électeurs, notamment les défavorisés.
« Deux personnes m’ont rendu visite deux jours avant les
élections et m’ont demandé de voter pour le signe du croissant.
Je ne sais pas à quel candidat ça correspond, mais je
vais voter pour lui parce qu’ils m’ont promis de me donner
mensuellement 50 L.E. et de payer les frais de scolarité
de mon fils », révèle Haniya, analphabète.
Face aux
combines du PND, les indépendants ont leurs propres astuces
électorales. A Borgaya, un village situé à 7 kilomètres
de Minya, des ordinateurs ont été utilisés par les candidats
pour faciliter la recherche des noms sur les listes électorales.
« Chercher un nom sur la liste électorale est une perte
de temps. Cela nécessite parfois une heure », souligne
Abdel-Tawab Mohamad, délégué de l’un des candidats.
A Béni-Mazar,
la concurrence atteint son apogée. L’indépendant et homme
d’affaires Achraf Chaabane a acheté des vêtements pendant
la fête aux orphelins et aux pauvres de la circonscription,
il a distribué des jouets aux enfants, dépensant en tout
11 millions de L.E. . |
Irrégularités en série à Hélouan
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| Dans les
deux circonscriptions de Hélouan, é ouvrière du sud du
Caire, la bataille électorale bat son plein. Ici se présente
le ministre de la Production militaire, Sayed Méchaal,
face à un indépendant, Ali Nasr. Quant à Moustapha Bakri,
il y était opposé au candidat du PND Nabil Al-Gabri. Il
est 9 heures. Un calme peu coutumier règne dans cette
circonscription. Des unités de la sécurité sont stationnées
devant les bureaux de vote, mais ils n’interviennent pas.
Tout donc se déroule dans le calme lorsque, vers midi,
le silence est rompu par les partisans du PND et des indépendants
venus soutenir leurs candidats. Quelques minutes passent
et on voit alors arriver plusieurs autobus de la Société
nationale du ciment, dont le PDG est le candidat du PND.
Les bus transportaient plusieurs centaines d’ouvriers
venus voter dans l’un des bureaux de vote de la circonscription,
n°25. « Nous sommes venus voter pour notre patron », assure
l’un d’eux. Le cortège se dirige tranquillement vers le
bureau de vote tandis qu’à quelques kilomètres de là,
dans un autre bureau de vote, celui de l’école primaire
de Hélouan Al-Balad, des partisans de Moustapha Bakri
se voient interdire l’entrée des urnes par ceux du PND.
« J’ai présenté des plaintes au ministre de la Justice
et au président du Haut comité électoral pour protester
contre ces violations », affirme Bakri.
On entend
chanter les partisans du candidat Sayed Méchaal. Des bus
privés transportent les ouvriers des usines militaires
pour voter. « Tous les ouvriers votent évidemment Machaal.
Pour ne citer que lui, le bureau de vote de l’école Saleh
Sobhi est entièrement consacré aux ouvriers des usines
», dit l’un des ouvriers. De leur côté, les candidats
de tendance islamiste mettent des chansons religieuses
dans leurs voitures qui sillonnaient les rues sous le
slogan « L’islam est la solution ». A l’école secondaire
des filles, destinée au vote des femmes, les juges responsables
de deux bureaux de vote ont fermé les portes aux électeurs
jusqu’à une heure de l’après-midi à cause des listes qui
étaient complètement incorrectes. « Je suis venue voter
pour les candidats qui rendent vraiment service à mon
quartier, mais le bureau de vote est fermé à cause des
listes fausses », explique Leïla Abdel-Hamid . |
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