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Biodiversité. Le projet BioMAP sur l’évaluation et la conservation des écosystèmes en Egypte a été mis en place il y a un an. Trois protectorats ont déjà été étudiés. Bilan.

Richesse gardée

« Monitoring et surveillance de la biodiversité », (BioMAP). Tel est le nom du projet entamé en novembre 2004 grâce au financement du gouvernement italien et à la gestion du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD). Ce projet utilise pour la première fois la technologie informatique et les images satellites envoyées par la Nasa pour surveiller l’écosystème et la biodiversité en Egypte en général, et dans les réserves naturelles, en particulier. Le projet sert également pour la première fois à repérer les régions d’Egypte devant être décrétées réserves naturelles.

Financé à hauteur de 1,101 million de dollars et d’une durée de trois ans (jusqu’à novembre 2007), les responsables de ce projet entendent appliquer le nouveau système de surveillance et de conservation à neuf réserves naturelles dans un premier temps. « Déjà en un an, trois réserves ont été étudiées : Sainte-Catherine, Ras Mohamad (près de Charm Al-Cheikh) et les îles de Salouga et de la Gazelle (région d’Assouan). Il s’agit d’aider les hauts responsables à prendre les décisions adéquates en ce qui concerne les activités agricole, industrielle et touristique. Et ce, sans violation aucune de l’écosystème. Il s’agit également de créer une base de données pour les responsables du département de la protection de la nature (englobant l’Unité de la biodiversité et celle des réserves naturelles), le président de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE) et le ministre de l’Environnement », explique Sami Zalat, coordinateur national du projet et professeur à l’Université du Canal de Suez.

Le projet BioMAP fait aussi appel aux connaissances des géographes. Ces derniers ont enregistré de nombreuses informations sur les richesses de la faune et de la flore en Egypte, notamment dans des régions du Sinaï et de la Haute-Egypte. Les responsables du projet utilisent de plus les recherches d’étudiants égyptiens. Il s’agit ainsi de se servir des informations enregistrées minutieusement par les jeunes chercheurs des facultés des sciences de différentes spécialités du pays (les entomologistes, les botanistes, les ingénieurs agronomes, les pédologues et même les vétérinaires). « Les Egyptiens, grâce à leur Histoire, la situation géographique de leur pays et son importance sur le plan des trois religions monothéistes, sont très compétents dans ce qu’on appelle la science des classifications, notamment la classification biologique. Les universités égyptiennes sont pleines de recherches dans toutes les branches des sciences de la nature. Il était temps de s’en servir pour créer une base de données », assure Francis Gilbert, le coordinateur international du projet.

Toutes ces références ont en effet été utilisées dans l’observation des trois réserves naturelles jusque-là étudiées par le projet. Le Geographical Information System (GIS) a également beaucoup servi dans les îles de Salouga et de la Gazelle. Car après le grand incendie d’il y a environ deux ans, cette réserve naturelle a perdu beaucoup de ses richesses botaniques. Mais « malgré les grosses pertes causées par cet incendie, nous avons découvert grâce au GIS que les deux îles ont depuis retrouvé beaucoup de leurs richesses d’antan, même celles que nous les chercheurs avions pensé qu’elles avaient disparu », affirme Zalat.

Le projet BioMAP entamé sous le parrainage du ministre d’Etat pour l’Environnement, Magued Georges, et le directeur du secteur de la protection de la nature, Moustapha Fouda, compte par ailleurs publier différents guides à destination des rangers (gardiens de réserves) sur tous les éléments de la biodiversité. Enfin, « l’intégration de ce projet à l’Unité de la biodiversité au sein de l’AEAE est censée avoir lieu en 2006. Déjà, nous avons commencé avec quelques chercheurs de l’unité à travailler sur la question de la sensibilisation du public quant à l’importance de la biodiversité pour l’Egypte. Et ce, pour remplir les engagements de l’Egypte dans les conventions internationales, qui stipulent que la détérioration de la biodiversité dans tous les pays du monde doit être interdite d’ici à 2010 », conclut Zalat .

Racha Hanafi
 
 

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