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Parole d'un diplomate. Klaus Ebermann, ambassadeur de la Commission européenne au Caire, dresse un bilan positif des relations entre l’Union Européenne (UE) et l’Egypte.
Sur tous les fronts

En passant quelque instants avec Klaus Ebermann, l’ambassadeur de la Commission européenne au Caire, on comprend que pour ce diplomate au regard tourné vers l’avenir, chaque minute compte. Pour lui, le temps est un bien trop précieux pour être gaspillé. « Le savoir et la technologie progressent de plus en plus rapidement. Regardez la connaissance de l’informatique qu’ont aujourd’hui la plupart des enfants. Ce qui était pour nous, les grandes personnes, d’une très grande complexité n’est plus pour eux qu’une simple banalité », explique l’ambassadeur. Juriste de formation, Klaus Ebermann a travaillé comme avocat à Londres et à Paris. Il a rejoint le gouvernement fédéral allemand au début des années 1970 et travaillé à la Commission européenne depuis 1974. « A Bruxelles, j’ai été chargé des dossiers ayant trait au continent asiatique, à l’Amérique du Sud, à la Ligue arabe et aux Nations-Unies. J’ai été nommé ambassadeur en Chine, puis en Egypte depuis janvier 2005 ». Pour travailler à la Commission européenne, il faut posséder avant tout la notion de coordination. « Le travail de la mission de l’UE est complémentaire à celui des ambassades des pays membres. Notre travail consiste à mettre en place les termes de la politique globale européenne vis-à-vis de l’Egypte », explique Ebermann. Et de poursuivre : « Par exemple, nous sommes en ce moment chargés de négocier avec le gouvernement égyptien les termes d’un plan d’action destiné à devenir la feuille de route de la coopération entre l’Union européenne et l’Egypte ».

A l’approche de la commémoration, les 28 et 29 novembre, du 10e anniversaire du processus de Barcelone, l’emploi du temps de Klaus Ebermann est plus chargé que jamais. Pour le diplomate, c’est le meilleur moment pour dresser un bilan et engager une véritable réflexion sur les rapports entre l’Egypte et l’UE pendant les dix dernières années. « Ce sera l’occasion pour nous de faire une évaluation du travail que nous avons effectué dans le domaine politique, économique et culturel au cours des dix dernières années », dit l’ambassadeur, en ajoutant : « Le processus de Barcelone a donné lieu à un concept unique et brillant, qui est de réunir les pays européens, non seulement méditerranéens, autour d’une même table avec les pays arabes du sud de la Méditerranée, en plus d’Israël, afin de se mettre d’accord sur une approche qui doit être globale ».

Sur le plan politique, plus que jamais la coopération entre les pays membres est fructueuse et positive, assure Ebermann. « Notre coopération sur des questions comme l’immigration légale et illégale est plus importante. Nous entreprenons également un travail commun pour combattre la criminalité et nous coopérons en matière de lutte contre le terrorisme », dit le diplomate. Et d’ajouter : « Nous menons des concertations multilatérales continues, et essayons de parvenir, quand ceci est possible, à des positions communes sur les crises régionales comme en Iraq ou en Iran ».

Concernant le domaine économique, Barcelone propose un certain nombre d’idées pour relancer la coopération entre les deux rives de la Méditerranée. « Par exemple, notre but est d’améliorer la compétitivité des produits égyptiens sur les marchés européens », explique le diplomate, en poursuivant : « Barcelone permet aux pays partenaires du sud de la Méditerranée de bénéficier de notre expérience dans le domaine de l’industrie, de la technologie de l’information ou de l’éducation ».

Finalement, au niveau culturel, l’Union européenne a entrepris un certain nombre d’initiatives, dont la création de la Fondation Anna Lindt pour le dialogue des cultures. Mais à un moment où les tensions sont de plus en plus importantes et le fossé culturel entre Nord et Sud est de plus en plus profond, une nouvelle vision ou approche de la question pourrait voir le jour. « Ce qui est en train d’arriver en France nous surprend et nous pousse à faire une nouvelle réflexion sur la thématique des questions culturelles, sur sa complexité et sur les moyens de l’aborder », conclut Ebermann .

Randa Achmawi

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