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Droits
de l’Homme. L’arrestation
d’un étudiant pour avoir écrit un article sur Internet ayant
trait aux récents incidents d’Alexandrie a soulevé les critiques
de la société civile.
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Dans le sillage
de Moharram Bey |
| Les forces de
sécurité ont arrêté la semaine dernière un étudiant à l’Université
d’Al-Azhar, branche de Damanhour, pour avoir écrit un article
qu’il a diffusé sur Internet sur les récents incidents de Moharram
Bey à Alexandrie ayant eu lieu le 21 octobre dernier entre coptes
et musulmans. Ces incidents avaient été provoqués par la diffusion
d’un DVD incluant une pièce de théâtre montée à l’église Mar-Guirguis
de Moharram Bey. La pièce relate la vie d’un jeune chrétien
qui se convertit à l’islam et décide de revenir à sa religion
après avoir découvert la violence de l’islam et des musulmans.
Des milliers de manifestants musulmans s’étaient alors rassemblés
devant l’église exigeant des excuses.
L’étudiant en question a critiqué dans son
article l’attitude des musulmans contre la minorité copte. Suite
à son arrestation, l’Association de l’aide juridique pour les
droits de l’homme (ONG) a envoyé une lettre au procureur général
lui demandant d’ouvrir une enquête sur cette affaire et réclamant
de protéger l’étudiant contre tout mauvais traitement ou toutes
sortes de tortures. Tareq Khater, directeur de l’association,
a déclaré que l’arrestation de l’étudiant à cause de ses opinions
est contraire à la loi et à la Constitution. « Chaque citoyen
a la liberté d’exprimer son point de vue surtout si ce dernier
ne constitue pas une diffamation. Mais ce que l’étudiant a fait
est qu’il a exprimé son avis sur les incidents d’Alexandrie
et c’est un droit garanti à tous les citoyens, conformément
à la Constitution et à toutes les chartes internationales »,
explique Khater, en ajoutant que les journaux d’opposition publient
chaque jour leurs opinions dans cette affaire en toute liberté.
« Peut-on priver de ce droit un étudiant qui alors que nous
prétendons vivre dans un pays qui respecte la liberté d’expression
? Mais malheureusement, l’Etat brandit des slogans en faveur
des droits de l’homme mais seulement pour embellir son image
», critique Khater en ajoutant que l’association ne gardera
pas le silence. Selon Maurice Sadeq, avocat, conformément à
la Constitution égyptienne, le fait qu’un citoyen exprime son
opinion ne peut pas être considéré comme un crime passible de
détention. « C’est anticonstitutionnel de mettre cet étudiant
en prison comme un criminel. Il a le droit d’intenter un procès
contre le gouvernement et de réclamer une indemnisation », explique
Sadeq. Les responsables de la sécurité affirment pour leur part
être en droit d’agir « si la sécurité de la nation est menacée
» et ce conformément à l’état d’urgence en vigueur dans le pays
depuis 1981. « Les événements de l’église Mar-Guirguis à Alexandrie
étaient très graves et ont donné lieu à des troubles. L’état
d’urgence donne le droit aux forces de sécurité d’interpeller
tout citoyen qui touche à la sécurité de l’Etat par n’importe
quelle activité. L’article n’exprime pas uniquement l’opinion
de l’étudiant, mais il provoque un camp contre un camp tout
en appelant les coptes à agir. Ce qui pourrait provoquer des
incidents plus graves », déclare une source sécuritaire ayant
requis l’anonymat. L’Association de l’aide juridique pour les
droits de l’homme a annoncé qu’elle déploiera ses efforts durant
la semaine prochaine pour mobiliser toutes les associations
œuvrant dans le domaine des droits de l’homme afin de défendre
l’étudiant .
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| Mirande Youssef |
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