Trois ans après la mise en œuvre de ce projet,
c’est l’échec total. Pourquoi ? Moustapha Alameddine, du gouvernorat
du Caire, explique que le problème financier était une des causes
principales de cet échec puisque les gouvernorats du Caire et
de Guiza se sont trouvés incapables de payer les sommes qu’ils
devaient à ces sociétés conformément aux contrats signés.
« Cette crise est survenue après le verdict
de la Haute Cour administrative en février 2004, annulant le
prélèvement des frais de propreté sur la facture d’électricité.
Selon ce système, on ajoutait 2 piastres à la facture d’électricité
pour chaque kilowatt consommé », explique Alameddine. Et d’ajouter
: « Ce verdict a mis le gouvernorat dans l’impasse, car il comptait
sur les frais de propreté imposés sur la facture d’électricité
pour le payement des droits financiers de ces sociétés. L’Etat
s’est retrouvé incapable de rembourser ses dettes qui s’élèvent
à 257 millions de L.E. ». La mauvaise gestion du problème est
une autre raison non moins importante de cette crise, car la
décision d’ajouter les frais de propreté sur les factures d’électricité
n’a pas été soumise à une étude profonde et sérieuse. « Cette
décision s’est basée sur un article de loi qui stipule que l’on
peut imposer des taxes non mentionnées par la loi. Mais cet
article avait été jugé anticonstitutionnel il y a 6 ans », explique
Chaabane Mahrous, avocat.
Se trouvant dans l’impasse, le gouvernement
peine à trouver une solution rapide. Il a voulu modifier la
loi 38 de 1967 sur les frais de collecte des ordures. Selon
cette modification, le montant des frais de propreté serait
fixé à 10 % au lieu de 2 % de la valeur du loyer payé par le
contribuable. « Ce projet a été approuvé par le Conseil des
ministres et devait être présenté au Parlement. Mais le gouvernement
n’a pas jugé nécessaire de le faire passer pendant la dernière
session parlementaire et voilà qu’il est confronté à une vraie
crise », lâche Moustapha Abdel-Méguid, membre de la commission
des municipalités au Parlement.
Selon les urbanistes, cette situation entraînera,
sans doute, de lourdes conséquences, car l’Organisme national
de l’embellissement et de la propreté du Caire est incapable
de mener à bien la tâche de la collecte des ordures. « Les équipements
de l’Organisme de propreté sont très anciens, car ils datent
de 1983. En plus, ses moyens financiers sont très limités »,
assure Soheir Hawas, urbaniste. C’est ce qu’affirment les habitants
de la capitale : « Depuis le début du mois de novembre, les
employés de la société espagnole de propreté ont retiré les
bennes installées dans les rues. Les citoyens ont commencé à
jeter leurs ordures dans les rues, ce qui attire toutes sortes
d’insectes », s’indigne un habitant de Faggala.
Le débat reste encore ouvert puisque le Conseil
des ministres a décidé de tenir une réunion urgente pour discuter
des solutions rapides avant que les rues de la capitale ne se
transforment en de vrais dépotoirs .