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Kiosque. La victoire du club Ahli et la première phase des élections législatives ont dominé la une de la presse cette semaine

Vive le PND, vive le sport !

A la lecture des résultats de la première phase des élections législatives, on s’aperçoit qu’une fois de plus la politique n’intéresse pas les Egyptiens.

« Avec un taux de participation de 24,9 % seulement, les Egyptiens ont une fois de plus affirmé leur détermination à déserter la vie politique du pays. Ce non seulement lors des élections parlementaires, mais aussi lors de toutes sortes d’élections. Aux présidentielles, le taux n’était que de 23 %. Les Egyptiens estiment toujours avoir de fortes raisons les empêchant de participer. Ni les campagnes médiatiques, ni les campagnes électorales n’ont pu dépasser ces raisons », écrit Diaa Rachwan dans le quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom. Mais l’éditorialiste d’Al-Akhbar n’est pas du même avis. Il affirme que « le taux de participation lors de ces élections est bien plus important que par le passé, ce qui explique une véritable prise de conscience des électeurs du pouvoir de leur voix, et de l’importance du choix de leurs députés ».

Autres conséquences graves de ces élections, « l’impasse stratégique » dont parle Lamisse Al-Hadidi, dans Al-Alam al-yom. « L’impasse réside en clair dans la disparition des partis libéraux d’opposition et dans la montée du mouvement des Frères musulmans en tant que principale force d’opposition en Egypte face au PND au pouvoir, lequel obtiendra de toute façon la majorité comme prévu, soit avec ses candidats, soit avec les indépendants (...) Alors voulons-nous réellement un tel poids pour les Frères ? Acceptons-nous la détérioration de l’état de l’opposition, pour que le PND soit seul face au slogan l’islam est la solution ? », poursuit Al-Hadidi dans son éditorial.

Le magazine hebdomadaire Rose Al-Youssef, qui a consacré un dossier d’une vingtaine de pages au « destin du PND, du néo-Wafd, et des Frères », n’a pas mâché ses mots. « Les Frères se sont comportés comme un gang dans ces élections (...). La majorité, l’opposition et toute la société doivent se rassembler pour défendre la nouvelle expérience démocratique que l’Egypte doit entamer ». « Quelle est donc la solution avec les Frères musulmans ? Ce mouvement interdit mais toléré a une forte influence dans la vie politique égyptienne », s’interroge Mohamad Abdel-Salam dans le journal indépendant Nahdet Misr. Chacun de nous a donc un rôle, et aux différents partis de s’unir pour regagner la confiance des citoyens. Car comme nous le signale Chawqi Al-Sayed dans le journal Rose Al-Youssef : « Les citoyens veulent un gouvernement et un pouvoir pour tout le monde, pouvant réaliser leurs intérêts, loin des appartenances partisanes ».

Certaines unes sont particulièrement pessimistes : Le romancier Youssef Al-Qaïd s’interroge dans l’hebdomadaire Al-Osboue : « Quelle Assemblée ? Quel avenir ? Et qu’en est-il des fraudes ? ». Et l’hebdomadaire nassérien Al-Arabi attaque sur sa une et en rouge : « Pas de réformes politiques sous le régime de Moubarak (...). Acheter l’immunité parlementaire pour couvrir la corruption ». « La corruption est la solution ! », titre l’hebdomadaire Al-Fagr. « L’enterrement de la démocratie en Egypte », titre Sawt Al-Oumma.

Loin de la politique, ou peut-être pas tant que ça, c’est le sport qui intéresse les Egyptiens, avec le grand événement du club Ahli couronné « roi d’Afrique ». La presse dans son ensemble a salué l’événement : « Par son jeu et ses résultats, Ahli nous a honorés », « Des héros en or », « Ahli, champion de toutes les époques », « Le sommet pour Ahli, et la victoire pour l’Egypte », « La coupe des millions ... la plus chère dans l’histoire d’Ahli ».

Mohamad Gaballah reconnaît dans l’hebdomadaire Al-Kora wal-malaab : « Hommage aux joueurs d’Ahli pour nous avoir donné l’impression que le football égyptien se porte bien, et nous espérons voir à nouveau une équipe égyptienne remporter des trophées internationaux. La victoire d’Ahli est vraiment grande à tous les niveaux ». L’hebdomadaire Akhbar al-riyada a consacré un numéro spécial tout en rouge, pour rendre hommage aux « génies des victoires » .

Hoda Ghali
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Difficile voisinage
En proie à un triple attentat terroriste la semaine dernière, la Jordanie lutte pour sa stabilité au cœur d’une zone de turbulence avec à ses portes l’Iraq déchiré par la violence, la Syrie dans le collimateur des Etats-Unis, l’Arabie saoudite victime d’attentats, Israël et les Territoires palestiniens en tension permanente. De quoi créer un fardeau sécuritaire pour le Royaume hachémite. « Nous sommes situés dans un mauvais voisinage », répète souvent le roi Abdallah II en référence aux tensions qui prévalent depuis des années dans les pays voisins de la Jordanie.

Ce petit royaume désertique, pauvre en ressources naturelles, allié traditionnel des Etats-Unis, a obtenu le rang de « principal allié au Proche-Orient », depuis qu’il s’est résolument rangé aux côtés des pays qui luttent contre le terrorisme international. La Jordanie ne se contente pas de mots et, selon des sources sécuritaires, ce pays a fourni une aide logistique importante dans cette lutte depuis les attaques du 11 septembre 2001 contre les Etats-Unis. Jouissant de services de renseignements réputés comme étant des plus compétents au Proche-Orient, la Jordanie avait jusqu’alors réussi à déjouer plusieurs tentatives d’attentats sur son sol.

Mais le contrôle de ses frontières est une tâche ardue. De nombreux islamistes jordaniens se rendent en Iraq pour se battre aux côtés du chef du réseau terroriste iraqien d’Al-Qaëda, le Jordanien Abou-Moussab Al-Zarqaoui, avivant la tension avec Bagdad. Un attentat dans une ville iraqienne à majorité chiite faisant 118 tués en février dernier, revendiqué par Zarqaoui et commis par un kamikaze jordanien, avait provoqué des manifestations hostiles à la Jordanie. En mars, les deux pays ont rappelé leurs ambassadeurs, mais ils calment rapidement le jeu.

Avec Israël, son autre voisin, la Jordanie est liée depuis octobre 1994 par un traité de paix et par de bonnes relations sécuritaires. Mais ces relations privilégiées avec Jérusalem ont fait de la Jordanie un paria aux yeux de plusieurs pays arabes, notamment de son autre voisin, la Syrie, ennemi juré d’Israël. Ainsi, des relations tendues et un manque de confiance prévalent entre Amman et Damas. Bien qu’officiellement la Jordanie ait fait l’éloge de la coopération de la Syrie avec l’enquête de l’Onu dans l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri, des responsables jordaniens affirment en privé que Damas doit changer d’approche et de politique pour sortir du collimateur des Etats-Unis.

 

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