Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Israël. La victoire d’Amir Péretz aux élections primaires du Parti travailliste mène, non sans tensions, le pays vers des élections anticipées.

Crise politique en perspective

« Je n’ai pas l’intention de laisser Sharon jouer sur la scène politique comme s’il s’agissait de sa chasse gardée. Avec tout le respect que je lui dois, cette époque est révolue », a déclaré, dimanche dernier, le nouveau chef du Parti travailliste, Amir Péretz. Donnant le ton, M. Péretz a brandi la menace d’un vote dès mercredi au Parlement pour sa dissolution, réagissant vivement au report, par Ariel Sharon, — et qu’il a qualifié de « décision irresponsable » — de leur réunion prévue pour dimanche sur la tenue d’élections anticipées. Déterminé, M. Péretz a demandé au député Zevoulon Orlev (Parti national religieux) de soumettre, aujourd’hui, à la Knesset une proposition de loi pour la dissolution de la Chambre, nécessitant le vote d’une majorité de 61 députés, sur un total de 120. Toutefois, si la majorité n’est pas obtenue, Amir Péretz devra attendre six mois pour la soumettre à nouveau, selon la loi.

La prise du pouvoir inattendue de ce responsable syndical, désormais chef de file de l’opposition, a ébranlé toute la classe politique vendredi, la plongeant dans la confusion, eu égard à sa détermination de quitter le gouvernement et à mettre en place des élections anticipées, écourtant l’échéance officielle prévue pour novembre 2006. C’est, en effet, contre toute attente et face à un Shimon Pérès donné gagnant dans les sondages, qu’Amir Péretz, 53 ans, est sorti vainqueur, jeudi 10 novembre, des élections primaires de son parti. Avec 42,3 % des voix contre 39,9 %, il évince son président et vice-premier ministre du gouvernement, remettant en cause par là même la coalition politique entre le Likoud et le Parti travailliste. « La dépendance à l’égard du Likoud brouille notre identité. Je n’ai pas l’intention de laisser le premier ministre nous étouffer sous les embrassades », a-t-il affirmé dès sa victoire. Selon lui, le Parti travailliste doit quitter la coalition gouvernementale de M. Sharon pour devenir « une alternative » au Likoud (droite) et « rétablir le jeu démocratique ».

Cette victoire a provoqué un désordre politique au sein du Likoud. En effet, sans coalition, ce dernier, fortement affaibli ces dernières années à cause de la détérioration des conditions de vie économiques et sociales, se retrouverait sans gouvernement viable et dépourvu de majorité au Parlement. Pour Tommy Lapid, chef du parti de centre droit Shinouï, cette élection est « le plus grand bouleversement politique du pays depuis 1977 », date à laquelle le Likoud a accédé au pouvoir. Le ministre de l’Economie, Ehud Olmert, membre éminent du Likoud, juge que cette élection « prouve qu’on ne peut plus ignorer la détresse sociale dans le pays ».

Ainsi, M. Sharon essaie, par le report de la rencontre, de gagner du temps comptant sur une diminution du soutien politique pour Amir Péretz. Contesté dans son propre parti par les « rebelles » radicaux qui ne lui pardonnent pas le retrait de Gaza, il s’est donné, selon ses proches, jusqu’à la fin du mois de novembre pour décider s’il participera aux prochaines élections sous les couleurs du Likoud ou à la tête d’un nouveau parti « centriste », auquel participerait Shimon Pérès, figure historique de la gauche israélienne.

De son côté, Amir Péretz, réputé pour ses positions anti-libérales sur le plan économique et social apparaît comme un dirigeant charismatique tablant sur un programme de justice sociale « résolument social-démocrate » et susceptible de séduire une partie de l’électorat du parti de gauche, Yahad. Il ne cache pas non plus sa volonté de reprise des « négociations directes de paix » avec les Palestiniens. Déterminé à donner au Parti travailliste une légitimité nouvelle, ce natif du Maroc affiche ouvertement ses positions pacifistes. « Il est temps pour Israël d’en finir avec l’arrogance vis-à-vis des Arabes. La paix est le meilleur garant de la sécurité », l’occupation des territoires palestiniens « est immorale », a-t-il déclaré récemment. Qaddoura Farès, l’un des principaux dirigeants du parti Fatah, parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbass, voit dans ce changement politique un espoir pour la paix. « Nous ne voulons pas intervenir dans le jeu politique israélien, mais il va de soi que tout dirigeant qui nous tendra la main pour parvenir à la paix sera assuré d’une réponse positive » .

Lailla Choug

Retour au sommaire
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631