Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Iran. Au risque de provoquer une nouvelle escalade, Téhéran a rejeté l’offre russe d’un transfert à l’étranger de ses activités nucléaires ultrasensibles.

Echec de la médiation russe

Après avoir laissé la porte entrouverte à un compromis avec la communauté internationale, la République islamique a claqué de nouveau la porte au nez de tous. Douze jours avant une délicate réunion de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) qui pourrait bien transférer le dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité de l’Onu, l’Iran a catégoriquement rejeté, dimanche matin, l’idée d’un compromis russe qui aurait pu éviter une escalade de la querelle nucléaire et qui l’aurait vu mener à l’étranger ses activités les plus sensibles. « Le combustible nucléaire iranien sera produit en Iran même, entre des mains iraniennes », a tranché le chef de l’Organisation atomique iranienne, Gholamreza Aghazadeh, à l’issue de discussions avec le chef du Conseil de sécurité russe, Igor Ivanov, qui a entamé, samedi, à Téhéran des discussions pour convaincre l’Iran d’accepter un compromis pour éviter une escalade de la querelle nucléaire.

La transaction russe permettrait à l’Iran de sauver la face en conservant sur son territoire la partie préalable du cycle de production du combustible pour les futures centrales iraniennes, à savoir la conversion d’uranium. Mais la phase la plus sensible, l’enrichissement, se déroulerait en dehors du pays. Après 18 années de dissimulation de la part de la République islamique, cela constituerait pour une grande part de la communauté internationale la garantie la plus probante que Téhéran ne fabriquera pas l’arme nucléaire.

Avec ce refus, l’Iran oppose une fin de non-recevoir la plus formelle à l’éventualité qu’il accepte de transférer en Russie ses activités d’enrichissement d’uranium, comme le proposerait une offre de compromis russe en gestation, endossée par les Européens avec l’accord des Américains. « L’Iran n’est pas favorable à l’envoi de son dossier au Conseil de sécurité, mais il n’acceptera pas les pressions des puissances hégémoniques », a déclaré le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, lors de ses entretiens avec Ivanov, chef du Conseil de sécurité russe. La Russie, qui construit la première centrale électrique nucléaire iranienne, sur le Golfe, a été jusqu’alors le plus sérieux allié de la République islamique pour empêcher une saisine de l’Onu sur la question nucléaire iranienne. En septembre dernier, elle s’était opposée, à l’AIEA, à un tel recours.


Reconduction des sanctions financières

Suite à ce défi iranien, Russes, Européens et Américains vont à présent devoir se pencher sur les conséquences de ce refus, moins de deux semaines avant la nouvelle réunion de l’AIEA, et sur la nécessité de saisir le Conseil de sécurité de l’Onu contre l’Iran. Déjà, le président américain, George W. Bush, a décidé, cette semaine, de reconduire pour un an les sanctions financières appliquées par les Etats-Unis contre l’Iran depuis le 14 novembre 1979, a annoncé jeudi la Maison Blanche. « Nos relations ne sont pas revenues à la normale et le processus d’application des accords conclus en janvier 1981 avec l’Iran est toujours en cours. Pour ces raisons, j’ai décidé qu’il était nécessaire de maintenir au-delà du 14 novembre 2005 la situation d’urgence nationale déclarée le 14 novembre 1979 en ce qui concerne l’Iran », a fait valoir M. Bush dans une lettre adressée au Congrès.

Quant aux Européens, ils refusent toujours de reprendre les négociations avec les Iraniens, malgré la main tendue, la semaine dernière, par le responsable iranien du dossier nucléaire, Ali Larijani.

Or, dans sa guerre féroce contre ses ennemis, l’Iran ne manque pas de soutien. Outre la Russie, le mouvement des pays non-alignés lui a apporté, samedi, son soutien dans la revendication de son droit à la technologie nucléaire et dans sa demande de reprise des négociations avec l’Union européenne. La troïka des pays non-alignés (Cuba, Malaisie, Afrique du Sud) « insiste sur le nécessaire respect des décisions prises par les pays, notamment par l’Iran, pour un usage pacifique de la technologie nucléaire » et la production de combustible nucléaire, selon une déclaration des ministres cubain et malaysien des Affaires étrangères, Felipe Perez Roque et Hamid Albar, et du vice-ministre sud-africain Aziz Pahad. En effet, l’Iran s’appuie sur les pays non-alignés pour résister aux pressions américaines et européennes et empêcher que l’AIEA n’envoie son dossier devant le Conseil de sécurité de l’Onu. Mais les alliés de Téhéran pourraient-ils vraiment contrer la vague de fureur qui envahit le monde à cause du programme nucléaire iranien et réussir, en fin de compte, à empêcher une saisine du Conseil de sécurité ? La situation reste ouverte à tous les scénarios.

Maha Al-Cherbini

Retour au sommaire
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631