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Iran.
Au risque de provoquer une nouvelle escalade, Téhéran a rejeté
l’offre russe d’un transfert à l’étranger de ses activités nucléaires
ultrasensibles.
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| Echec
de la médiation russe |
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Après
avoir laissé la porte entrouverte à un compromis avec la communauté
internationale, la République islamique a claqué de nouveau
la porte au nez de tous. Douze jours avant une délicate réunion
de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) qui
pourrait bien transférer le dossier nucléaire iranien devant
le Conseil de sécurité de l’Onu, l’Iran a catégoriquement rejeté,
dimanche matin, l’idée d’un compromis russe qui aurait pu éviter
une escalade de la querelle nucléaire et qui l’aurait vu mener
à l’étranger ses activités les plus sensibles. « Le combustible
nucléaire iranien sera produit en Iran même, entre des mains
iraniennes », a tranché le chef de l’Organisation atomique iranienne,
Gholamreza Aghazadeh, à l’issue de discussions avec le chef
du Conseil de sécurité russe, Igor Ivanov, qui a entamé, samedi,
à Téhéran des discussions pour convaincre l’Iran d’accepter
un compromis pour éviter une escalade de la querelle nucléaire.
La
transaction russe permettrait à l’Iran de sauver la face en
conservant sur son territoire la partie préalable du cycle de
production du combustible pour les futures centrales iraniennes,
à savoir la conversion d’uranium. Mais la phase la plus sensible,
l’enrichissement, se déroulerait en dehors du pays. Après 18
années de dissimulation de la part de la République islamique,
cela constituerait pour une grande part de la communauté internationale
la garantie la plus probante que Téhéran ne fabriquera pas l’arme
nucléaire.
Avec
ce refus, l’Iran oppose une fin de non-recevoir la plus formelle
à l’éventualité qu’il accepte de transférer en Russie ses activités
d’enrichissement d’uranium, comme le proposerait une offre de
compromis russe en gestation, endossée par les Européens avec
l’accord des Américains. « L’Iran n’est pas favorable à l’envoi
de son dossier au Conseil de sécurité, mais il n’acceptera pas
les pressions des puissances hégémoniques », a déclaré le président
iranien, Mahmoud Ahmadinejad, lors de ses entretiens avec Ivanov,
chef du Conseil de sécurité russe. La Russie, qui construit
la première centrale électrique nucléaire iranienne, sur le
Golfe, a été jusqu’alors le plus sérieux allié de la République
islamique pour empêcher une saisine de l’Onu sur la question
nucléaire iranienne. En septembre dernier, elle s’était opposée,
à l’AIEA, à un tel recours.
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Reconduction
des sanctions financières
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Suite
à ce défi iranien, Russes, Européens et Américains vont à présent
devoir se pencher sur les conséquences de ce refus, moins de
deux semaines avant la nouvelle réunion de l’AIEA, et sur la
nécessité de saisir le Conseil de sécurité de l’Onu contre l’Iran.
Déjà, le président américain, George W. Bush, a décidé, cette
semaine, de reconduire pour un an les sanctions financières
appliquées par les Etats-Unis contre l’Iran depuis le 14 novembre
1979, a annoncé jeudi la Maison Blanche. « Nos relations ne
sont pas revenues à la normale et le processus d’application
des accords conclus en janvier 1981 avec l’Iran est toujours
en cours. Pour ces raisons, j’ai décidé qu’il était nécessaire
de maintenir au-delà du 14 novembre 2005 la situation d’urgence
nationale déclarée le 14 novembre 1979 en ce qui concerne l’Iran
», a fait valoir M. Bush dans une lettre adressée au Congrès.
Quant
aux Européens, ils refusent toujours de reprendre les négociations
avec les Iraniens, malgré la main tendue, la semaine dernière,
par le responsable iranien du dossier nucléaire, Ali Larijani.
Or,
dans sa guerre féroce contre ses ennemis, l’Iran ne manque pas
de soutien. Outre la Russie, le mouvement des pays non-alignés
lui a apporté, samedi, son soutien dans la revendication de
son droit à la technologie nucléaire et dans sa demande de reprise
des négociations avec l’Union européenne. La troïka des pays
non-alignés (Cuba, Malaisie, Afrique du Sud) « insiste sur le
nécessaire respect des décisions prises par les pays, notamment
par l’Iran, pour un usage pacifique de la technologie nucléaire
» et la production de combustible nucléaire, selon une déclaration
des ministres cubain et malaysien des Affaires étrangères, Felipe
Perez Roque et Hamid Albar, et du vice-ministre sud-africain
Aziz Pahad. En effet, l’Iran s’appuie sur les pays non-alignés
pour résister aux pressions américaines et européennes et empêcher
que l’AIEA n’envoie son dossier devant le Conseil de sécurité
de l’Onu. Mais les alliés de Téhéran pourraient-ils vraiment
contrer la vague de fureur qui envahit le monde à cause du programme
nucléaire iranien et réussir, en fin de compte, à empêcher une
saisine du Conseil de sécurité ? La situation reste ouverte
à tous les scénarios.
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| Maha
Al-Cherbini |
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